(Paris) Improbable. Incroyable. Invraisemblable. Lucas Moura, rejeté par le Paris Saint-Germain il y a un peu plus d’un an, s’est offert un miracle à l’anglaise en renversant l’Ajax d’Amsterdam à lui tout seul, histoire d’envoyer les Spurs en finale de la Ligue des champions.

Agence France-Presse

Tottenham peut se frotter les mains : débarqué sur la pointe des pieds, quasiment viré par le PSG, le brouillon brésilien s’est transformé en sauveur à Amsterdam avec un triplé salvateur, dont un dernier but inscrit à la 6e minute du temps additionnel.

« C’est un super héros. Il le mérite, on le mérite tous », l’a d’ailleurs félicité son entraîneur Mauricio Pochettino, en larmes après l’incroyable «remontada» de Tottenham (0-1, 3-2).

Son équipier danois, Christian Eriksen, passé par le club néerlandais, a, lui, réclamé « une statue » pour Lucas Moura.

Ses premiers buts en phase de finale de Ligue des champions sont tombés à point nommé, alors que l’Ajax, vainqueur à l’aller 1-0, semblait avoir fait le plus dur en menant 2-0.

Car, autour de l’heure de jeu, le joker est sorti de sa boîte pour remettre le club anglais dans le sens de marche : il a attendu son 22e match à élimination directe en C1 pour marquer ses premiers buts (55e, 59e) mais, surtout, la toute fin des arrêts de jeu pour délivrer Tottenham (90e+6).

Sidérant Lucas

Voilà donc les Spurs en finale de la Ligue des champions, la première de leur histoire, le 1er juin prochain à Madrid contre Liverpool. Ils peuvent dire merci à la seconde période héroïque de Lucas, qui a fait taire la Johann Cruyff Arena d’une frappe sèche, dans un trou de souris.

L’ancien Parisien est devenu le 5e joueur à inscrire un triplé lors d’une demi-finale de Ligue des Champions, selon le statisticien Opta.

Il retrouve à ce palmarès des joueurs du calibre d’Alessandro Del Piero, Ivica Olic, Robert Lewandowski ou Cristiano Ronaldo.

« C’est des moments qu’on attend. Je suis très très content, très fier de mon équipe », a soufflé le héros. « Il n’y a pas de mots. Je suis fier de tout le monde, ce n’est pas que moi, c’est toute l’équipe. »

Pas mal pour un joueur qui n’est jamais vraiment parvenu à s’imposer au PSG, en cinq saisons de 2013 à 2018.

Présenté à son arrivée comme un espoir du calibre de son compatriote et ami Neymar, l’attaquant a laissé dans la capitale française le souvenir d’un joueur aux chevauchés ébouriffantes mais rarement décisives.  

« Ce n’est pas une réponse, la critique fait partie du foot, a-t-il rétorqué mercredi soir après son exploit. Je savais que je pouvais jouer dans un grand club, que je pouvais jouer des demi-finales de Ligue des champions. »

Il peut encore viser plus haut selon son pote Neymar. « Toutes mes félicitations mon frère. Tu mérites encore plus “crack” », l’a félicité sur instagram le numéro 10 du PSG.