« Ça fait déjà 15 ans que je fais de l’haltérophilie. Aller aux Jeux olympiques, c’est un rêve que j’ai déjà depuis 2005, et aujourd’hui il se concrétise. »

Rafael Miró
Rafael Miró La Presse

L’haltérophile montréalaise Kristel Ngarlem a su vendredi qu’elle réalisera enfin son rêve olympique. Le Comité olympique canadien a annoncé qu’elle fera partie de la délégation canadienne aux Jeux olympiques de Tokyo, qui auront lieu du 23 juillet au 8 août.

Un long parcours

« Ça a été une longue route pour se qualifier », a souligné l’athlète de 25 ans, lors d’une visioconférence. Il y a cinq ans, Kristel Ngarlem n’avait pas pu se qualifier aux Jeux olympiques de Rio. À l’époque, seuls deux haltérophiles canadiens avaient pu participer à la compétition. Alors que cette année, le Canada a réussi à envoyer cinq athlètes dans cette discipline, une première depuis 2008.

Kristel Ngarlem, qui compétitionnait auparavant dans les 69 kg, a fait le choix de monter dans la catégorie des 75 kg. « Je peux me dire que c’était un très bon move de monter, je me sens bien et je trouve que j’ai moins de blessures. Perdre ton poids fréquemment dans une année, ce n’est pas super facile pour ton corps. ».

Elle affirme avoir moins été affectée que ses collègues lorsque le Comité international olympique (CIO) a décidé de modifier les catégories olympiques, en 2020. « Ma catégorie est passée [de 75 kg] à 76 kg. J’ai été quand même assez chanceuse, un kilo de majoration ça se fait bien. La catégorie en haut ça aurait été les 87 [kg], ou en dessous les 64 [kg], ça commence à faire de grosses marges. »

Le lourd fardeau de la pandémie

Comme la plupart de ses collègues, Kristel Ngarlem a dû composer avec la pandémie et avec les mesures de confinement. Au tout début de la pandémie, en mars 2020, elle a dû arrêter complètement de s’entraîner pendant quelques mois. « Moi, je suis à Montréal et je n’avais pas accès à un gym, dit-elle, donc ça a été plus difficile de m’entraîner comparativement à d’autres personnes qui pouvaient s’entraîner à la campagne ou dans leur garage. » Elle a craint à ce moment de prendre du retard par rapport à ses concurrents à l’international.

Bien sûr, l’haltérophile a aussi eu moins d’occasions de s’illustrer dans des championnats. « On a fait une compétition en 2020 et une en 2021. Moi, j’ai eu la chance de faire deux compétitions en ligne, où chacun se filmait dans une salle de son coin de pays. Je crois que ça m’a aidé à garder des objectifs précis et clairs au courant de la pandémie. » Aux Championnats panaméricains, qui se sont tenus en avril à Saint-Domingue, elle s’est classée huitième dans sa catégorie.

Elle se dit remise de ses blessures à l’épaule, qui avaient compliqué sa carrière depuis 5 ans. « J’ai des petits trucs à gauche et à droite, mais rien qui m’empêche de faire mes séances d’entrainement ».

La sélection canadienne comprend cette année quatre femmes, toutes originaires du Québec. En plus de Kristel Ngarlem, on pourra voir à Tokyo Maude Charron dans la catégorie des 64 kg et moins, Tali Darsigny pour les 59 kg et moins et Rachel Leblanc-Bazinet pour les 55 kg et moins. Boady Santavy complètera la sélection du côté des hommes, dans la catégorie des moins de 96 kg.