Dale Tallon évoque le… «détour». Ce «détour», c’est sa mise au rancart en 2016-2017 au profit de Tom Rowe.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Les Panthers de la Floride étaient peut-être en train de finalement prendre leur envol au moment de ce congédiement déguisé. Mais peut-être pas non plus.

Ils venaient de remporter le championnat de leur division, mais avaient perdu en première ronde aux mains des Islanders de New York.

Rowe a congédié cavalièrement l’entraîneur Gerard Gallant en décembre 2016. Les Panthers occupaient néanmoins le 13e rang dans l’Association de l’Est avec une fiche de 11-10-1.

Tallon a retrouvé son poste de DG un an plus tard, en 2017, mais les Panthers n’ont jamais participé aux séries depuis. «Le "détour" a été corrigé», a-t-il confié hier au quotidien Miami Herald. Il faisait sans doute référence à son retour et à l’embauche, ce printemps, d’un entraîneur de renom comme Gallant, Joel Quenneville, anciennement des Blackhawks de Chicago.

Mais le «détour» n’excuse pas tout, loin de là. Les Panthers ont participé aux séries seulement deux fois lors des six premières années du règne de Tallon, bien avant le «détour». Il est revenu en poste depuis deux ans, sans plus de succès. Il en est à sa cinquième embauche d’entraîneur en huit ans après Kevin Dineen, Peter Horachek, Gallant (on ne peut le blâmer dans ce cas précis) et Bob Boughner.

PHOTO JOHN LOCHER, ASSOCIATED PRESS

Jonathan Marchessault et Reilly Smith

Le congédiement a peut-être fait reculer les Panthers. Mais les vilaines décisions de Tallon à son retour n’ont pas aidé non plus. À l’aube du repêchage de l’élargissement des cadres, il a choisi de ne pas protéger Jonathan Marchessault et d’échanger Reilly Smith aux Golden Knights de Vegas afin d’inscrire quatre défenseurs sur sa liste, parmi lesquels Alex Petrovic et Mark Pysyk, deux défenseurs très marginaux.

Après dix ans de misère, Tallon assure que cette saison sera finalement la bonne pour les Panthers de la Floride. L’embauche de Quenneville est un pas dans la bonne direction.

Les deux meilleurs attaquants du club, Aleksander Barkov, 23 ans, et Jonathan Huberdeau, 26 ans, viennent de connaître la meilleure saison de leur carrière avec 96 et 92 points respectivement. Vincent Trochek est un deuxième centre de grande qualité. Ils ont des marqueurs à l’aile avec Mike Hoffman et Evgeny Dadonov.

Leur défense demeure néanmoins faible. Keith Yandle a amassé 62 points mais il a des carences dans sa zone. Le premier choix au total en 2014, Aaron Ekblad, ne s’est pas développé comme prévu. Le Montréalais Mike Matheson a connu une saison décevante.

Il y a des inquiétudes à la position de gardien. Roberto Luongo a 40 ans et il vient de connaître une année difficile. James Reimer ne sera jamais un numéro un.

PHOTO GEOFF BURKE, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Sergei Bobrovsky et Artemi Panarin

Mais Tallon dispose de 20 millions à dépenser et selon de multiples rumeurs depuis plusieurs mois, il viserait le gardien Sergei Bobrovsky et l’ailier Artemi Panarin, des Blue Jackets de Columbus, sur le marché des joueurs autonomes.

«C’est notre été, lance-t-il. On a eu besoin de beaucoup d’engrais et de fertilisant, mais nous sommes sur une lancée.»

Après quatre choix dans le top 3, dont deux parmi les deux premiers (Ekblad et Barkov), après six coachs, deux participations en séries depuis dix ans, il serait temps, en effet.

Et s’il y a une année où les Panthers peuvent finalement permettre aux fans de rêver, c’est bien celle-là. À condition, évidemment, de mettre la main sur un gardien de premier plan.

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