Ferrari, auteur d'un mauvais début de saison en 2009 et en 2010, semble repartir dans ses travers en 2011, après les résultats insuffisants de Fernando Alonso (4e) et Felipe Massa (7e) au Grand Prix d'Australie de Formule 1, dimanche à Melbourne.

Mis à jour le 28 mars 2011
Joris Fioriti AGENCE FRANCE-PRESSE

La Scuderia, après le titre perdu par Massa sur le fil en 2008, était partie sonnée en 2009. Très loin du compte toute l'année, les rouges avaient particulièrement pâti d'avoir raté le coche sur le double diffuseur, cet élément aérodynamique visible à l'arrière des monoplaces, procurant davantage d'appuis et donc de vitesse.

Contrairement à Brawn GP (devenue Mercedes), Williams et feu-Toyota, Ferrari, comme McLaren ou encore Renault, n'avait pas exploité un vide réglementaire. L'écurie italienne avait mis toute la saison à s'en remettre, ne récoltant qu'une seule victoire (Kimi Räikkönen en Belgique).

2010 avait mieux débuté. Le doublé Alonso-Massa de la course d'ouverture bahreïnie n'avait toutefois pas masqué d'énormes carences. Moins rapide que la Red Bull, indiscutablement la meilleure monoplace du plateau, Ferrari avait également dû copier le F-duct, système aérodynamique inventé par McLaren, améliorant notablement la performance.

La Rossa s'était toutefois reprise, à force d'améliorations continues. Sans égaler le niveau de la Red Bull, elle avait réussi à porter Fernando Alonso (cinq succès) à l'aurée de sa troisième couronne, après celles de 2005 et 2006.

Mais le "prince des Asturies", qui se présentait en leader du classement à la dernière manche d'Abou Dhabi, avait abandonné le titre à Sebastian Vettel (Red Bull) sur une énorme erreur de stratégie. Ferrari, contrit, avait promis qu'on ne l'y reprendrait plus.

Réagir

Le scénario cauchemardesque semble pourtant se répéter cette année. La Scuderia, partie tambour battant aux essais hivernaux, où elle paraissait presque faire jeu égal avec Red Bull, s'est effondrée en Australie.

L'écurie austro-britannique, sans utiliser le SREC, cet autre système transformant l'énergie des freinages en chevaux supplémentaires à l'accélération, qui permet de gagner 3 à 5/10e par tour, selon Vettel, a ridiculisé Ferrari à Melbourne.

Alonso a échoué à 1,4 sec du champion en qualifications samedi. Une claque. Mark Webber, sur l'autre Red Bull, l'a également devancé. Mais plus grave, les deux McLaren, pourtant très inférieures jusqu'alors, ont spectaculairement dépassé la Scuderia. L'Espagnol est parti cinquième sur la grille.

Le pire restait à venir en course. Alonso, à la faveur d'un mauvais départ, a peiné pour remonter à la quatrième place finale, à ... 31 secondes de l'Allemand. Massa, septième, s'est montré complètement hors du coup, sa monoplace affichant même un niveau inquiétant face à la McLaren de Jenson Button.

«Vettel a semblé être sur une autre planète», a déploré l'Espagnol, courroucé, se félicitant malgré tout que «les autres aient paru plus proches» qu'en qualifications.

«Nous sommes dans la moyenne de ce que nous devons réaliser pour remporter le titre, a-t-il poursuivi. Mais nous ne pouvons certainement pas terminer toujours troisième ou quatrième. Nous devons nous améliorer, nous le savons.»

Un jugement partagé par son directeur d'équipe, Stefano Domenicali. «On quitte l'Australie déçu, il est inutile de le nier», a convenu l'Italien, appelant Ferrari à réagir «immédiatement».