Cale Fleury jure qu’il n’a pas encore vécu de moment « bienvenue dans la LNH ». Aucune gaffe, aucun moment loufoque sans le vouloir, aucune insulte majeure de la part d’un adversaire, rien. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne va pas se souvenir de ses deux premiers matchs dans la grande ligue.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Le premier a eu lieu jeudi soir en Caroline, contre les Hurricanes du frangin Haydn. Le deuxième était samedi soir à Toronto, où il a pu goûter à la rivalité que l’on sait entre le Canadien et les Maple Leafs.

Pour un gars de la Saskatchewan, qui jouait au hockey junior il y a deux ans à peine, ça commence à faire pas mal de choses à digérer en même temps.

« Je me serais probablement souvenu de mon premier match pendant toute ma vie de toute façon, mais ce fut encore plus spécial parce que mon frère était juste en face, a expliqué le jeune défenseur hier à Brossard. Ensuite, jouer un match du samedi soir à Toronto, vraiment, on ne peut demander mieux ! »

Il n’y a jamais rien de certain au hockey – et dans la vie en général, d’ailleurs –, mais s’il faut se fier à ces deux premiers matchs, Fleury est avec le Canadien pour de bon. À 20 ans, et après avoir passé la saison précédente à Laval, dans la Ligue américaine, ce choix de troisième tour au repêchage de 2017 ne semble pas du tout dépassé par les événements.

Même si tout n’est pas parfait.

« J’ai parlé aux entraîneurs et je sais qu’il y a des aspects de mon jeu sur lesquels je dois travailler, a-t-il admis. Je sais déjà que je dois travailler sur mon positionnement.

« Mais je dirais que la plus grande différence quand on arrive dans cette ligue, c’est qu’on ne peut pas se permettre de rester trop longtemps sur la glace et de se faire prendre à la fin d’une présence, sans quoi on se retrouve face à des gars frais et dispos qui viennent à peine de sauter sur le jeu. Étirer les présences, on peut s’en tirer dans la Ligue américaine et dans les rangs juniors, mais pas dans la LNH.

« Je ne trouve pas que ça va si vite. Ça ne va pas plus vite que lors de notre dernier match préparatoire contre les Sénateurs, qui avaient une formation à peu près complète ce soir-là. Le jeu est peut-être un peu plus physique que lors des matchs préparatoires, mais à part ça, ce n’est pas si différent. »

Si vous avez remarqué que Fleury semble inébranlable, flegmatique, le genre à n’être dérangé par rien, dites-vous bien que Brett Kulak, son partenaire de jeu à la ligne bleue, a lui aussi remarqué la même chose.

« Il m’a impressionné lors des deux premiers matchs, a reconnu le défenseur. Il joue bien et il sait se servir de ses forces. Il joue de manière physique et il fait circuler la rondelle. Il est toujours prêt pour la prochaine présence sur la glace. »

Des défis en défense

Dans le camp montréalais, l’émergence de Fleury est assurément une belle surprise, et il faudra que ça dure, parce que la jeune saison permet déjà de constater que le Canadien aura des défis en défense en 2019-2020. On conviendra aussi que cette équipe ne pourra pas toujours faire comme samedi soir et gagner des pétarades de 6-5.

« On a laissé notre gardien à lui-même lors du match à Toronto, a admis Kulak. Ce n’est probablement pas une bonne habitude à prendre… on sait à quel point Carey [Price] est bon, mais il ne faut pas non plus en abuser et trop se fier à lui. Alors nous allons devoir être meilleurs que ça devant lui. »

La bonne nouvelle pour le Canadien et ses partisans, c’est qu’ils sont plusieurs parmi les défenseurs à estimer pouvoir faire mieux. À commencer par le plus vert du groupe.

« Je suis content de mes deux premiers matchs, mais je sais aussi que je peux être meilleur, a ajouté Fleury. Je sais qu’il me reste encore du chemin à faire. »

Prochain match : Canadien c. Sabres, demain (19 h) à Buffalo