Avons-nous sous les yeux la meilleure équipe canadienne de l’histoire du Championnat du monde junior ?

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Il faudra attendre la finale avant de se prononcer. Mais une fois encore, en demi-finale lundi, le Canada a écrasé ses adversaires, les Russes, par la marque de 5-0.

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Le Canada, qui affrontera les États-Unis en grande finale, a remporté cinq de ses six matchs par trois buts ou plus, et la moitié par cinq buts ou plus.

Il domine outrageusement la compétition même si presque tous ses joueurs n’avaient pas disputé de matchs depuis mars 2020, malgré une quarantaine de deux semaines et en l’absence des deux meilleurs attaquants juniors au pays, Alexis Lafrenière et Kirby Dach.

Cette équipe dirigée par André Tourigny n’a pas accordé le moindre but à égalité numérique du tournoi. Elle a cédé un but aux Finlandais, à ses quatre derniers matchs.

Un club européen est heureux de compter dans sa formation trois ou quatre choix de premier tour. Le Canada en totalise 20 cette année, un record.

Les deux membres de son premier duo de défenseurs, le meilleur du tournoi, Bowen Byram et Jamie Drysdale, utilisés plus de 25 minutes chacun lundi soir contre les Russes, ont été repêchés parmi les six premiers.

Le deuxième choix au total en 2020, Quinton Byfield, a été relégué au centre du troisième trio. L’ailier droit du quatrième trio, Philip Tomasino, a été échangé à Oshawa l’an dernier pour… neuf choix au repêchage, dont six de deuxième tour.

Parmi ces joueurs repêchés au premier tour, sept l’ont été parmi les dix premiers et quatorze parmi les vingt premiers.

Deux des meilleurs joueurs de cette équipe, Byram et le centre Alex Newhook, phénoménal lundi après avoir raté la rencontre précédente en raison d’une blessure, appartiennent à l’Avalanche du Colorado. Comme s’ils avaient besoin de renforts…

Tourigny a même eu le luxe de retrancher sept choix de premier tour !

« Vous savez comment nous sommes, les entraîneurs : nous allons trouver des points à améliorer, a expliqué André Tourigny. Je ne veux pas mettre l’accent là-dessus, mais nous avons été moins bons sur certains aspects, dont les mises en jeu. »

PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE

Le Canada se méfiait cependant de ces jeunes Russes, et surtout de leur gardien de 6 pi 4 po et premier choix des Predators de Nashville, Yaroslav Askarov. Mais pour la deuxième année de suite contre le Canada, Askarov a mal paru.

À sa décharge, sa défense semblait dépassée par la vitesse des Canadiens, et on a permis des tirs de positions très défavorables au gardien russe.

Le gardien montréalais du Canada, Devon Levi, un inconnu l’été dernier, a réussi son troisième blanchissage du tournoi. Il porte sa moyenne de buts accordés à 0,53 et son taux d’arrêts à ,975. Il pourrait battre deux records avec un autre match de la sorte en finale.

« Je ne joue pas pour les records, mais pour la médaille d’or », a déclaré avec sagesse Levi en visioconférence après la rencontre.

« Il a été phénoménal jusqu’ici, a dit Tourigny. Je me répète chaque jour. Je ne sais plus quoi dire. Il a été excellent. Il a su nous donner confiance. »

Levi rejoindra Northeastern, soit le même club que les espoirs du Canadien Jordan Harris et Jayden Struble, après le tournoi.

Septième choix au total par les Sabres de Buffalo en 2019, Dylan Cozens a pris seul le premier rang des compteurs du tournoi avec 16 points en 6 matchs. Mais son plus proche poursuivant, l’Américain Trevor Zegras, un espoir des Ducks d’Anaheim comme Jamie Drysdale, le défenseur canadien, est à un seul point de la tête et il affrontait la Finlande en fin de soirée.

L’espoir du Canadien Kaiden Guhle, seul défenseur de 18 ans au sein de l’équipe, a été efficace défensivement à nouveau, en un peu moins de 15 minutes de jeu.

Avec La Presse Canadienne