Sebastian Vettel (Toro Rosso) est devenu dimanche au Grand Prix d'Italie à Monza le plus jeune vainqueur de l'histoire de la Formule 1: à 21 ans c'est un espoir précoce que toute l'Allemagne attend déjà comme le successeur d'un certain Michael Schumacher.  

Marc-Antoine Baudoux AGENCE FRANCE-PRESSE

Insouciant, facétieux, le premier à plaisanter lors des strictes conférences de presse de la FIA, Vettel apporte incontestablement un vent de fraîcheur au monde de la F1. Apprécié par tout le paddock, son succès dimanche a déclenché de larges sourires et des cascades de félicitations.

Son destin est en fait intimement lié à la course automobile: Vettel est né le 3 juillet 1987 à Heppenheim, à quelques encablures seulement du mythique circuit de Hockenheim. Il commence le karting à l'âge de huit ans et se prend tout de suite au jeu. En 2003, à 16 ans, il se lance en Formule BMW Allemagne.

Troisième pour sa première saison, il affole les compteurs l'année suivante en remportant 18 des 20 courses auxquelles il participe, montant sur le podium d'absolument toutes les manches !

Il passe à l'échelon supérieur en 2005, en Formule 3 Euroseries et effectue un premier test en Formule 1 alors qu'il n'a que 18 ans. Il devient l'année suivante le troisième pilote de BMW Sauber et fait très forte impression en devenant le plus jeune pilote à se montrer le plus rapide d'une séance d'essais libres, déjà à Monza.

Records

 

En 2007 il fait ses débuts en course à Indianapolis en remplacement de Robert Kubica, blessé dans son accident de Montréal. Pour son premier Grand Prix il fait tomber un autre record: il devient le plus jeune pilote à inscrire un point en championnat, terminant huitième.

Mais Kubica fait son retour et Vettel est finalement titularisé à partir du Grand Prix de Hongrie dans la petite écurie Toro Rosso en remplacement de Scott Speed. Nouveau record: il est le plus jeune à mener une course avant de se rater et de percuter Mark Webber (Red Bull) derrière la voiture de sécurité au Japon.

Une marche supplémentaire est gravie cette année, où après un début de saison délicat, Vettel devient en un week-end à la fois le plus jeune détenteur d'une pole et le plus jeune vainqueur en Grand Prix.

Il n'en faut pas plus aux fans allemands pour le rapprocher de Michael Schumacher, leur héros aux sept titres mondiaux. Cependant, s'il est redoutable en piste, Vettel n'en conserve pas moins la tête froide et cette comparaison l'agace.

«Superstar»

«C'est un peu ridicule, affirme-t-il. Dans un sens ça me rend fier parce que c'est sans doute l'un des plus grands pilotes de tous les temps. Je le connais un peu, c'est quelqu'un de bien, mais je n'en suis qu'au tout début de ma carrière et il n'y a pas besoin de faire de comparaisons.»

Pour l'an prochain Vettel a déjà été recruté par Red Bull. C'est normalement l'écurie «grande soeur» de Toro Rosso mais la petite équipe italienne semble prendre le dessus depuis quelques courses. Ce transfert est-il donc judicieux ?

«Peu importe ce qui arrive, l'an prochain je piloterai pour Red Bull et je ne vois pas ça du tout comme un pas en retrait», affirme ici le jeune Allemand.

En attendant Vettel se concentre sur sa fin de saison, lui qui a pris une nouvelle dimension en entrant dans le cercle fermé des vainqueurs en Grand Prix.

«Je ne vais pas aller à Singapour (la prochaine course dans deux semaines) en me considérant comme un héros ou une superstar et en attendant une autre victoire juste comme ça, indique-t-il. Cela ne va pas être comme ça. Vu d'où je viens et comment j'ai été élevé j'ai suffisamment les pieds sur terre pour comprendre ce qui est arrivé aujourd'hui et me préparer normalement pour la prochaine course.»