La Russie, Athlètes olympiques de la Russie (AOR), Comité olympique russe (COR) ; peu importe l’identité, maintenant que la LNH ne dépêchera pas de joueurs aux Jeux olympiques de 2022, les Russes seront les favoris pour gagner la médaille d’or du tournoi de hockey masculin.

Publié le 23 déc. 2021
James Ellingworth Associated Press

À la suite de l’annonce du retrait de la LNH des Jeux de Pékin, dans l’espoir de sauver un calendrier ravagé par des éclosions du virus parmi plusieurs de ses équipes, mercredi, les joueurs originaires de l’Europe sont destinés à dominer la compétition.

Cela place les Russes, qui évolueront sous l’appellation COR, en excellente position pour remporter le tournoi, comme ils l’avaient fait en 2018 sous le nom AOR en Corée du Sud.

Ces changements de noms ont été imposés dans le cadre des sanctions infligées à la Russie en lien avec diverses affaires de dopage dans plusieurs sports olympiques.

Comme c’était le cas il y a quatre ans, la Ligue continentale de hockey demeure le meilleur circuit après la LNH.

La Russie s’est servie d’équipes dépensières comme le SKA de Saint-Pétersbourg et le CSKA de Moscou pour garder au pays de jeunes et talentueux hockeyeurs russes, alors que ceux-ci auraient pu déménager leurs pénates en Amérique du Nord.

Les amateurs de hockey de l’Amérique du Nord seront moins familiers avec les joueurs composant la formation de la Russie en 2022 qu’avec celle de 2018.

Cette équipe comptait en ses rangs, notamment, Pavel Datsyuk et Ilya Kovalchuk, qui n’ont pas officiellement annoncé leur retraite, mais qui n’ont pas joué au hockey cette saison. Kovalchuk pourrait aller à Pékin dans un rôle de gérant pour la Fédération russe de hockey.

Quelques-uns des membres de l’équipe russe de 2018 évoluent maintenant dans la LNH. C’est le cas de l’attaquant Kirill Kaprizov, du Wild du Minnesota, du défenseur Artem Zub, des Sénateurs d’Ottawa, et de deux de leurs trois gardiens, soit Igor Shesterkin, des Rangers de New York, et Ilya Sorokin, des Islanders de New York.

Le joueur de centre Vadim Shipachyov, qui a brièvement porté l’uniforme des Golden Knights de Vegas en 2017-2018, pourrait s’avérer l’une des vedettes du COR. En 40 parties avec le Dynamo de Moscou, dans la Ligue continentale, il totalise 21 buts et 36 aides cette saison.

Le vétéran joueur d’avant Mikhail Grigorenko est disponible parce qu’il est retourné en Russie après avoir passé la saison 2020-2021 avec les Blue Jackets de Columbus. Aussi, Nikita Gusev, un ancien ailier des Devils du New Jersey, réussira probablement à se tailler un poste au sein de la formation.

La chance de la Finlande

Toutefois, la formation russe n’est pas invincible. La Finlande l’a démontré dimanche dernier en signant une victoire de 3-2, en prolongation, lors de la Coupe Channel One.

Ce tournoi a eu lieu à Moscou la semaine dernière et servait de compétition préparatoire en vue des Jeux olympiques pour des joueurs qui n’évoluent pas dans la LNH.

Le Canada a participé à cette compétition avec une équipe composée de joueurs provenant de clubs répartis dans six pays.

Dirigée par l’ancien entraîneur-chef du Canadien de Montréal Claude Julien, la formation canadienne a battu la Suède, mais a subi des défaites contre la Finlande et la Russie.

Le défenseur Jason Demers et le joueur de centre Eric Fehr, deux joueurs autonomes, ont apporté au groupe une expérience fort utile, avec 699 et 652 matchs en carrière dans la LNH, respectivement. Demers et Fehr ont plus tard signé des ententes avec la même équipe de la Ligue continentale.

Julien pourrait être l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne lors des Jeux de Pékin, tandis que Shane Doan, l’ancienne vedette des Coyotes de l’Arizona, est le plus sérieux candidat au poste de directeur général.

Les États-Unis pourraient bientôt faire appel à l’ancien gardien John Vanbiesbrouck au poste de directeur général.

David Quinn qui comme Vanbiesbrouck est un ancien des Rangers de New York, est l’un des favoris pour occuper le poste d’entraîneur-chef d’une formation qui devrait réunir quelques joueurs issus des rangs universitaires.

Reprise pour l’Allemagne ?

L’absence des joueurs de la Ligue nationale ouvre la porte pour un médaillé inattendu. En 2018, ce fut l’Allemagne qui a mérité l’argent après une défaite de 4-3 en prolongation face aux Russes lors de la grande finale.

L’Allemagne avait été aidée par sa cohésion, née du fait qu’elle comptait sur des joueurs provenant presque exclusivement de la Ligue nationale allemande et qui se connaissaient donc bien.

Par ailleurs, la décision de la LNH de ne pas envoyer de joueurs à Pékin privera Leon Draisaitl, des Oilers d’Edmonton, d’une chance de représenter son pays aux Jeux olympiques.

Enfin, la Chine, pays hôte, aurait eu fort à faire pour prouver que son équipe masculine répondait aux critères de compétitivité pour jouer au hockey olympique. Cette question a moins d’importance maintenant.

En phase de groupe, la Chine devra se mesurer au Canada, aux États-Unis et à l’Allemagne.

Avec Stephen Whyno, Associated Press