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Les deux patins sur terre

Matt D'Agostini... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Matt D'Agostini

Photo: André Pichette, La Presse

La tentation est grande, n'est-ce pas? On voit un jeune du CH se mettre à jouer comme un dieu, on voit le jeune réussir des buts poétiques comme celui de l'autre soir contre les Flames de Calgary, et puis voilà, c'est trop pour nous. On s'énerve. On s'emporte. On se met à rêver et à se poser des questions un peu folles. Et si ce gars-là était un joueur de 40 buts? Et s'il était notre prochain attaquant-vedette? Et s'il était notre prochain Maurice Richard?

Bon, OK, j'exagère un brin. Je n'ai entendu personne comparer Matt D'Agostini au mythique Rocket (pas encore, en tout cas). Mais j'ai tout de même lu sur le net des commentaires assez dithyrambiques merci sur le jeune homme au maillot numéro 36, celui qui vient de marquer quatre buts en cinq matchs.

En gros, disons qu'on parle déjà de lui comme d'une future vedette, comme d'un gars qui peut déjà préparer son discours d'intronisation au Temple de la renommée. Rien que ça.

Guy Carbonneau, qui en a vu bien d'autres, nous a d'ailleurs gentiment suggéré de nous calmer le pompon, hier midi, après l'entraînement du Canadien. «Matt profite de sa chance, il faut qu'il continue... Il joue bien, mais on va voir combien de temps ça va durer», a dit le coach.

Ce qui veut dire à peu près ceci, si j'ai bien compris: respirons tous par le nez.

Une bonne idée, mais à Montréal, c'est plus facile à dire qu'à faire. Que voulez-vous, on est comme ça. Je ne reviendrai pas sur la folie Carey Price d'il y a un an, quand à peu près tout le monde aurait été prêt à payer de sa poche pour lui faire couler une statue à l'entrée du Centre Bell. On se souvient très bien comment la saison s'était terminée, par ailleurs: avec un Price à bout de souffle qui s'était fait supplanter par Martin Biron. Oups...

En septembre 2006, c'était la même folie, mais avec un joueur différent, Guillaume Latendresse. Le gars avait marqué une couple de buts en calendrier préparatoire et déjà, on poussait des «Gui! Gui! Gui!» au Centre Bell. Estomaqué, un dirigeant d'une autre équipe de la LNH m'avait alors passé la remarque suivante: «Les nerfs avec Latendresse, c'est pas Guy Lafleur!» En effet.

Là, c'est au tour de D'Agostini. La bonne nouvelle, c'est que le gars me semble du genre à garder les deux patins sur terre. En tout cas, c'est l'impression qu'il m'a laissée au terme de notre entretien, hier midi, dans le nouveau palais du CH à Brossard.

«Des fois, tout ça est un peu étrange parce que tout se passe très vite, m'a-t-il confié à propos de son nouveau statut. La réaction que je reçois, c'est du nouveau pour moi. Les fans d'ici ont tellement leur équipe à coeur. C'est très spécial de jouer ici. Juste le fait d'enfiler ce chandail ou de voir Jean Béliveau se promener dans notre vestiaire...»

Matt D'Agostini a bien connu les joies du hockey dans la Ligue américaine. Il a connu les longs voyages vers des destinations aussi exotiques que Des Moines, Albany ou Syracuse. Il a connu les virées en bus et les sacs de McDo sur les genoux en guise de souper.

Vous aurez compris qu'il ne s'ennuie pas vraiment de ce monde-là.

«Je savais que j'allais avoir à travailler pour arriver ici. La Ligue américaine? Non, je ne veux pas y retourner. On est vraiment bien traités à Montréal, c'est une organisation de première classe. C'est ici que je veux être, et je ne veux pas partir. Mais ce que je viens de faire ne voudra rien dire si je ne continue pas à bien jouer comme ça.»

Voilà. Me semble que c'est clair. Matt D'Agostini évite de s'emballer malgré son départ canon. Et si on évitait de s'emballer nous aussi?

 




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