Martin St-Louis voulait poursuivre son travail à la barre du Canadien, et sans surprise, c’est ce qu’il pourra faire.

Mis à jour le 1er juin
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Le Canadien a confirmé mercredi matin que celui qui était entraîneur-chef par intérim ne sera plus un entraîneur-chef par intérim, mais bien un entraîneur-chef à temps plein. C’est avec un nouveau contrat de trois ans en poche que St-Louis pourra se présenter au camp d’entraînement du Canadien, en septembre.

Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, mais le salaire des entraîneurs dans la position de St-Louis, ou dans une position similaire, oscille généralement aux alentours de 3 millions de dollars par saison, le chiffre qui circule dans les coulisses dans ce cas-ci.

Mais peu importe, c’est un entraîneur-chef très souriant qui a commenté la nouvelle mercredi matin. Les négociations n’ont pas été difficiles selon lui, parce que de toute évidence, ce retour était le souhait de tous au Centre Bell.

« Ce n’est pas que les négociations ont pris du temps, c’était plus une question de logistique, a expliqué l’ancien joueur vedette. J’ai passé du temps en famille, je suis allé au Michigan et à Nashville, Kent [Hughes] et Jeff [Gorton] étaient occupés aux Championnats du monde… Je ne voulais pas les stresser avec ça. »

St-Louis, embauché le 9 février en remplacement de Dominique Ducharme, a déjà hâte à la suite des choses, mais s’il faut bien lire entre les lignes, cette suite des choses pourrait prendre du temps.

Un contrat de trois ans comme ça, ça donne du temps pour bâtir quelque chose… et ça ne se fait pas du jour au lendemain. Je crois qu’on a un peu de vent dans les voiles, on ne va pas repartir à zéro. L’idée, c’est de continuer à avancer.

Martin St-Louis

« On va voir en septembre quelle sorte d’équipe on a sous la main. Je vais laisser les dirigeants faire leur travail et je vais préparer le camp. On veut continuer à bâtir notre culture, et donner la chance aux jeunes joueurs de progresser. Si on continue comme ça, le succès viendra. On veut pouvoir obtenir du succès chaque saison et des fois, ça prend un peu de temps. »

À ce chapitre, peut-on croire qu’il serait réaliste pour les partisans d’espérer une place en séries la saison prochaine ? « J’ai toujours eu ce but en tant que joueur… C’est un but qui est réaliste, mais il faut que les attentes soient réalistes aussi. »

« Je me prépare pour le camp »

St-Louis, 46 ans, s’embarque donc dans une aventure dont il ignore la trajectoire. Le Canadien aura des décisions d’importance à prendre au cours de l’été, il y aura un repêchage tout aussi important, et personne ne sait exactement de quoi aura l’air cette équipe en septembre.

Personne ne sait non plus qui sera le gardien numéro un.

« Je me prépare pour le camp, a-t-il répété. Si Carey Price peut jouer ou non, ça ne change rien à ma préparation. »

Ce qui semble plus certain, c’est que le Canadien ne va pas brûler les étapes afin de se lancer dans une course aux séries qui pourrait être néfaste à long terme. « Je ne sais pas encore quelles seront les attentes… mais est-ce que je veux vraiment gagner au détriment du développement des jeunes ? Non, je ne veux pas. Je ne peux pas prendre ce risque. »

Au sujet des présentes séries, et aussi de la position du Canadien par rapport aux Oilers d’Edmonton ou à l’Avalanche du Colorado, par exemple, St-Louis a bien admis l’évidence : le Canadien ne fait vraiment pas partie de ce groupe sélect. « Mais on peut dire qu’il y a 28 équipes qui accusent un retard [sur les 4 qui jouent encore]… alors on est une des 28. Est-ce que ça va prendre un an, deux ans ? Je ne le sais pas. »

Enfin, et de son propre aveu, St-Louis allait toujours revenir à la barre du Canadien, et n’a pas été courtisé par d’autres. « Mais je pense que l’équipe bantam à mon gars, ils étaient bien intéressés par mes services ! »