Mike Hoffman, le 16e buteur de la LNH lors des deux dernières saisons, un de plus que Jack Eichel, un de moins que Brayden Point, attend toujours une offre de contrat à son goût.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Il sera peut-être encore sans travail lorsque la LNH annoncera d’ici une semaine la reprise des activités.

La pandémie n’est pas favorable aux joueurs autonomes sans compensation. Les propriétaires ont appris certaines leçons au fil des ans, et Hoffman n’a pas non plus la meilleure des réputations. Mais le marché n’a pas été très avantageux pour les attaquants cette année.

Seulement trois joueurs ont obtenu 30 millions et plus : les défenseurs Alex Pietrangelo (7 ans/61,6 millions) et Torey Krug (7 ans/45,5 millions) ainsi que le gardien Jacob Markstrom (6 ans/36 millions).

Le contrat de seulement un an signé par Taylor Hall fausse la donne, mais Tyler Toffoli, du Canadien, vient en tête de liste chez les attaquants ayant reçu le plus gros magot : 17 millions sur quatre ans.

PHOTO JASON FRANSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Tyler Toffoli, ancien des Canucks mis sous contrat par le Canadien, vient en tête de liste chez les attaquants ayant reçu le plus gros magot : 17 millions sur quatre ans.

Le marché des joueurs autonomes en 2016 revient aussi hanter les équipes de la LNH aujourd’hui. Cette année-là, six joueurs avaient obtenu plus de 30 millions, tous des attaquants :

• Kyle Okposo, Sabres, 7 ans/42 millions

• David Backes, Bruins, 5 ans/30 millions

• Milan Lucic, Oilers, 7 ans/42 millions

• Frans Nielsen, Red Wings, 6 ans/31,5 millions

• Loui Eriksson, Canucks, 6 ans/36 millions

• Andrew Ladd, Islanders, 7 ans/38,5 millions

Ils sont tous, sans exception, des boulets pour leurs organisations respectives aujourd’hui. D’ailleurs, quatre des dix directeurs généraux ayant accordé ces généreux contrats ont été congédiés depuis.

Okposo, 32 ans, a marqué 9 buts en 52 matchs pour les Sabres de Buffalo. Il a ajouté 10 mentions d’aide. Son salaire médian obstruera 6 millions sur la masse salariale des Sabres pour les trois prochaines années.

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Okposo (à droite), 32 ans, a marqué 9 buts en 52 matchs pour les Sabres.

Les Bruins de Boston ont échangé David Backes aux Ducks d’Anaheim pour se débarrasser de son salaire. Ils ont dû céder un choix de premier tour, mais ont obtenu Ondrej Kase. Celui-ci ne valait pas un choix aussi précieux. Les Ducks ont repêché Jacob Perreault, fils de Yanic, au 27e rang.

Le successeur de Peter Chiarelli à Edmonton, Ken Holland, a réussi à se défaire du contrat de Lucic. Mais il a dû accepter en retour celui de James Neal. Au moins, Neal lui a donné 19 buts, avant de s’écrouler en deuxième moitié de saison (7 buts à ses 37 derniers matchs). Le salaire moyen de 5,75 millions gonflera la masse salariale des Oilers pour encore trois ans.

Holland n’est pas sans reproche. Il a couvert Nielsen d’or à Detroit. Cet attaquant danois de 36 ans a obtenu… 9 points en 60 matchs cette saison ! Steve Yzerman est coincé avec ce salaire annuel de 5,2 millions pour encore deux ans.

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L’attaquant danois Frans Nielsen (51), des Red Wings, a obtenu 9 points en 60 matchs cette saison.

Le directeur général des Canucks de Vancouver, Jim Benning, tente par tous les moyens de se débarrasser de Loui Eriksson depuis deux ans. Sans succès. Eriksson, 35 ans, a obtenu 13 points, dont 6 buts, en 49 matchs. Sans ce contrat monstrueux, Tyler Toffoli serait resté à Vancouver.

Il y a enfin Andrew Ladd. Le directeur général des Islanders de New York, Lou Lamoriello, doit manœuvrer avec doigté avec ses joueurs autonomes avec compensation. Il a donné seulement deux ans de contrat à l’un de ses meilleurs défenseurs, Ryan Pulock. Son premier centre, Mathew Barzal, n’a toujours pas obtenu de contrat. Ladd, 34 ans, dont le salaire annuel occupera 5,5 millions sur la masse des Islanders jusqu’en 2023, a passé presque tout l’hiver dans la Ligue américaine.

Combien aurait touché Mike Hoffman en 2016 ? Le gros lot, sans doute. Loui Eriksson a marqué 30 buts en 80 matchs cette année-là. Hoffman, un but de moins, en onze matchs de moins.

À la lumière de 2016, et compte tenu de la pandémie, on comprend cette prudence de la part des propriétaires. Tout est question de timing, dit-on…

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