Evander Kane s’est présenté devant les médias d’Edmonton vendredi matin avec un message bien précis : il n’est pas si terrible que ça.

Publié le 28 janvier
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Comprendre par là que l’ex-attaquant des Jets de Winnipeg, des Sabres de Buffalo et des Sharks de San Jose arrive dans sa nouvelle équipe avec une certaine réputation, et qu’il est lui-même très bien au fait de cette réputation.

Ce qui ne veut pas dire qu’il est d’accord avec tout ce que l’on dit de lui.

« Il y a des choses qui sont arrivées à certains endroits, a-t-il expliqué. Par ailleurs, il y a beaucoup de joueurs qui vont jouer pour plus de trois équipes au cours de leur carrière, je ne suis pas le seul. Mais parfois, ça ne fonctionne plus à un endroit, alors un nouveau départ est préférable pour les deux parties. »

Ce nouveau départ est devenu nécessaire parce que ça ne marchait plus entre lui et les Sharks à San Jose, où il n’a pas disputé un seul match cette saison, devant se contenter de cinq rencontres dans la Ligue américaine.

Alors ce nouveau départ se fera dans le maillot des Oilers, et il s’amorcera ce samedi soir au Centre Bell, puisque le club d’Edmonton sera en visite à Montréal pour y affronter le Canadien.

Les Oilers, qui sont à ranger dans le tiroir des favoris qui échouent trop souvent, ont donc choisi de tout miser sur cet attaquant de talent, dont la mauvaise réputation n’est sans doute pas le fruit du hasard.

L’été dernier, Kane a été accusé par son ex-conjointe d’avoir commis des violences sexuelles et physiques, d’avoir parié sur des matchs de hockey et d’avoir délibérément perdu les parties sur lesquelles il avait parié. La LNH a enquêté sur ces deux dernières allégations et n’a trouvé aucune preuve pour les appuyer. Kane a reconnu qu’il avait déjà eu une dépendance aux jeux d’argent, mais a affirmé qu’elle était réglée aujourd’hui.

Plus récemment, en début de saison, il a subi une suspension de 21 matchs pour avoir fourni une fausse preuve de vaccination.

PHOTO JEFF CHIU, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Avant d'être échangé, Evander Kane n'avait pas disputé un seul match avec les Sharks à San Jose cette saison.

Mais les Oilers ont estimé que le risque en valait le coup, et ils lui ont offert un contrat qui sera valide pour le reste de la saison, à un salaire de 750 000 $, assorti d’une prime d’embauche de 625 000 $.

Après avoir fait une bonne blague sur la météo, Kane a tenu à dire qu’il avait l’embarras du choix, mais qu’il avait fini par dire oui aux Oilers en raison de tout ce talent qui déborde dans le vestiaire à Edmonton.

Il y avait plusieurs équipes qui s’intéressaient à moi. Mais je devais prendre la meilleure décision possible, et nous en sommes arrivés à Edmonton. Ça devenait de plus en plus évident que c’était le meilleur endroit pour moi. Cette équipe est prête à gagner et je trouve que nous allons bien ensemble.

Evander Kane

Ken Holland, directeur général des Oilers, semblait bien fier de son coup.

« Nous avons un bon vestiaire de vétérans, un vestiaire qui est fort, et aussi un bon leadership, a-t-il répété. Evander a 30 ans et il a encore plusieurs bonnes saisons devant lui. Il reste 43 matchs à notre saison, alors c’est important pour nous et pour lui. Les deux parties sont motivées. »

Reste à voir si ce mariage pourra durer.

« Je vais assumer la responsabilité de mes erreurs, mais je ne vais pas le faire pour les choses que je n’ai pas faites, a ajouté le nouvel attaquant des Oilers. Je me vois comme un leader. C’est drôle combien les gens me voient comme un enfant qui va arriver ici et qui va tout défaire. Ce ne sera pas le cas. »

En savoir plus

  • En 12 saisons dans la LNH
    769 matchs, 264 buts, 242 aides, 506 points
    Repêchage
    Choix de premier tour des Thrashers d’Atlanta en 2009, quatrième joueur choisi au total