En attendant le résultat de ses prochains tests, le cycliste québécois ne s’inquiète pas et garde le cap sur le Tour d’Italie (3 au 25 octobre), où son coéquipier Jakob Fuglsang devrait figurer parmi les grands favoris.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Hugo Houle tenait la forme de sa vie quand le résultat du test est tombé la semaine dernière : positif à la COVID-19.

Le cycliste de 29 ans a demandé au médecin de l’équipe Astana s’il en était bien certain. Après avoir passé avec succès les deux examens obligatoires avant sa participation au Tour de Pologne, conclu quelques jours plus tôt, il ne ressentait aucun symptôme de la maladie que son corps était apparemment en train de combattre.

Quatre jours plus tard, Houle ne comprend toujours pas comment il a pu contracter le nouveau coronavirus, lui qui applique scrupuleusement les gestes barrières, porte le masque quand il n’est pas derrière le guidon et se lave les mains « 80 fois par jour ».

« C’est sûrement arrivé dans les transports ou à l’hôtel », a-t-il dit lundi depuis son appartement de Monaco, où il s’est (re)confiné. « Au buffet, on n’est pas à l’abri qu’un cuisiner l’ait et ne le sente pas comme moi. Une fourchette, un couteau, tu mets ta bouche dessus, je ne sais pas. »

Personne dans son entourage n’a eu la COVID-19. Sa copine, qui était en vacances au Québec, a retardé son retour d’une semaine. L’athlète de Sainte-Perpétue est le seul membre d’Astana à avoir eu un résultat positif. L’Espagnol Ion Izagirre, son compagnon de chambre en Pologne, a subi deux tests négatifs depuis. Idem pour le Danois Jakob Fuglsang, deuxième de l’épreuve, que Houle a côtoyé de près ces dernières semaines.

Le Québécois devait d’ailleurs accompagner son chef de file au Tour de Lombardie, samedi, d’où l’obligation de se soumettre à un test de dépistage six jours et trois jours avant le départ, comme tous les coureurs et membres du personnel.

Depuis la reprise des courses en Europe, au début de juillet, très peu de cas ont été enregistrés. Omer Goldstein, de l’équipe Israel Start-Up Nation, a été déclaré positif à la COVID-19 en amont du Tour de Burgos, en Espagne.

Quatre jours après son diagnostic, Houle ne ressent toujours aucun symptôme.

Si je n’étais pas cycliste professionnel et que je ne devais pas courir en fin de semaine, je n’aurais pas passé de test, et ni vu ni connu. J’aurais juste continué ma vie normalement. Je ne suis pas plus fatigué. Je n’ai pas de fièvre, pas de toux, pas mal aux poumons ou aux hanches, pas de perte d’appétit.

Hugo Houle

Dans les circonstances, il ne s’inquiète pas de potentielles séquelles de la maladie.

« Jusqu’à présent, pas de stress, a poursuivi celui qui a été sélectionné pour les Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain. Si tu me dis que c’est ça, avoir la COVID, ce n’est pas grand-chose. On verra comment ça évolue. Je ne fais pas la fête tout de suite. Je me donne au moins deux semaines pour être sûr et certain. Ce n’est pas clair, personne ne sait vraiment ce que ça fait. »

Houle attend avec impatience de pouvoir passer un nouveau test de dépistage, mardi midi, dans un laboratoire français. Il doit en subir un autre vendredi. Deux résultats négatifs lui permettraient de reprendre ses activités normales et la compétition mardi prochain à la Bretagne Classic Ouest-France, suivie du Tour Poitou-Charentes (27 au 30 août). Il se soumettra par la suite à un contrôle sanguin pour confirmer la présence d’anticorps contre le nouveau coronavirus et à une reprise des examens cardiorespiratoires de début de saison.

Après trois jours de repos complet, il a renoué avec le simulateur de course. « Ce n’est pas une catastrophe en soi. J’ai le temps de rebâtir la forme. Si le prochain test est négatif, je m’attends à pouvoir rouler dehors jeudi. »

Sur son canapé

Houle a suivi de son canapé monégasque la brillante victoire de son ami Fuglsang en Lombardie. « Je suis content pour lui, je savais qu’il l’avait en tête depuis un bon moment. C’était beau à voir avec [Aleksandr] Vlasov qui finit troisième. Il faut être en forme pour réussir une performance comme ça. Ça prend aussi de la chance. Ce sont des journées mémorables qu’il faut savoir apprécier. C’est évident que j’aurais aimé être là, mais je ne suis pas en train de m’apitoyer sur mon sort. »

Si tout se déroule comme prévu, Houle retrouvera ses deux coéquipiers le mois prochain pour Tirreno-Adriatico, principale course préparatoire en vue du Giro, programmée au début d’octobre.

Après un premier Tour de France l’an dernier, il aimait mieux retourner au Tour d’Italie après deux expériences en 2015 et en 2016.

« Je suis plus proche de Fuglsang que de [Miguel Angel] Lopez [meneur annoncé d’Astana pour le Tour de France]. Je préfère de beaucoup ce groupe-là. On aura une très grosse équipe pour le Giro et on peut y faire de belles choses. »

PHOTO MARCO BERTORELLO, AGENCE FRANCE-PRESSE

Remco Evenepoel

Evenepoel rapatrié

Deux jours après sa chute terrible au Tour de Lombardie, Remco Evenepoel a été rapatrié dans un hôpital belge lundi. Victime d’une fracture du bassin, le jeune prodige de 20 ans — quatre victoires en quatre courses par étapes en 2020 — a diffusé des propos encourageants dans une vidéo publiée par son équipe Deceuninck-Quick Step, promettant « de revenir plus fort que jamais » l’an prochain. Une opération pourrait être évitée, mais le Belge devra observer une période de repos de six semaines en position allongée. Dans une descente, le Belge a basculé par-dessus un parapet de ciment, s’échouant dans un ravin d’une dizaine de mètres.