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Le cycliste Jan Ullrich avoue pour la première fois s'être dopé

«Je n'ai rien pris que les autres n'ont... (Photo : archives AP)

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«Je n'ai rien pris que les autres n'ont pas pris aussi», a déclaré le cycliste Jan Ullrich, photographié en 2005.

Photo : archives AP

Stéphane GHAZARIAN, Laurent GESLIN
Agence France-Presse

Après des années de dénégations, Jan Ullrich, seul vainqueur allemand du Tour de France, a reconnu pour la première fois avoir eu recours au dopage avec l'aide du médecin espagnol Eufemiano Fuentes, au centre d'un vaste réseau de dopage, dans une entrevue à paraître lundi au magazine Focus.

«Oui, j'ai eu recours aux traitements de Fuentes», a déclaré le retraité de 39 ans à l'hebdomadaire; aveux qui interviennent cinq mois après ceux de l'Américain Lance Armstrong.

Le Texan de 41 ans avait reconnu mi-janvier à la télévision américaine s'être dopé durant sa carrière après avoir été radié à vie et déchu de ses 7 victoires au Tour de France (1999-2005).

Vainqueur du Tour en 1997, Ullrich, lui-même convaincu de dopage par le Tribunal arbitral du sport (TAS) en février dernier et dont les résultats depuis 2005 avaient été annulés, explique avoir voulu se mettre au même niveau que les autres puisque «presque tout le monde prenait à l'époque des substances dopantes».

«Je n'ai rien pris que les autres n'ont pas pris aussi. Selon moi, il y a escroquerie à partir du moment où je me procure un avantage. Il ne s'agissait pas de cela. Je voulais favoriser l'égalité des chances», affirme-t-il, tout en maintenant que le talent, la performance, l'esprit d'équipe et la volonté de gagner restent les facteurs qui décident de la victoire.

«Je ne suis pas mieux qu'Armstrong»

À propos de son recours au dopage, Ullrich estime avoir été son propre ennemi: «C'est envers moi-même que j'ai causé le plus de dommages, en ce qui concerne mon image auprès du public et les possibles conséquences pour ma santé, dont je reste épargné».

Selon le journal, Ullrich souhaite dorénavant balayer le passé pour «aller de l'avant et ne plus jamais revenir en arrière».

«Je ne suis pas mieux qu'Armstrong mais je ne suis pas pire. Nous sommes tous coupables», ajoute-t-il, considérant que «les grands héros d'hier sont aujourd'hui des hommes qui portent des fractures qu'ils doivent assumer».

Ces aveux tardifs ont été accueillis avec sévérité en Allemagne. «C'est trop tard. Il aurait pu aider le cyclisme s'il s'était exprimé plus tôt et mis cartes sur table», a déclaré le président de la Fédération nationale de cyclisme Rudolf Scharping à l'agence allemande SID.

«C'est un nouveau record d'Europe du mensonge. Il avait en 2006 ou 2007 écrit dans quatre langues qu'il ne connaissait pas M. Fuentes», a ironisé Werner Franke, expert allemand du dopage, qui avait dénoncé les systèmes en vogue dans le sport et en particulier dans le cyclisme.

Retraité depuis 2007, Ullrich avait résisté jusque-là à une forte pression dans une Allemagne qui avait pris ses distances avec le cyclisme et le Tour de France, notamment après le grand déballage en 2007 sur les pratiques de la formation Telekom dans les années 1990, dont il était le leader.

Déballage Telekom

L'Allemand avait nié en bloc tout recours au dopage lorsque d'anciens coéquipiers, dont Erik Zabel et Bjarne Riis (vainqueur du Tour 1996), reconnaissaient le recours aux produits dopants.

Ces aveux avaient poussé deux médecins de l'équipe allemande à avouer à leur tour avoir «mis à disposition des substances dopantes et en particulier de l'EPO».

Fin 2008, Ullrich avait nié sous serment devant la Cour d'appel de Düsseldorf, avoir eu recours au dopage, mais seulement dans la période sur laquelle on l'interrogeait (premier trimestre 2003), dans le cadre d'un litige l'opposant à un ancien employeur qui, convaincu de son dopage, refusait de lui payer des arriérés de salaire.

