(Seattle) Une saison qui s’est amorcée dans la tourmente pourrait se conclure avec un triomphe, dimanche, pour le Toronto FC.

Neil Davidson
La Presse canadienne

Pour que ce tour de force se concrétise, le TFC devra toutefois se rendre en terrain hostile où l’attendra une foule partisane de plus de 69 000 spectateurs solidement campés derrière les Sounders de Seattle, au CenturyLink Field.

Les joueurs du Toronto FC ne seront quand même pas laissés à eux-mêmes. Ils pourront en effet compter sur un petit groupe de partisans, puisque 3000 billets ont été mis de côté pour les partisans du club visiteur.

Ce sera la troisième fois en quatre ans que ces deux équipes s’affrontent en finale. En 2017, le Toronto FC avait blanchi les Sounders de Seattle 2-0. Un an plus tôt, les Sounders avaient arraché une victoire de 5-4 aux tirs de pénalité après que les deux formations eurent été incapables d’inscrire le moindre but en temps réglementaire, ni en prolongation.

Les deux matchs avaient été joués au stade BMO, le domicile du Toronto FC.

« Une rivalité sans précédent », a qualifié le commissaire Don Garber.

Les joueurs du Toronto FC, qui ont éliminé le New York City FC et Atlanta United FC, deux formations mieux classées que les Sounders — en territoire ennemi, de surcroît —, sont imperturbables.

Il s’agit d’une équipe qui a gagné ses galons dans la marmite de la Ligue des Champions de la Concacaf, dans des bastions de soccer aussi hostiles que Mexico et Guadalajara.

Après une saison marquée par une progression lente, le Toronto FC a trouvé le moyen d’obtenir les résultats espérés pendant les séries éliminatoires.

« Je dirais qu’il existe cette confiance parmi le groupe de joueurs qui fait en sorte que l’endroit où se joue le match n’a pas d’importance », a déclaré le milieu de terrain Nick DeLeon, qui a joué un rôle-clé dans les matchs où il a été envoyé dans la mêlée à titre de réserviste.

« Il y a cette foi qui nous fait croire que nous pouvons venir de l’arrière ou que nous pouvons protéger une avance et compléter le travail. Il n’y a aucun doute que la foi à l’intérieur de ce groupe est grande en ce moment. »

Des concessions phares

Cet autre rendez-vous ultime entre le Toronto FC et les Sounders met en vedette deux concessions ayant connu leur large part de succès dans l’histoire de la MLS.

Les Sounders ont fait leur entrée dans la ligue en 2009, deux ans après Toronto. Dès le départ, les deux organisations, appuyées par d’ardents partisans, ont connu du succès aux guichets.

Selon Garber, l’arrivée de Toronto dans la MLS a créé une nouvelle ère de croissance et d’opportunités pour la ligue, jetant les bases de ce qu’il appelle la « MLS 2.0 ».

Toutefois, si les Sounders ont réussi à participer aux séries chaque année depuis leur arrivée en MLS — la séquence est de 11 saisons, un record de la ligue —, le Toronto FC a dû patienter jusqu’en 2015 pour vivre la fébrilité des éliminatoires.

Voilà que les deux organisations aspirent au statut de dynastie.

« Les deux équipes ont profité de beaucoup de stabilité en ce qui a trait aux propriétaires, aux gérants et aux joueurs sur le terrain, a souligné Garth Lagerwey, le directeur général des Sounders.

Cette stabilité a cependant été secouée chez le Toronto FC en 2019. Avant le premier botté de l’année, l’équipe a perdu son directeur général Tim Bezbatchenko, les attaquants vedette Sebastian Giovinco et Victor Vazquez ainsi que Gregory van der Wiel, qui s’est vu indiquer la porte de sortie après le camp d’entraînement.

Ce n’est qu’en juillet, après le tournoi de la Gold Cup, que l’entraîneur-chef Greg Vanney a réussi à assembler tous les morceaux du casse-tête et donner à l’équipe l’allure qu’il recherchait.

“Honnêtement, l’année a vraiment paru longue », a déclaré Vanney, un brillant stratège qui totalise 99 victoires, toutes compétitions confondues, avec le Toronto FC.

« J’ai eu l’impression de devoir m’ajuster, m’adapter, réagir à certaines situations et trouver des solutions. […] Et je peux vous affirmer ce qui suit, après 2018 — le Toronto FC a raté les séries — ; vous ne connaîtrez jamais de succès si vous réagissez tout le temps aux situations. Vous voulez planifier, vous voulez déterminer la direction à donner à l’équipe et vous voulez mettre le processus en marche. »

Le Toronto FC se présentera avec une séquence de 13 matchs sans revers en MLS (7-0-6), sa dernière défaite remontant au 3 août, 2-0 contre les Red Bulls de New York. De plus, il s’est rendu jusqu’en finale sans Jozy Altidore, qui n’a pas joué depuis une blessure survenue lors du dernier match de la saison, le 6 octobre.

Son statut est incertain en vue de la finale, bien qu’il s’est exprimé avec un certain optimisme samedi.

« Je me sens bien », a-t-il déclaré.

« C’est une dernière sortie, a-t-il ajouté en faisant allusion à l’entraînement de samedi, le dernier avant la finale. Je dois donc tout donner ce que j’ai, voir ce que je peux faire et ne peux pas faire et espérer le meilleur en prévision de dimanche. »

De leur côté, les Sounders ont gagné leurs cinq dernières rencontres et n’ont subi que deux défaites en 12 parties en MLS (8-2-2) depuis la mi-août.