« Personnellement, je m’en fous de l’âge. Si vous êtes bons, si vous venez montrer que vous pouvez jouer, il y aura une possibilité de jouer en MLS ou ailleurs. »

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

Ces paroles de Thierry Henry datent du 10 janvier. Face à lui, de nombreux pensionnaires de l’Académie espéraient participer au camp d’entraînement et plus si affinités.

Le milieu de terrain Tomas Giraldo, 17 ans, et le défenseur Keesean Ferdinand, 16 ans, ont bien saisi le message hivernal puisqu’ils ont signé leur premier contrat professionnel mercredi matin. Il est déjà prévu que les deux jeunes joueurs, dont les ententes portent sur les années 2020 et 2021 avec une option de prolongation, se rendront à Orlando lors du tournoi de reprise.

PHOTO IMPACT DE MONTRÉAL

Tomas Giraldo, sous contrat avec l’Impact à 17 ans

L’embauche de Ferdinand marque une première dans l’histoire du club. Il est en effet passé par la structure de la Pré-Académie, en démarrant chez les U11, avant de poursuivre son cheminement à l’Académie.

« Fier » de ce parcours, mais aussi d’être le plus jeune à atteindre les rangs professionnels chez l’Impact, il ne s’attendait pas à ce qu’un contrat lui soit offert si vite. C’est maintenant que le plus dur commence.

« Avec le staff, on a établi un plan d’action progressif. Je m’entraîne avec les pros tout au long de la saison et, s’ils me voient prêt pour disputer les matchs, ils vont me faire jouer sans aucune hésitation. Mais je vais continuer à faire les matchs avec les U19 », dit-il.

Ferdinand se dit bon dribbleur, technique, rapide et très calme sur le terrain. C’est aussi cette impression qui se dégageait du jeune homme au moment de répondre aux médias par visioconférence. Il est également polyvalent.

« Keesean est un joueur capable de jouer aussi bien dans l’axe de la défense que sur les côtés, comme il l’a démontré lors du camp d’entraînement en Floride », précise le directeur sportif de l’Impact, Olivier Renard, dans un communiqué.

Pour Ferdinand comme pour Giraldo, l’audition lors du camp d’entraînement a donc été réussie. D’après Samuel Piette, le natif de Medellín, en Colombie, n’a pas froid aux yeux et n’a pas peur d’aller au contact.

« Avant d’aller en Floride, les entraîneurs nous ont dit de ne pas avoir peur de montrer nos qualités et de nous imposer dans le jeu tout en respectant les autres, confirme Giraldo. On ne peut pas avoir peur parce que, finalement, on devait démontrer notre valeur et notre personnalité sur le terrain. On a bien fait ça, tous les deux et, maintenant, on voit que ça a porté ses fruits. »

Conseils des vétérans

Dans le passé, les joueurs du club ont souvent eu de la difficulté à obtenir un temps de jeu conséquent. Ce constat n’inquiète ni le défenseur ni le milieu de terrain. À leur âge, de toute façon, l’heure est encore à l’apprentissage.

À ce chapitre, ils ont pu s’appuyer sur quelques vétérans lors du camp d’entraînement. Pour Giraldo, c’était son cochambreur, Romell Quioto. « Ce qui m’a avantagé, c’est que je parle espagnol. Ça m’a aidé à m’intégrer dans le groupe avec les joueurs latinos, précise-t-il. Coach Thierry nous a aussi mis à l’aise pendant le camp. Ç’a été une expérience enrichissante. »

Ferdinand a trouvé un exemple à suivre en Jukka Raitala, qui peut également évoluer en charnière centrale ou sur un côté. « Il a joué un grand rôle même s’il n’est pas trop bavard. Tu fais juste le regarder, et il est comme un modèle. Quelques fois, il est venu me parler pour me donner des conseils par-ci par-là. Il a une éthique exceptionnelle. »

Les deux joueurs possèdent également de l’expérience au niveau international. L’an dernier, ils avaient participé à la Coupe du monde des moins de 17 ans, au Brésil. Ferdinand avait été titularisé à deux reprises, tandis que Giraldo avait effectué une apparition.

Par ailleurs, l’Impact attend toujours l’approbation des autorités montréalaises de santé publique et de la MLS pour reprendre les entraînements collectifs.