En dépit de forts soupçons, il n'avait pas brisé la loi du silence même après les aveux d'Armstrong. «Je ne vais certainement pas faire comme Armstrong et parler devant des millions de personnes même si beaucoup de gens me demandent régulièrement de le faire», avait-il dit, déjà au magazine Focus, «fier de (s)es deuxièmes places».

La semaine dernière encore, Ullrich s'était exprimé sur le dopage mais à travers le cas Armstrong, assurant n'avoir pas été surpris de la chute de son ancien rival «car il s'était fait trop d'ennemis».

«Trop peu et trop tard», pour Thomas Bach

«C'est trop peu et trop tard», a réagi Thomas Bach, le président du Comité olympique allemand (DOSB) et candidat à la présidence du CIO, samedi, après les aveux de dopage de l'ancien champion Jan Ullrich.

«Pour une confession vraiment crédible, Jan Ullrich aurait dû s'exprimer quelques années plus tôt, a estimé Thomas Bach. Il a manqué cette opportunité et, à mon avis, il joue encore avec la rhétorique. Cela n'aide ni lui ni le cyclisme».

«Il a confirmé ce qui était prouvé depuis longtemps», a estimé l'ancien cycliste allemand Rolf Aldag, qui avait contribué à la victoire de son leader chez Telekom lors de la victoire au Tour de France 1997.

«Mais c'est la bonne décision même si au final cela ne change rien car nous avons tous été coupables», a ajouté Aldag, 44 ans, actuel manager sportif au sein de la formation Omega Pharma de son compatriote Tony Martin, double champion du monde en titre du contre-la-montre.

Aldag, 44 ans, a fait partie des cinq coureurs, dont Erik Zabel, a avoir reconnu s'être dopé, lors du grand déballage en 2007 sur les pratiques de la formation Telekom dans les années 1990.

Fédération française de cyclisme: «On doit aller au bout»

Le président de la Fédération française de cyclisme (FFC) David Lappartient a espéré samedi que l'aveu de dopage de Jan Ullrich permettrait «d'aller au bout et de purger l'ensemble de cette période» noire du cyclisme.

«Ce n'est une surprise pour personne, il était temps qu'il avoue. On doit aller au bout et purger l'ensemble de cette période. C'est bien qu'Ullrich avoue, j'espère que d'autres le feront avec lui. C'est une période que nous ne souhaitons plus voir dans le cyclisme», a déclaré le président de la FFC en marge des Championnats de France à Lannilis (ouest).

«Cette période de 1995-2005 est à jeter aux orties, on ne peut accorder aucune crédibilité aux résultats sportifs de cette époque. Celles et ceux qui ont été les acteurs de cette période doivent reconnaître leurs torts. C'est le cas de Jan Ullrich et c'est une bonne chose», a-t-il poursuivi.

«Ce qui m'intéresse, c'est comment on gère l'avenir et comment on fait pour que des faits de cette nature ne se reproduise plus et qu'on puisse garantir une véritable crédibilité à notre sport», a ajouté M. Lappartient, également président de l'Union européenne de cyclisme.

«Il faudra purger définitivement ce passé et se tourner vers l'avenir. Le cyclisme va mieux pour autant ne soyons pas dupes, il y a encore des tricheurs dans le peloton, mais de manière moins nombreuse qu'auparavant. L'ensemble des acteurs de la lute antidopage doivent concentrer leurs efforts pour que la crédibilité des résultats ne soit plus affectée», a conclu le dirigeant.

L'Agence antidopage allemande aimerait «une confession complète»

L'Agence antidopage allemande va contacter Jan Ullrich pour obtenir une «confession complète», a indiqué la Nada dans un communiqué samedi.

«Pour un sport plus propre, il est important non seulement qu'il admette son infraction mais aussi qu'il mentionne des noms d'autres personnes impliquées», écrit dans son communiqué la Nada qui «tentera de contacter Ullrich pour découvrir plus d'indices».

«Pour la Nada, il est important que, au-delà de l'entrevue, il réponde aux questions de l'agence nationale antidopage pour partager ses connaissances», poursuit le communiqué. Une confession complète pourrait apporter de nouvelles informations pouvant être ensuite intégrées dans le travail de la Nada».




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