Les Red Wings de Detroit l'auront attendu longtemps, mais ils ont peut-être finalement trouvé leur gardien d'avenir.

Mathias Brunet LA PRESSE

Jimmy Howard, 26 ans, a été nommé finaliste pour le trophée Calder remis à la recrue par excellence, hier, en compagnie du défenseur des Sabres de Buffalo Tyler Myers et du centre de l'Avalanche du Colorado, Matt Duchene.

Cette nomination n'est guère étonnante puisque ce choix de deuxième ronde des Red Wings en 2003 a été brillant en saison régulière, avec une fiche de 37-15-10, une moyenne de buts accordés de 2,26 et un taux d'efficacité de ,924, au point de confiner au banc le vétéran Chris Osgood.

Il y avait évidemment des points d'interrogation à l'aube des séries, puisque le jeune homme en était à une première expérience en éliminatoires. L'évaluation n'est pas terminée dans son cas puisque nous sommes en première ronde seulement et que c'est l'égalité 2-2 dans la série entre les Wings et les Coyotes de Phoenix.

Mais Howard a prouvé mardi qu'il avait du caractère. Après avoir accordé quatre buts dans le troisième match, un onzième en trois rencontres, il a répondu avec un blanchissage pour permettre aux Red Wings de provoquer l'égalité. Le reste du scénario est à écrire.

N'empêche que la direction de l'équipe est ravie de l'éclosion de son gardien jusqu'à maintenant. Il y a eu des doutes. De gros doutes. Le gardien américain ne semblait pas débloquer après trois ans dans la NCAA et quatre ans dans la Ligue américaine.

Les Red Wings, qui n'ont pas l'habitude de repêcher des gardiens en première ronde, en ont même sélectionné un, Thomas McCollum, au 30e rang de la ronde préliminaire en 2008.

Dans une entrevue publiée hier dans le quotidien National Post, un des membres de la direction des Red Wings, Jim Devellano, a admis avoir eu ses doutes lui aussi. «Je me suis demandé s'il pourrait éventuellement jouer dans la LNH. On veut donner à nos espoirs le maximum de temps pour se développer, parce que de toute évidence, quand on repêche un joueur, c'est qu'on voit quelque chose en lui. Et on ne veut pas brusquer leur développement. Mais j'avoue que Howard a pris le maximum de temps. Après quatre ans, nous sommes généralement en mesure de savoir si un jeune pourra jouer dans la Ligue nationale. Nous ne le savions pas encore dans son cas.»

Malgré tout, Howard a devancé les plans des Red Wings puisqu'on ne prévoyait pas laisser Osgood, finaliste de la Coupe Stanley l'an dernier, poireauter sur le banc cette saison. «C'est vraiment (l'entraîneur) Mike Babcock qui a décidé de lui faire confiance cette année et de voir jusqu'où il pourrait mener cette équipe, dit Devellano. S'il avait failli, ça n'aurait pas été joli, mais nous l'aurions su.»

Howard n'est pas le premier gardien à s'imposer tardivement dans la LNH. Ryan Miller a passé trois saisons à Michigan State puis trois années dans la Ligue américaine avant de devenir le gardien qu'il est aujourd'hui. Craig Anderson a obtenu le poste de gardien numéro un pour la première fois cette année au Colorado, à 28 ans. Plusieurs bons gardiens européens sont parvenus à la LNH sur le tard: Niklas Backstrom, Pekka Rinne. Ilya Bryzgalov est devenu dominant récemment.

Les Red Wings auraient pu acquérir un gardien l'été dernier. Ou encore à la date limite des échanges. Mais comme il l'a fait avec Chris Osgood, le DG Ken Holland a décidé d'être fidèle à un gardien de son organisation. Le pari est payant jusqu'à maintenant, comme il a été payant avec Osgood, qui n'était pourtant pas un choix populaire.

Detroit ne fait décidément pas les choses comme les autres. Et ils ont aussi été très patients avec les défenseurs Jonathan Ericsson et Niklas Kronwall, qui ont passé plusieurs années dans la Ligue américaine avant d'obtenir leur chance à Detroit. Howard disputera le match le plus important de sa jeune carrière ce soir à Phoenix.