En acceptant la généreuse offre de 25 millions pour cinq ans des Flyers de Philadelphie, Alain Vigneault a non seulement garni son compte en banque, mais il a aussi, surtout, choisi la meilleure organisation pour prospérer.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Un entraîneur de sa trempe, probablement courtisé par plus d’un club, recherche généralement trois critères importants: un gardien de qualité, un noyau de joueurs talentueux et dans la force de l’âge et un patron fort.

Parmi les six équipes à la recherche d’un nouveau coach, seuls les Flyers répondaient à ces trois critères.

Prenons d’abord les équipes canadiennes. Les Sénateurs d’Ottawa sont en pleine reconstruction. Les jeunes promettent, mais ils sont à quelques années de leur apogée. Le gardien Craig Anderson a 37 ans et vient de connaître une deuxième saison difficile, dans un contexte ardu il faut l’admettre. Filip Gustavsson est le gardien d’avenir, mais il en a arraché cet hiver. Le patron? Ne consacrons pas l’entière chronique au propriétaire Eugene Melnyk, qui accumule les sorties maladroites à l’endroit de ses joueurs et aussi des partisans.

Non seulement les hivers sont arides à Edmonton, mais les Oilers font du surplace depuis de nombreuses années, malgré la présence de Connor McDavid. Il n’y a aucune profondeur et l’attaque repose essentiellement sur les épaules de McDavid et Leon Draisaitl.

On a consacré un nouveau gardien numéro un cet hiver, Mikko Koskinen. Il aura 31 ans cet été. Koskinen a maintenu une moyenne de 2,93 et un faible taux d’arrêts de ,906. Le DG déchu Peter Chiarelli s’est pourtant empressé de lui offrir un contrat de trois ans à un salaire annuel de 4,5 millions avant son congédiement en janvier.

Les Oilers sont dirigés par un monstre à plusieurs têtes. Il y a le propriétaire Daryl Katz, celui qui ordonne à ses recruteurs de choisir Nail Yakupov avant Ryan Murray en 2012, le président Bob Nicholson, qui congédie des joueurs avant l’arrivée du nouveau DG, et le conseil des anciens formé de Wayne Gretzky, Kevin Lowe, Craig MacTavish et compagnie.

Les Kings de Los Angeles comptent un solide gardien, Jonathan Quick, mais il a été éprouvé par les blessures ces dernières années et l’hiver a été pénible pour lui. À 33 ans, peut-il rebondir comme Carey Price vient de le faire?

Los Angeles a un club vieillissant. Anze Kopitar aura 32 ans cet été. Le deuxième centre, Jeff Carter, en a 34, tout comme leur premier ailier Dustin Brown. Ilya Kovalchuk vient d’avoir 36 ans. Le jeune Adrian Kempe ne se développe pas comme on l’espérait. On mise beaucoup sur le premier choix de 2018, Rasmus Kupari, mais quand aura-t-il un impact?

Après Drew Doughty, la défense est pleine de trous. Les Kings auront le cinquième choix au total en juin et aussi le premier choix des Maple Leafs, mais à moins de dénicher un Barry Trotz, la relance s’annonce longue.

Les voisins des Kings, les Ducks d’Anaheim, ont un gardien solide, John Gibson. Et il a seulement 25 ans, bientôt 26. La défense regorge de talent avec Cam Fowler, Hampus Lindholm, Josh Manson et plusieurs jeunes dans l’ombre. On s’est même permis d’échanger Brandon Montour pour un choix de première ronde.

À l’attaque, cependant, les leaders vieillissent. Ryan Getzlaf, 34 ans le 10 mai, vient de connaître sa pire saison en carrière. Corey Perry, 34 ans lui aussi en mai, a raté une portion importante de l’année et il a obtenu seulement 10 points en 31 matchs. Ryan Kesler n’arrive plus à soutenir le rythme de la LNH.

Il a bien Rickard Rakell et Jakob Silfverberg, et aussi de jeunes prometteurs comme Sam Steel, Troy Terry, Maxime Comtois, Max Jones et Isac Lundestrom, mais il faudra du temps pour que la transition ne s’opère.

Bob Murray est un DG efficace, bien appuyé par une équipe de recruteurs de qualité, peut-être la meilleure de la Ligue, mais c’est un homme autoritaire et un contrôlant monstre. Pas toujours facile pour un entraîneur de voir son directeur général imposer sa vision au quotidien.

Reste les Sabres de Buffalo. Noyau très intéressant avec Jack Eichel, Sam Reinhart et le défenseur Rasmus Dahlin, quoique Eichel n’a pas encore prouvé qu’il était un leader de la trempe de Nathan MacKinnon ou au contraire un Phil Kessel.

Le DG Jason Botterill a réussi des coups intéressants depuis son arrivée il y a deux ans, mais les Sabres se cherchent encore un gardien numéro un. L’embauche de Carter Hutton l’été dernier n’a rien réglé.

Ukko-Pekka Luukonen, leur choix de deuxième ronde en 2017, semble promis à un brillant avenir. Il a été sensationnel au Championnat mondial junior, mais il a seulement 20 ans et très peu d’expérience au niveau professionnel. Le jeune homme a terminé la saison dans la Ligue américaine après un hiver dans les rangs juniors à Sudbury et il sera au camp des Sabres en septembre.

Les Sabres offrent probablement le meilleur plan B pour un entraîneur maintenant que Vigneault a accepté l’offre des Flyers.

PHOTO DERIK HAMILTON, ASSOCIATED PRESS

Carter Hart

Alain Vigneault, lui a son gardien d’avenir, Carter Hart. Ce choix de deuxième ronde des Flyers en 2016 a réussi son entrée chez les professionnels cet hiver avec une fiche de 16-13-1, une moyenne de 2,83 et un taux d’arrêts de ,917. Il a égalé un record de la LNH avec huit victoires consécutives pour un gardien de moins de 21 ans.

La défense des Flyers est jeune et talentueuse. En tête, Ivan Provorov, 22 ans, Travis Sanheim, 23 ans, Shayne Gostisbehere, 25 ans, et Robert Hagg, 24 ans.

Il y a un beau mélange de vétérans et de jeunesse à l’attaque avec Claude Giroux, Jakub Voracek, Sean Couturier, Travis Konecny, Nolan Patrick et James Van Riemsdyk.

Avec douze choix dans les deux premières rondes depuis quatre ans, les Flyers ont aussi une belle banque d’espoirs, dont le centre Morgan Frost, 19 ans, 109 points en seulement 58 matchs à Sault-Sainte-Marie.

Le nouveau patron, Chuck Fletcher, est un homme de hockey intelligent. Il n’a pas mené le Wild à la terre promise, mais il a construit une équipe compétitive là-bas. Il possède un bel héritage laissé par son prédécesseur Ron Hextall. Fletcher a aussi la réputation d’être un gentleman et un patron à l’écoute de ses employés.

Alain Vigneault doit avoir hâte de commencer…

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À LIRE  C’était jour de bilan hier chez le Rocket de Laval. Jean-François Tremblay y était. Le jeune défenseur Noah Juulsen se dit complètement rétabli de sa blessure à l’oeil, une excellente nouvelle pour l’organisation. Avec Cale Fleury, Juulsen est l’un des rares sérieux espoirs pour la LNH chez le Rocket, mais le sang neuf arrivera l’an prochain.