Un miracle s'est produit samedi à Yeongam, Red Bull ratant pour la première fois de la saison la première place, que Lewis Hamilton (McLaren) s'est appropriée avec autorité, devant Sebastian Vettel, ce qui annonce un Grand Prix de Corée du Sud de Formule 1 passionnant dimanche.

Joris Fioriti AGENCE FRANCE-PRESSE

Il faut remonter au Brésil l'an passé pour trouver trace d'un autre pilote que Vettel ou Mark Webber en tête. Depuis lors, l'écurie de Milton Keynes (Grande-Bretagne) a tout balayé sur son passage. En comptant le GP d'Abou Dhabi 2010, l'Allemand a été treize fois le plus rapide samedi, pour dix succès.

L'Australien, lui, a dominé trois fois les qualifications dans le même laps de temps. Mais il n'a jamais réussi à concrétiser en course les promesses affichées la veille. Et s'est fait consciencieusement écraser par son coéquipier, sacré à Suzuka double champion du monde de Formule 1.

Il flottait donc un petit air de revanche sur Yeongam après un an de piétinement d'autrui par Red Bull. Surtout qu'autrui, notamment Lewis Hamilton, l'auteur de la pole, sort de quelques mois difficiles, marqués par erreur, accidents, polémiques et pénalités à répétition.

«Je suis heureux, très heureux», s'est réjoui Hamilton, qui n'avait plus été à tel honneur un samedi depuis le GP du Canada 2010... soit il y a 27 épreuves. L'équivalent d'une vie passée à ronger son frein pour un pilote aussi ambitieux et bouillant en piste que le champion 2008.

«Je suis très fier de ce que l'écurie a été capable d'atteindre ces dernières courses, le fait que Jenson (Button, son coéquipier) ait pu gagner le GP du Japon ou que nous soyons à nouveau qualifiés aux deux premiers rangs sur la grille et les seuls capables de nous battre avec Red Bull», a-t-il poursuivi.

«Super position»

De fait, une nouvelle tendance semble se dessiner sur cette fin de saison, celle d'une écurie Red Bull sur le reculoir, après une hégémonie sans discussion jusqu'alors, et une équipe McLaren à l'attaque, conquérante, presque dominante... mais un peu tard.

«En tant que structure et au niveau de la voiture, nous sommes en ce moment dans une super position, a reconnu Button, 3e, qui s'élancera dimanche aux côtés de Mark Webber, 4e. C'est une super manière de terminer la saison. Mais il est décevant de n'avoir eu ce niveau de performance plus tôt dans la saison.»

Red Bull ne fait pas pour autant grise mine. Passer toute l'année en première place «n'a jamais été notre cible, même si cela aurait été bien. Mais l'important, c'est dimanche», claironne Vettel, pour une course qui s'annonce «longue» en raison d'une importante usure des pneus.

L'ambiance était par contre moins à la joie chez Ferrari, qui, course après course, se retrouve plus distancé des deux écuries de tête. La tension est même à son apogée pour Fernando Alonso, qui pour la deuxième session qualificative consécutive, est moins rapide que son coéquipier Felipe Massa.

Sixième, juste derrière le Brésilien, 5e, l'Espagnol a d'ailleurs laissé éclater son courroux en conférence de presse, critiquant vertement «des journalistes se prenant pour des ingénieurs» alors que certains lui demandaient si les nouvelles pièces introduites sur sa voiture fonctionnaient.

L'Allemand Nico Rosberg (Mercedes, 7e) et le Russe Vitaly Petrov, 8e sur une Lotus Renault en regain de forme, se partagent la 4e ligne, et les Force India du Britannique Paul di Resta et de l'Allemand Adrian Sutil la 5e.