(Zhangjiakou) Je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire juste avant le contrôle douanier à notre arrivée à l’aéroport de Pékin. Je m’étais presque habitué à tous ces gens enrobés de blanc de la tête aux pieds. Dans l’avion, ils passaient pratiquement toutes les heures pour prendre notre température. Paraît qu’ils se sont même essayés sur un pied pendant que je dormais à l’horizontale.

Publié le 5 février
Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Non, ce qui m’a fait pouffer à travers mon masque, c’est cet homme – ou cette femme ? – qui a appuyé sur un pulvérisateur dans ma direction tandis que je marchais vers le comptoir. Comme si un nuage d’antiseptique lui servait de mur de protection contre ma potentielle contagiosité.

Le même manège s’est poursuivi dans le bus menant à la montagne. En partant d’une pause pipi près d’une station-service au milieu de nulle part, deux personnes en combinaison contre les matières dangereuses se sont mises à asperger le bloc sanitaire.

Pas question de baisser la garde dans ce pays à la politique « zéro COVID ». L’hôtel est donc javellisé jour et nuit. Pfuit pfuit par-ci, pfuit pfuit par-là, mettez-en, ce n’est pas de l’onguent.

Avec comme conséquence que j’ai bien failli m’étamper sur le plancher devant les portes de l’ascenseur l’autre matin. La matière légèrement visqueuse finit par s’accumuler, si bien qu’il faut parfois faire preuve d’aptitudes dignes de Charles Hamelin pour ne pas perdre pied.

Si les purificateurs d’air sont légion, l’aération n’est pas prise à la légère par ici. Les portes sont souvent grandes ouvertes dans l’immense salle à manger toute vitrée. Le ministre Roberge serait fier. Avec le vent qui siffle à toute heure de la journée, un manteau n’est pas de trop pour terminer son bœuf braisé à l’autrichienne.

Le souci du détail est franchement impressionnant. Par exemple, le téléphone cellulaire des employés est emballé dans une pellicule plastique. (J’aurais peut-être dû faire ça avec le mien, comme ça l’écran aurait survécu plus d’une semaine…)

Dans les salles de presse, la distribution de Purell à l’entrée est de rigueur. Pas de passe-droit pour les journalistes frigorifiés après la compétition de bosses à - 25 °C. Tut tut ! On enlève ses grosses mitaines, monsieur. Ce n’est pas ici que nous allons attraper la COVID-19.