L'Allemand Sebastian Vettel, meilleur temps des deux séances d'essais libres de vendredi pour le Grand Prix d'Inde, et son coéquipier chez Red Bull, l'Australien Mark Webber, effraient de plus en plus leurs rivaux en Formule 1, dans la foulée de trois victoires consécutives.

Daniel Ortelli AGENCE FRANCE-PRESSE

Double champion du monde en titre, Vettel a bouclé son meilleur tour l'après-midi en 1:27, 221, soit quatre dixièmes de mieux que le matin, sur une piste du circuit de Buddh, près de New Delhi, ayant gagné en adhérence au fur et à mesure des passages des 24 monoplaces.

Leader du Championnat grâce à trois victoires d'affilée (Singapour, Japon, Corée), le jeune Allemand va devoir se méfier du vieux briscard australien, qu'il n'a devancé que d'un dixième dans la deuxième séance et qui a permis à Red Bull de signer, en Corée, le premier doublé d'une écurie en 2012.

Webber a clairement indiqué jeudi qu'il n'était pas prêt à laisser passer Vettel dimanche, en vertu d'hypothétiques consignes de course, car il vise encore, mathématiquement, le titre mondial, même s'il pointe à 63 points du jeune Allemand. Et c'est bien pour préserver ses chances de titre qu'il a rempilé pour une saison avec Red Bull, en juillet, après avoir gagné à Silverstone.

Troisième de cette séance, à six dixièmes de Vettel, l'Espagnol Fernando Alonso (Ferrari), deuxième du Championnat à six points de Vettel, a entretenu l'espoir d'un petit miracle dimanche face aux monoplaces bleu foncé de l'ingénieur Adrian Newey. Car les rois de la boisson énergétique ont dépensé sans compter ces dernières semaines pour remettre Red Bull sur les rails de la victoire, et ça a payé.

Ferrari croit encore au titre

«Nous avons encore une chance pour le titre et c'est ce type d'esprit que je veux continuer à sentir dans l'équipe», a dit Stefano Domenicali, le directeur de la Scuderia Ferrari, après les deux séances. Puis il est allé s'enfermer avec ses ingénieurs pour analyser les données accumulées tout au long des 105 tours bouclés en une journée par ses deux pilotes (Alonso 58, Massa 47).

Du côté de Mercedes, Nico Rosberg a réussi un quatrième chrono encourageant dans la deuxième séance, devant la Lotus du Finlandais Kimi Räikkönen. Quant aux deux pilotes McLaren, les Britanniques Lewis Hamilton et Jenson Button, ils se sont contentés des 6e et 7e chronos, en préparant soigneusement les qualifications de samedi et la course de dimanche.

Chez Sauber, le Mexicain Sergio Pérez, moins grippé, a retrouvé le baquet confié vendredi matin à son compatriote Esteban Gutierrez, pilote de réserve de l'écurie suisse. «Checo» a fait le 12e temps, derrière la Force India de l'Écossais Paul di Resta. Avec aussi le 8e temps pour l'Allemand Nico Hülkenberg, l'écurie indienne a rassuré ses fans.

Pendant les deux séances, les Ferrari ont arboré sur leur carrosserie un drapeau de la marine italienne, en hommage à deux marins bloqués en Inde depuis février, en liberté conditionnelle. Les deux marins sont accusés d'avoir tué, au large de l'État de Kerala, deux pêcheurs qu'ils avaient pris pour des pirates.

Le président de Formula One Management (FOM), Bernie Ecclestone, interrogé dans le paddock du circuit, n'a pas souhaité prendre position sur ce sujet sensible qui a créé un incident diplomatique entre l'Inde et l'Italie. Domenicali non plus, en conférence de presse FIA.