(Berlin) Avec les derniers buts en Bundesliga du mythique duo Ribéry-Robben, le Bayern Munich a remporté samedi à la dernière journée son septième titre consécutif de champion d’Allemagne, à l’issue d’une saison chaotique qu’il peut couronner avec la coupe samedi prochain.

Christophe BEAUDUFE
Agence France-Presse

La démonstration contre Francfort (5-1) a permis à Arjen Robben et Franck Ribéry, 35 et 36 ans, de dire adieu en beauté à la Bundesliga, devant leur public.

« Kaiser Franck » est entré à l’heure de jeu (61e) sous les acclamations, avant d’enflammer définitivement l’Allianz Arena avec le quatrième but (4-1, 72e) marqué de près après un exploit personnel dans la surface.  

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Franck Ribéry a célébré son but en enlevant son chandail.

Robben, qui piaffait comme un junior sur la ligne de touche, est entré à la 67e minute, et a pris sa part des ovations en clôturant le score (5-1, 78e).

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Arjen Robben voulait lui aussi souligner son dernier match avec un but.

Les Bavarois terminent avec deux points d’avance sur le Borussia Dortmund, qui a gagné 2-0 en déplacement à Mönchengladbach.

Un match nul à domicile suffisait au « Rekordmeister » pour empocher le 29e titre de son histoire, mais le Bayern n’a pas fait de détails. Kingsley Coman s’est chargé de donner le ton dès la 4e minute, en ouvrant le score d’une belle reprise sans contrôle sur un service de Müller (1-0). David Alaba (53e) et Renato Sanches (58e) ont complété la marque. Le Français Sébastien Haller avait égalisé (1-1) à la 50e minute.

Malaise diffus

Avant le coup d’envoi, le Bayern avait préparé pour « Rib et Rob » (et pour Rafinha, qui quitte également le club) une brève cérémonie d’hommage. Mais ils ont ensuite pris la direction du banc de touche, laissant la place à leurs successeurs désignés Coman et Serge Gnabry.

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Arjen Robben, Rafinha et Franck Ribéry ont disputé leur dernier match avec le Bayern.

Ne pas les titulariser « était une décision très dure à prendre, a avoué l’entraîneur Niko Kovac,  mais je dois prendre des décisions sportives. D’un point de vue émotionnel, je les aurais probablement fait jouer ».

Au coup de sifflet final, douches de bière, embrassades interminables et chants de l’Allianz Arena ont bien évidemment été de rigueur, mais derrière l’euphorie se cache un malaise diffus : à une semaine de la finale de la Coupe d’Allemagne contre Leipzig, l’entraîneur Niko Kovac semble être encore sur la sellette.

Certes le Croate a mené l’équipe à la victoire, mais les passages à vide du début de saison et l’élimination en huitièmes de finale de Ligue des champions contre Liverpool ont laissé des traces. Vendredi encore, à 24 heures du match décisif, le patron du Bayern Karl-Heinz Rummenigge a dû démentir des informations de presse affirmant que la décision de limoger le Croate était déjà prise, quelle que soit l’issue de la saison.

Entame moyenne

Après une entame de championnat moyenne, sous la baguette d’un Kovac nouvellement arrivé, le géant bavarois avait en effet vacillé à l’automne, en laissant filer plusieurs matchs contre des adversaires de moindre calibre.

Mi-décembre, le Bayern était 5e avec neuf points de retard sur Dortmund, et la place de Kovac ne tenait plus qu’à un fil.

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Niko Kovac a reçu une bonne douche de bière pour célébrer son premier championnat à titre d'entraîneur du Bayern.

L'entraîneur et son équipe ont redressé la barre et réussi ensuite une série impressionnante (aucune défaite en championnat depuis le 2 février), profitant d’une nette baisse de régime de Dortmund pour refaire leur retard.  

Le championnat a réellement basculé lors de la 28e journée, lors du » Klassiker « Bayern-Dortmund. À l’Allianz Arena, les coéquipiers de Franck Ribéry ont atomisé leurs rivaux 5-0, pour passer en tête avec un point d’avance.  

Le « Rekordmeister » a pris ce jour-là un ascendant psychologique décisif. Dortmund s’est montré friable dans les rencontres suivantes, tandis que Munich a fini la saison en mode « rouleau compresseur ».