Joel Armia est un homme de peu de mots, alors on peut lui pardonner la réponse un peu brève quand on lui demande, avec beaucoup d’à-propos, s’il n’est pas en train de connaître la saison de sa vie. Cette réponse, la voici : « Oui. »

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

On en convient, ce « oui » fut un oui assez bref dans le vestiaire du club, mercredi midi à Brossard, mais pour le patineur finlandais, il s’agit d’un oui qui veut dire beaucoup. Parce qu’il n’a jamais autant joué qu’ici, parce que personne d’autre auparavant ne lui a jamais confié autant de missions sur la glace que maintenant, et avant tout, parce qu’au moment de se préparer à affronter les Ducks d’Anaheim, jeudi au Centre Bell, Armia se retrouve avec 26 points à sa fiche.

Ça, c’est très exactement trois points de moins que la meilleure récolte de sa carrière, obtenue chez les Jets en 2017-18, avec la différence que ça lui avait pris 79 matchs à Winnipeg pour en arriver à ce sommet. Cette fois, il a obtenu tous ses points en seulement 42 rencontres.

C’est donc un peu tout ça qui explique ce « oui » si authentique.

« Je n’ai jamais eu un tel rôle auparavant, a-t-il pris soin d’ajouter. Je n’avais jamais été employé avec une unité en avantage numérique ou en désavantage numérique, alors qu’on me demande de jouer dans ces situations ici. Mais c’est bon, c’est plaisant de se retrouver sur la glace si souvent. Je m’amuse. J’essaie de jouer de la même manière à chaque match, je gagne en confiance et ça m’aide. »

De la confiance ? Ça tombe bien, c’est aussi ce que Claude Julien a remarqué chez lui, en plus grande quantité.

« Il a gagné en confiance, a noté l’entraîneur du Canadien mercredi. Avant, on pouvait voir qu’il avait un bon gabarit, de bonnes mains, un bon lancer aussi. On pouvait voir les qualités mais là, ce qu’on remarque, c’est qu’il prend de plus en plus confiance. »

Il est souvent facile de pointer du doigt Marc Bergevin pour l’état actuel du club, mais le directeur général a tout de même quelques bons coups à sa fiche sur le marché des échanges, et Armia en est un, lui qui a été obtenu des Jets, on le rappelle, en juin 2018, en retour du défenseur Simon Bourque. Les Jets voulaient en premier se débarrasser d’un contrat dans cet échange (celui du gardien Steve Mason), et on peut présumer qu’ils n’avaient pas prévu cette suite des choses dans le cas de Joel Armia.

On ne saurait les blâmer, ceci dit. Parce que franchement, qui aurait pu prévoir ça ? Qui ?

« On ne peut jamais vraiment savoir ce qu’un joueur va devenir, estime l’attaquant Brendan Gallagher. Quand une équipe obtient un gars dans une transaction, il faut espérer que ça fonctionne. En tout cas, en ce qui concerne Joel, on pouvait voir son potentiel, et il a su faire le travail cette saison. Il a grandi en tant que joueur et il a su tirer profit de la moindre chance qu’on lui a donné. Il est gros, il gagne ses batailles sur la glace. Il peut faire bien des choses. »

Alors justement : à 26 ans, il est permis de penser qu’Armia n’a pas fini de progresser. Pourrait-il, un jour, devenir un marqueur de 30 buts dans cette ligue ?

« Trente buts ? Pourquoi pas ?, a répondu celui qui a déjà compté 14 buts cette saison, un sommet pour lui. Mais en premier, je vais commencer par en marquer 20 !  »

Un gros contrat

Malgré la belle victoire de mardi soir au New Jersey, le Canadien se retrouve encore dans une position précaire en vue d’obtenir une place en séries au mois d’avril. L’entraîneur du club en semble pleinement conscient. « Nous savons que nous sommes dans une situation où nous devrons probablement gagner trois matchs sur quatre d’ici à la fin de la saison, a reconnu Claude Julien mercredi à Brossard. C’est ce que nous voulons accomplir et c’est à nous de le faire. »

On tousse dans son coude svp

De toute évidence, les vilains virus saisonniers voyagent très bien dans le coin de Brossard ces jours-ci. Encore mercredi, des joueurs du Canadien ont dû rater un entraînement pour des raisons de rhume et/ou de grippe, soit le défenseur Victor Mete et l’attaquant Ryan Poehling. Le gardien Carey Price était de retour, lui qui avait raté le match de la veille à Newark, et ce retour a mené à un autre retour, celui de Cayden Primeau, dans la Ligue américaine à Laval. Notons aussi que le défenseur Shea Weber était absent mercredi en raison de traitements.

Drouin, c’est pour quand ?

Voilà certes une excellente question. L’attaquant est à l’écart du jeu depuis le 15 novembre en raison d’une blessure au poignet gauche. À l’entraînement de mercredi, il a patiné en alternance avec Jordan Weal sur le quatrième trio. Pourrait-on le revoir cette semaine ? Claude Julien n’a pas voulu apporter de précision mais s’est montré optimiste. « On l’espère, a répondu le coach. Il est évalué au jour le jour et il se rapproche vraiment d’un retour. »