Toutes les équipes sont maintenant arrivées à Orlando et prêtes à disputer le tournoi MLS is back à partir de mercredi. Toutes ? Non ! Durement frappé par la COVID-19, avec 11 cas parmi les joueurs et le personnel, le FC Dallas ne participera pas à cette compétition de relance. Le premier match du Nashville SC a également été repoussé après l’annonce de cinq cas positifs.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« Dallas est peut-être un cas spécial même si on entend qu’il y a d’autres cas ailleurs. Ce n’est pas toujours confirmé, il y a beaucoup de rumeurs, a indiqué Samuel Piette par visioconférence. C’est sûr qu’on est inquiet par rapport à ça, mais on n’a pas été en contact avec Dallas. On se fait tester tous les deux jours et tout semble correct. Tant qu’il n’y a pas quelques cas dans notre équipe, on ne s’en fait pas. »

Pendant ce temps, à l’hôtel du Bleu-blanc-noir, le rythme a repris après les petites frayeurs [la crainte d’un cas positif] des derniers jours. En raison de la chaleur, les entraînements se déroulent très tôt le matin ou tard le soir. Entre les deux, il faut bien meubler le temps. Le contexte actuel ne permet pas les petites sorties ou activités que l’on voit habituellement lors des déplacements de l’équipe. Difficile également d’aller voir les amis ou anciens coéquipiers qui s’alignent avec les autres clubs.

« On passe la journée dans nos chambres et chaque équipe dispose de son propre étage, a expliqué Piette. On a un lounge dans lequel on peut jouer aux cartes ou au ping-pong. Je sais que certains gars ont aussi une PlayStation dans la chambre. C’est bon pour la chimie d’équipe parce qu’on ne s’était pas vus pendant trois mois. »

Le joueur désigné Victor Wanyama profite justement de cette période pour connaître davantage ses coéquipiers. Arrivé au début du mois de mars, le Kenyan n’avait disputé que quelques entraînements et un match de Ligue des champions avant la pause forcée.

« Ça a été dur. Tu arrives, tu es nouveau dans un club, tu joues un seul match de Ligue des champions et tout déboule avec cette pandémie. La bonne chose est que ce n’était pas juste à Montréal, c’était partout dans le monde. Il fallait prendre des précautions et s’assurer que tout le monde soit en sécurité. »

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Victor Wanyama

Pas d’inquiétude

Plusieurs joueurs ont choisi de ne pas participer à ce tournoi. L’absence de l’attaquant du LAFC, Carlos Vela, retient forcément l’attention puisqu’il s’agit du meilleur buteur de la MLS en 2019. Son épouse est enceinte de leur deuxième enfant.

Le premier choix du repêchage, Robbie Robinson (Inter Miami) a également quitté la « bulle » d’Orlando pour des raisons personnelles. Matt Lampson, gardien du Crew qui a vaincu un cancer, a aussi partagé ses craintes sur les réseaux sociaux.

La situation de Piette est sensiblement la même que celle de Vela puisqu’il deviendra papa pour la première fois au mois de septembre.

« D’ici là, le tournoi sera terminé. J’ai la chance d’être un gars de Montréal, donc il y a ma famille, la famille de ma conjointe et les amis pour aider. Le club aide aussi les familles quand on n’est pas là. On est bien entourés. Je ne suis pas inquiet. Tout le monde est content d’être ici pour jouer au foot parce qu’après, on ne sait pas ce qui nous attend. Est-ce que le tournoi sera la seule chose pour l’année 2020 ? »

Quelle recette en milieu de terrain ?

L’Impact débute son tournoi jeudi à 20 h contre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre qu’il avait déjà croisé lors de l’ouverture de la saison le 29 février. L’Impact l’avait emporté 2-1.

Bien des choses ont évolué depuis dont l’arrivée de Wanyama qui change la donne en milieu de terrain. Contre le CD Olimpia, le 11 mars, son introduction dans l’équipe avait forcé Piette à jouer plus haut sur le terrain. On le sentait en quête de repères.

« Victor amène beaucoup d’expérience, de poids et de calme surtout. Il faut en prendre avantage, donc, oui, mon rôle peut changer un peu, a confirmé le numéro 6. Après, c’est possible qu’on emploie une certaine formation ce jeudi et que cela change pour le prochain match. On a beaucoup d’éléments et d’options en milieu de terrain. »

Comme un nouveau début

Chaque équipe de la MLS n’avait disputé que deux matchs avant la suspension de la saison. Dans le cas du Revolution de la Nouvelle-Angleterre, l’Impact peut tout de même se baser sur leur affrontement du mois de février. « Il leur manquait [Carles] Gil qui est un joueur super important et on n’avait pas Victor [Wanyama], a tempéré Thierry Henry en visioconférence. Mais il y a plus de certitudes de leur côté parce que le coach [Bruce Arena] est là depuis un petit moment. Le fait d’arrêter ne change pas trop ce qu’ils ont l’habitude de faire. Nous, ça a cassé un peu le momentum et c’est comme si on recommençait. » Autre joueur à surveiller : l’attaquant Gustavo Bou, auteur de 9 buts en 14 matchs la saison dernière.

Impressionné par la force mentale de son équipe

Durant les dernières semaines, l’entraîneur montréalais dit avoir beaucoup appris « au niveau du mental » de son équipe. « J’ai vu une équipe qui est restée soudée et qui s’est entraidée », a-t-il précisé. Pour le reste, il ne sait pas vraiment à quoi s’attendre sur le terrain de l’ESPN Wide World of Sports. Sans les matchs amicaux, il est difficile d’avoir des certitudes et de partager ses attentes.

« En général, quand tu prépares un tournoi ou une saison, tu fais toujours quatre ou cinq matchs amicaux. Tu peux voir où sont tes joueurs physiquement, mentalement, et même la tactique. Je sais qu’on ne peut pas faire autrement. Tu es dans une situation où tu vas apprendre sur le tas, directement dans la compétition. »

Leduc à la barre de l’Académie

Patrick Leduc a quitté son rôle de directeur administratif des opérations soccer afin de devenir le directeur de l’Académie de l’Impact. Il prend le relais de Philippe Eullafroy qui a été congédié la semaine dernière après 10 ans de service. « Je suis enthousiaste à l’idée de relever ce nouveau défi, a déclaré Leduc par voie de communiqué. Nous avons la chance de compter sur des bases solides à l’Académie, en vertu de tout le travail accompli par ceux qui y sont passés depuis sa mise en place. J’ai confiance qu’ensemble, nous mènerons l’Académie et tout le club vers de nouvelles réussites. »