Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, y est allé d’une déclaration pour le moins surprenante, dimanche matin, lorsqu’il a affirmé que si son équipe remportait la Coupe Stanley, il pourrait « prendre [sa] retraite ».

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Affirmant être habité d’émotions multiples, de la nervosité à la fébrilité, Bergevin a déclaré qu’il était « surtout fier d’avoir la chance de ramener la Coupe Stanley ici, à Montréal ».

« C’est un rêve ultime pour moi, a-t-il ajouté. Je pourrai prendre ma retraite après ! »

On peut présumer que le DG, qui n’a pas précisé sa pensée, plaisantait. À 55 ans, il est encore dans la force de l’âge des personnes exerçant sa profession. Son homologue Lou Lamoriello, des Islanders de New York, aura 79 ans en octobre !

Plus sérieusement, Bergevin a plusieurs fois insisté sur le parcours unique de son équipe. Les hauts et les bas de la saison, le cas de COVID-19 qui a forcé le Tricolore à mettre sa saison sur pause au mois de mars. Les premiers matchs difficiles contre les Maple Leafs de Toronto en séries éliminatoires, au point de se retrouver en retard 3-1.

Se retrouver en finale, aujourd’hui, a quelque chose de « surréel », a dit Bergevin.

« On doit rester concentrés, a-t-il toutefois prévenu. On veut apprécier ce qui nous arrive, mais on a beaucoup de travail à faire contre le Lightning de Tampa Bay. »

Négligés

Le Canadien était donné perdant avant la série contre les Maple Leafs de Toronto. Il l’était aussi contre les Jets de Winnipeg puis contre les Golden Knights de Vegas. Alors personne ne tombera de sa chaise en apprenant que le club est vu comme le négligé en finale, contre les champions en titre, de surcroît.

Cela ne privera certainement pas Bergevin de sommeil. Par contre, nuance-t-il, « on n’est pas ici par accident ».

Avant d’affronter le CH, les Jets avaient balayé Connor McDavid et les Oilers d’Edmonton au premier tour. Et les Knights avaient vaincu l’Avalanche du Colorado, équipe avec laquelle ils avaient partagé le premier rang du classement général de la LNH pendant la saison.

On est les négligés [underdogs], c’est correct, on l’a vécu toute l’année et en séries. On est prêts à affronter le défi à Tampa.

Marc Bergevin

Si le Canadien s’est rendu jusque-là, c’est en raison de son « caractère », a encore estimé le Québécois. « C’est certain que t’as besoin de talent et d’habiletés pour te rendre là ; mais juste avec le talent, tu ne gagneras pas la Coupe Stanley », a-t-il dit.

À ce compte, il a rendu hommage à son « groupe de leaders », mené par Shea Weber, Corey Perry et Eric Staal, entre autres. Ils ont renforcé l’importance de prendre soin de leurs coéquipiers, « du gars assis à côté de toi ».

Et, Bergevin ne s’en cache pas, il y a aussi eu un peu de chance. Le succès du moment, « c’est un mix de tout ça ».

PHOTO RYAN REMIORZ, LA PRESSE CANADIENNE

Marc Bergevin et Artturi Lehkonen, auteur du but gagnant lors du match de jeudi.

Après l’ultime victoire contre les Knights, jeudi soir dernier, il a fait l’accolade à chacun de ses joueurs. « Que tu joues 7 minutes ou 27 minutes, tu fais partie de l’équipe. Je suis très content d’où on est aujourd’hui. »

Et de conclure : « J’ai confiance que les gars seront à la hauteur. »