Sebastian Vettel, sur la lancée de sa deuxième couronne d'affilée acquise à Suzuka, a remporté dimanche à Yeongam le Grand Prix de Corée du Sud de Formule 1, sa 10e victoire en 2011, qui, ajoutée à la 3e place de Mark Webber, permet à Red Bull d'être sacré champion dans la catégorie constructeurs.

Joris Fioriti AGENCE FRANCE-PRESSE

L'Allemand, presque boudeur au Japon, malgré son sacre, rayonnait davantage après son succès à Yeongam. Ses hurlements par radio contrastaient avec ses commentaires polis déclamés dimanche dernier. Une bizarrerie comportementale difficile à comprendre, qu'il a néanmoins expliquée.

«Je suis heureux de voir comment la course s'est déroulée. On a vraiment tiré le meilleur de la voiture», s'est félicité le champion.

Et de revenir sur sa course passée: «Vous savez, la semaine passée, j'ai vécu une journée très spéciale. Cela m'a pris du temps pour vraiment me faire à ce titre. Et puis j'avais fini 3e, en ayant le sentiment que c'était vraiment serré et que nous aurions pu faire mieux.»

Or rien ne peut davantage contrarier l'exigeant champion, qui à longueur de saison a martelé «vouloir faire son maximum» à chaque épreuve.

Le destin l'a cette fois-ci entendu. Red Bull avait, pour la première fois de la saison, manqué la première place samedi? Vettel, qualifié 2e, a attendu trois virages avant de dépasser Lewis Hamilton, l'auteur de ce crime de lèse-majesté.

L'Allemand a ensuite appliqué sa stratégie habituelle: rouler à fond afin de creuser un écart sur la concurrence et, à l'aide de cette marge de sécurité, contrôler la meute jusqu'au drapeau à damier.

«Cela a été une course parfaite, du début jusqu'à la fin. En plus, c'est une jour exceptionnel pour l'équipe, qui assure le titre des constructeurs. Et dix (comme le nombre de ces victoires en 2011) est un bon chiffre... Donc oui, c'était une belle journée», s'est-il réjoui.

«Impossible»

Red Bull compte ainsi 558 points au général, contre 418 pour McLaren. Soit 140 longueurs d'avance sur l'écurie de Woking (près de Londres), quand 129 unités restent à attribuer lors des trois courses restantes.

La structure basée à Milton Keynes, près de Silverstone, conserve sa couronne des constructeurs acquise en 2010, quand Vettel avait déjà été sacré chez les pilotes. «Gagner d'une année sur l'autre est exceptionnel», a sobrement commenté l'Allemand.

À ses côtés en conférence de presse d'après-course, Hamilton a semblé faire grise mine. McLaren, après avoir dominé en course au Japon puis en qualifications en Corée du Sud, pouvait légitimement penser avoir dépassé Red Bull en terme de performance pure. Il n'en est assurément rien.

«Il m'était impossible de rattraper Sebastian et de le dépasser», a constaté le Britannique. D'où son vague à l'âme?

«Non, je me sens bien, a corrigé Hamilton. Je ne sais pas ce que vous cherchez à me faire dire. Je ne suis pas extatique, bien sûr. Je n'ai pas gagné. J'ai fini deuxième. C'est un bon résultat, par comparaison avec ceux de mes dernières cinq ou six courses. Mais il n'y a rien à fêter.»

Jenson Button, sur l'autre McLaren, a terminé 4e. Le Britannique précède l'Espagnol Fernando Alonso (5e), longtemps gêné par son coéquipier chez Ferrari, le Brésilien Felipe Massa (6e).

L'Espagnol Jaime Alguersuari, au volant d'une surprenante Toro Rosso, a fini 7e, se permettant même de dépasser l'Allemand Nico Rosberg (Mercedes, 8e), en fin de course. Le Suisse Sébastien Buemi est 9e sur l'autre Toro Rosso, devant le Britannique Paul di Resta (Force India), 10e.