(Hoffenheim) Fin de série pour le Bayern : après presque dix mois d’invincibilité, le champion d’Europe est lourdement tombé dimanche, battu 4-1 à Hoffenheim lors de la deuxième journée de Bundesliga.

Agence France-Presse

Cette défaite met aussi un terme à sa série record de 23 victoires consécutives toutes compétitions confondues, ce qu’aucun club des cinq grands championnats n’avait jamais réussi auparavant. Le Bayern était invaincu depuis le 7 décembre 2019 (2-1 à Mönchengladbach).

Cette victoire, grâce notamment à un doublé d’Andrej Kramaric, permet à Hoffenheim de partager la tête du classement avec Augsbourg, avec six points en deux journées.

Ironie de la Bundesliga : le « Rekordmeister » s’incline contre une équipe coachée par un certain… Sebastian Hoeness, neveu d’Uli Hoeness, le dirigeant historique et toujours président d’honneur du club. Sebastian Hoeness était la saison dernière entraîneur de la réserve du Bayern.

Quatre jours après leur victoire en prolongation contre Séville en Supercoupe de l’UEFA (2-1), les stars du Bayern avaient probablement encore les jambes trop lourdes pour rivaliser avec une équipe fraîche et motivée par la présence de 6000 supporteurs bruyants comme 60 000.

Objectif Grand Chelem

« Je ne peux rien reprocher à l’équipe », a d’ailleurs reconnu l’entraîneur du Bayern Hansi Flick, « l’état d’esprit était bon, nous avions joué 120 minutes jeudi, et cependant on a vu comment Joshua Kimmich ou Thomas Müller se sont battus pour essayer de renverser ce match ».

« Nous allons faire une croix sur cette défaite et nous concentrer sur ce que nous pouvons améliorer pour le prochain match mercredi contre Dortmund », a-t-il ajouté, mettant immédiatement le cap sur cette prochaine rencontre, la Supercoupe d’Allemagne, qui peut permettre au Bayern de poursuivre son rêve de Grand Chelem.  

Après le triplé Coupe-Championnat-Ligue des champions et la Supercoupe d’Europe, il ne manquerait plus ensuite que la Coupe du monde des clubs, si elle est organisée en décembre malgré la menace de la COVID-19.

Prévoyant, Flick avait pourtant remplacé quelques cadres pour les faire souffler. Robert Lewandowski, Kingsley Coman et Leon Goretzka étaient notamment sur le banc au coup d’envoi. Appelés à la rescousse en deuxième période, ils n’ont pas réussi à faire basculer un match mal embarqué quasiment dès le coup d’envoi.

Neuer à genoux

En défense centrale, David Alaba et Jérôme Boateng ont été pris dans leur dos à plusieurs reprises par les rapides attaquants de Hoffenheim. Et contrairement à ce que le Bayern sait faire d’habitude, les hommes du milieu de terrain n’étaient pas là pour colmater les brèches.

L’ouverture du score est venue sur corner. Au premier poteau, Ermin Bicakcic a battu Tolisso pour placer une tête superbement décroisée (1-0, 16e).  

Huit minutes plus tard, sur une relance de Hoffenheim, Pavard au duel avec Kramaric a involontairement lancé en profondeur Munas Dabbur, une nouvelle fois oublié par le duo Alaba-Boateng. L’Israélien est allé battre Neuer en un contre un (2-0, 24e).

La réduction du score par Joshua Kimmich (2-1, 36e) a permis de faire illusion un moment. Mais la dynamique du match n’a pas changé pour autant : les attaquants de Hoffenheim ont continué à enrhumer la défense bavaroise en s’engouffrant dans l’axe, et Manuel Neuer a dû faire quelques parades dont il a le secret pour éviter une addition plus salée.

Andrej Kramaric, sur une attaque venue de la droite, a finalement mis le grand gardien – et le Bayern – à genoux avec le troisième but (3-1, 77e) avant de clore le chef-d’œuvre de Hoffenheim sur un penalty dans le temps additionnel (4-1, 90e + 2).