L’avocat canadien et membre influent du CIO Richard Pound croit toujours que les athlètes olympiques devraient faire partie des groupes prioritaires pour la vaccination contre la COVID-19, même s’il semble qu’elle ne sera pas obligatoire afin de participer aux Jeux de Tokyo l’été prochain.

Lori Ewing
La Presse Canadienne

Pound reconnaît que les premières doses doivent être offertes au personnel de la santé sur la ligne de front et les personnes vulnérables, mais il croit que les athlètes olympiques devraient faire partie des discussions concernant l’identité du groupe suivant qui aura accès au vaccin.

« N’oubliez pas que chaque pays enverra des athlètes à l’endroit exact où la COVID-19 a été identifiée pour la première fois, a rappelé Pound en entretien téléphonique avec La Presse Canadienne vendredi. Et il faut penser à les protéger comme nous le ferions pour nos diplomates ou nos militaires. »

Pound a ajouté qu’il a la certitude qu’« aucun athlète olympique ne dirait "moi d’abord", en poussant une veuve de 98 ans à travers la fenêtre ».

Le Comité international olympique a diffusé un premier « guide » plus tôt cette semaine dans lequel on explique comment le comité organisateur compte s’y prendre pour assurer des JO sécuritaires pour les 15 400 athlètes, malgré la pandémie. Et ce « guide » a confirmé que les participants n’auront pas à être vaccinés.

Cependant, en rappelant qu’il appuie la vaccination des athlètes, Pound a mentionné que les Canadiens devraient garder à l’esprit que l’équipe olympique les représente.

« Il y a une certaine fierté à tirer des performances de ton équipe olympique, et si nous limitons au maximum les risques, alors on met les chances de notre côté », a dit Pound.

Les Jeux olympiques doivent commencer le 23 juillet, et les Jeux paralympiques un mois plus tard.

Pound contre le boycottage des JO de Pékin

Le Canada a fait partie des premiers pays à annoncer sa décision de se retirer des JO de Tokyo s’ils n’étaient pas repoussés à l’été 2021, puis le CIO et les dirigeants japonais ont répété qu’ils ne reporteraient pas de nouveau les JO au-delà de l’été 2021.

Pound a confié que ceux qui militent pour la tenue des JO cet été sont les Japonais.

« Ils ont dit qu’ils pouvaient maintenir leurs plans pour une année. Mais pas plus. Ils ont des ententes en place pour l’utilisation des installations, le village des athlètes et tout ça, a expliqué Pound. Ils ont pu renégocier toutes les ententes pour un an, mais ça n’ira pas plus loin. »

Les Jeux de Pékin de 2022 ont aussi défrayé les manchettes cette semaine puisque le décompte d’un an avant la cérémonie d’ouverture a commencé jeudi.

Les nombreux écarts de conduite des Chinois en matière de respect des droits humains ont poussé une coalition de 180 groupes de pression, dont certains sont canadiens, à demander le boycottage des JO de Pékin.

Pound est opposé au boycottage, puisqu’il considère que cette option ne fonctionne pas. Il estime que le fardeau de demander des comptes au gouvernement chinois ne devrait pas tomber sur les épaules des athlètes et du sport.

« Je suis sensible aux groupes de défense des droits humains. Ne vous méprenez pas. Mais ça (un boycottage) ressemble beaucoup à ce que fait la Chine, ce qu’ils (les groupes de pression) lui reprochent, a dit Pound. D’une certaine façon, vous privez les athlètes canadiens de leurs droits et les placez en prison pour une démarche politique qui doit provoquer un changement d’approche. »

Le sport joue certes un rôle essentiel sur la planète, a ajouté Pound, surtout pendant les périodes sombres, et le sport peut envoyer un message plus puissant que d’autres.

« Mais si les gouvernements sont fâchés contre les Chinois, ils ont une panoplie de façon de l’exprimer, a poursuivi Pound. Il y a de toute évidence d’autres façons d’envoyer un message à la Chine plutôt que de détruire la vie et la carrière des athlètes olympiques. »