(Québec) Patrice Bergeron a eu mal.

Jean-François Tremblay Jean-François Tremblay
La Presse

On peut le comprendre. Perdre un septième match en finale de la Coupe Stanley laisse des traces. Les premiers moments après le verdict final ont été pénibles pour tous les joueurs des Bruins de Boston. Surtout pour ceux qui vivaient la déception suprême pour la deuxième fois, comme Bergeron.

Mais il a aujourd’hui tourné la page. Quel a été son remède ? Le temps, tout simplement.

« C’est tout ce que je pouvais faire », ajoute- t-il. « La poussière retombe. On regarde en avant. C’est une déception, c’est dur à avaler de travailler si fort pour cet objectif et de ne pas l’atteindre. »

Ce serait mentir de dire que ça n’a pas été difficile. Mais on est à un moment de l’été où on doit regarder en avant et être prêts pour la saison.

Patrice Bergeron

D’ailleurs, cet été de préparation a évidemment été bouleversé par ces mois supplémentaires de hockey. David Perron admettait d’ailleurs, à la fin juillet, qu’il n’était pas encore complètement guéri de ses petits bobos, alors que la saison approche à grands pas. Pour Bergeron, l’essentiel était surtout de guérir cette blessure récurrente à l’aine qui l’a passablement ralenti en séries.

« Il y a des ajustements nécessaires. On doit reprendre le repos, c’est la priorité. J’ai traîné une blessure à l’aine encore cette année, elle revient. Je dois trouver des moyens, en parlant avec l’équipe de médecins de Boston, pour m’aider à récupérer. Avoir de la rééducation pour que ça ne revienne pas. »

Bergeron participait hier à la 11e édition du Pro-Am, dont il est l’un des instigateurs avec Simon Gagné. Évidemment, impossible de vraiment juger de son état de santé puisque le jeu était plutôt amical. Ce sont les partisans qui ont profité des largesses défensives.

Ils étaient d’ailleurs plusieurs milliers au Centre Vidéotron pour voir une vingtaine de joueurs de la LNH s’exécuter pour la bonne cause. Les fonds recueillis étaient remis aux organismes Pignon Bleu, Leucan, ainsi qu’aux fondations Philippe Boucher, Maurice Tanguay et Simple Plan (qui assurait la portion musicale en fin de soirée).

Le défenseur des Bruins Charlie McAvoy, notamment, était du groupe de joueurs, mais est passé bien près de rater l’évènement après avoir manqué son vol. Qu’à cela ne tienne, il a utilisé le service d’un voiturier. On lui a même proposé de se changer durant le trajet pour sauver quelques minutes. Il ne sera finalement pas mis à l’amende par Bergeron.

« Ça arrive, c’est déjà très apprécié qu’il ait trouvé un moyen de venir. C’est très apprécié qu’il ait donné de son temps pour être ici. »

Le dossier McAvoy

Parlant de McAvoy, il fait partie des joueurs autonomes avec restriction de premier plan qui n’ont toujours pas de contrat pour la saison prochaine. Comme Patrick Laine, comme Zach Werenski, comme Mitch Marner, comme Brayden Point. Comme un autre défenseur des Bruins aussi, Brandon Carlo.

PHOTO JEFFREY T. BARNES, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Charlie McAvoy, coéquipier de Patrice Bergeron (37) chez les Bruins de Boston, fait partie des joueurs autonomes avec restriction de premier plan qui n’ont toujours pas de contrat pour la saison prochaine.

McAvoy, par son retard, s’est toutefois soustrait aux rencontres médiatiques. Mais l’incertitude sur le sort du défenseur étoile n’inquiète pas Bergeron outre mesure. Il voit surtout dans cette situation le résultat d’un plafond salarial qui exige un peu plus de créativité comptable pour satisfaire tout le monde. Surtout les jeunes, qui jouent de nos jours un grand rôle beaucoup plus tôt dans leur carrière.

C’est arrivé avec David Pastrnak et les choses se sont réglées. C’est une business, et ça tire la couverture de chaque côté.

Patrice Bergeron au sujet de l’impasse contractuelle entre Charlie McAvoy et les Bruins

« On voit d’ailleurs de nombreux joueurs avec restriction qui n’ont pas signé. Quand ça va commencer, les chiffres vont être déterminés et ça va débouler. »

Ces dossiers prioritaires toujours en suspens ont toutefois forcé la direction des Bruins à beaucoup de modestie cet été. L’équipe n’a procédé à aucune transaction, et ses plus spectaculaires prises du 1er juillet ont été Brett Ritchie et Par Lindholm. Rien pour perdre la tête.

C’est donc dire que les Bruins présenteront sensiblement le même visage la saison prochaine.

« On est très contents de l’équipe qu’on a. On l’a démontré l’an passé, mais le défi sera encore plus grand l’année prochaine. Les autres équipes seront prêtes à nous affronter. C’est à nous de faire les ajustements. Je suis très heureux du talent dans le vestiaire. Je m’y attendais [que les Bruins ne bougent pas beaucoup]. Ça revient au plafond salarial. On a deux gros défenseurs à signer. Il faut garder de l’espace pour ça. »

Centre Vidéotron: une statue en l’honneur des frères Stastny

« À Québec, on a le goût de se souvenir longtemps des frères Stastny. » C’est ainsi que le maire de Québec, Régis Labeaume, a présenté l’œuvre d’art en l’honneur des frères Stastny, qui a été dévoilée hier.

L’œuvre, qui représente Peter, Anton et Marian comme s’ils étaient des pièces d’un jeu de hockey sur table, est une réalisation du collectif Pierre et Marie. Elle est située juste à côté de la sculpture en hommage à Jean Béliveau, tout près du Centre Vidéotron.

Peter, Anton et Marian ont évidemment marqué la riche histoire des Nordiques et ont formé durant quelques années l’un des plus dangereux trios de la LNH. Les trois frères ont aussi été des précurseurs en devenant les premiers joueurs d’impact à faire défection du bloc de l’Est pour aller en Amérique.

« Ça représente parfaitement ce que nous étions, les trois frères, qui jouent dans le plus fort calibre de jeu au monde, a dit Peter Stastny en français. Après la carrière, vous vous demandez quel a été le meilleur moment, la plus grande réussite. Chaque fois, j’arrivais à la même conclusion : c’est d’avoir joué avec mes frères. »