(Pékin) Un autre chapitre de cette rivalité qui date de plusieurs décennies s’apprête à être écrit aux Jeux de Pékin.

Publié le 15 février
Donna Spencer La Presse Canadienne

Le duel entre le Canada et les États-Unis pour l’obtention de la médaille d’or en hockey féminin, jeudi en Chine, était peut-être attendu, mais rien n’est prévisible lorsque les femmes de ces deux pays sautent sur la glace avec le bâton entre les mains.

« Je pense que cette rivalité est inégalée », a indiqué l’attaquante canadienne Sarah Nurse.

Le Canada a atteint la finale de chaque tournoi de hockey féminin depuis que le sport a fait ses débuts olympiques, à Nagano au Japon, en 1998, et il s’est mesuré aux États-Unis en finale en chaque occasion, sauf en 2006.

Les Américaines ont mis la main sur la première médaille d’or, à Nagano, mais les représentantes de l’unifolié ont remporté les quatre suivantes.

Les Américaines ont eu raison de leurs rivales en tirs de barrage, à PyeongChang en Corée du Sud, il y a quatre ans, et elles ont retrouvé leur couronne.

Au-delà de la compétition olympique, le Canada et les États-Unis ont croisé le fer pour la médaille d’or lors de toutes les finales au Championnat mondial de hockey féminin sauf une.

Les Américaines ont remporté huit des neuf titres mondiaux avant que les Canadiennes triomphent en prolongation à Calgary, l’été dernier.

Leur histoire est longue et passionnée, mais le bonheur et le chagrin du passé ne comptent pas jeudi.

« Je pense que nous connaissons cette histoire, mais nous allons partir avec une page blanche, a mentionné l’attaquante canadienne Brianne Jenner. Nous voyons ça comme une occasion d’aller gagner la médaille d’or plutôt que de regarder ce qui s’est passé dans l’histoire. »

L’équipe canadienne de 2022 est la plus prolifique de l’histoire des Jeux olympiques.

Le Canada a dominé ses adversaires 54-8 au chapitre des buts, ce qui constitue un record du tournoi. En comparaison, les États-Unis ont dominé 28-8.

Les Américaines ont décoché plus de tirs au filet que les Canadiennes, soit 334 contre 257. Les joueuses du Canada ont toutefois été plus efficaces, avec un pourcentage de 17,36 contre 8,38.

« Nous sommes actuellement à un point où nous allons jouer offensivement, a analysé l’entraîneur-chef du Canada, Troy Ryan. J’espère que c’est suffisant. Je pense que nous faisons du bon travail défensivement. Nous n’allons pas changer notre style de jeu pour le moment. »

Les Canadiennes ont doublé les Américaines 4-2 lors de la ronde préliminaire, s’assurant du premier échelon du Groupe A. Les États-Unis sont conscients de ce que leurs rivales vont amener sur la glace.

« Nous devons jouer un match complet dans chaque zone, ralentir la transition, nous replier, avoir la tête en mouvement et être conscientes », a soutenu la capitaine des États-Unis, Kendall Coyne Schofield.

Les Américaines devront se débrouiller selon l’attaquante Brianna Decker, qui a subi une blessure à un genou dès le premier match du tournoi.

L’attaquante du Canada Mélodie Daoust est pour sa part de retour dans la formation. La meilleure marqueuse de l’unifolié lors des derniers Mondiaux a raté quatre parties à Pékin en raison d’une blessure au haut du corps. Elle est revenue au jeu pour aider son équipe à écraser la Suisse 10-3 en demi-finale.

Les matchs importants se jouent souvent entre les poteaux.

Ann-Renée Desbiens a réalisé 51 arrêts contre les États-Unis lors de la ronde préliminaire, mais elle a éprouvé plus de difficultés en cédant trois fois en 13 tirs contre la Suisse.

Les Américaines ont utilisé leurs trois gardiennes à Pékin et elles utilisent à leur avantage ce questionnement à savoir laquelle des trois sera la partante pour le match de la médaille d’or.

« Nous avons trois excellentes options. Ce sont toutes les trois des gardiennes de niveau olympique. Les trois sont disponibles », a insisté l’entraîneur-chef des États-Unis, Joel Johnson.

Nicole Hensley, qui a joué lors des derniers Mondiaux, n’a disputé qu’un match à Pékin, contre le Comité olympique de Russie. Alex Cavallini a participé à trois parties, dont les quarts de finale et les demi-finales. Maddie Rooney a repoussé 23 rondelles face au Canada, à son deuxième départ de la ronde préliminaire.

Héroïne de son pays en tirs de barrage, il y a quatre ans, Rooney n’a pas joué aux derniers Mondiaux en raison d’une blessure.

La gardienne et les réponses pour freiner l’attaque du Canada seront les clés pour gagner la médaille d’or, selon Johnson.

« Je ne pense pas que nous avons joué à notre meilleur encore, a-t-il déclaré. La dernière fois que nous avons affronté le Canada, j’ai trouvé que nous avions été plutôt bonnes, mais nous n’avons pas généré suffisamment d’occasions de marquer. J’ai hâte de les affronter à nouveau et de jouer un style de jeu similaire, mais en apportant quelques ajustements. Je suis sûr qu’elles vont faire la même chose. »

Un match serré décidé par un but, en prolongation ou en tirs de barrage, est la norme lorsque les Canadiennes et les Américaines s’affrontent pour la suprématie du hockey féminin.

« Nous sommes prêtes », a conclu la capitaine du Canada, Marie-Philip Poulin.