(Munich) En limogeant dimanche son entraîneur Niko Kovac, le Bayern Munich a ouvert une période d’incertitude juste avant une semaine cruciale, avec un match de Ligue des champions mercredi et un « Klassiker » contre Dortmund samedi.

Christophe BEAUDUFE
Agence France-Presse

Pourquoi Niko Kovac a-t-il été limogé ?

Cinq matchs gagnés en dix journées de championnat : indigne des ambitions du Bayern. Mais le jeu déployé, sans âme ni idées, même lors des victoires, a joué encore plus dans la décision des dirigeants.

« Sa conception du football n’a jamais été claire », assène lundi l’éditorialiste en chef du magazine Kicker : « Les joueurs manquaient d’indications tactiques détaillées. […] En fait Kovac avait déjà perdu son équipe la saison dernière, seul le doublé coupe/championnat a masqué les véritables relations au sein du vestiaire. »

Kovac, un homme droit, mais parfois rigide, a aussi multiplié les déclarations malheureuses ces derniers temps, affirmant par exemple que l’idole des supporters Thomas Müller — remisé sur le banc — ne jouerait que s’il y avait « péril en la demeure », ou déclarant benoîtement que les meilleurs admirateurs d’Allemagne étaient ceux de… Francfort !

Comment vont réagir les joueurs ?

Passives, maladroites, déconcentrées lors des derniers matchs, les vedettes du Bayern ne vont plus pouvoir utiliser leur entraîneur comme alibi. Le directeur sportif Hasan Salihamidzic les a placées dès dimanche soir devant leurs responsabilités : « j’attends maintenant de nos joueurs une attitude positive et une volonté absolue de performance, afin que nous atteignions nos objectifs cette saison », a-t-il dit.

Manuel Neuer, le capitaine, avait déjà appelé chacun à se reprendre en main. Sans succès. Samedi, après la débâcle 5-1 à Francfort, il n’a pas mâché ses mots : « On le voyait venir ce qui est arrivé, ce n’est pas une surprise pour moi », avant d’affirmer : « Dans l’équipe, nous ne sommes absolument pas divisés. Nous nous entendons très bien, nous ne parlons pas les uns des autres, mais les uns AVEC les autres. La motivation n’est pas un problème ».

Des figures comme Thiago Alcantara, Corentin Tolisso, Benjamin Pavard ou la recrue phare Philippe Coutinho ont pourtant joué très en dessous de leur niveau ces dernières semaines. L’équipe a trop souvent été sauvée par un but in extremis de son finisseur Robert Lewandowski (14 buts en 10 journées), masquant la pauvreté du collectif.

Quid des deux affiches cette semaine ?

L’entraîneur adjoint Hans Flick est en charge de l’équipe pour la rencontre de Ligue des champions contre l’Olympiakos et pour la réception de Dortmund. En cas de victoire mercredi, le Bayern validera son ticket pour les 8es de finale de la compétition reine.

Flick a été l’assistant de Joachim Löw lors du titre mondial de l’Allemagne en 2014 au Brésil. Il prône un football offensif, tactiquement rigoureux. Mais il va devoir composer cette semaine avec une défense centrale totalement décimée : les deux titulaires Niklas Süle et Lucas Hernandez sont blessés. Et Jérôme Boateng sera suspendu samedi en championnat.

Ne restera alors, comme défenseur central de métier, que Pavard. Alaba ou Martinez devraient former la charnière avec lui.

Qui va remplacer Kovac ?

Dès lundi matin, les noms ont commencé à circuler. Le profil recherché ? Une personnalité capable de s’intégrer dans « la famille » Bayern, et de mener l’équipe loin en Ligue des champions, la priorité des dirigeants.

Massimiliano Allegri, l’ancien coach de la Juventus actuellement en congé sabbatique, est cité. De même que Erik Ten Hag, qui a mené l’Ajax en demi-finale de la compétition reine l’an dernier. Ten Hag connaît bien le Bayern, pour y avoir entraîné l’équipe B de 2013 à 2015.

Arsène Wenger, José Mourinho, ou l’ancien joueur Miroslav Klose sont d’autres options évoquées par la presse, pour un beau défi : ramener le grand Bayern sur la voie du succès.