Après avoir aligné plusieurs résultats extraordinaires - dont sa première victoire, décrochée à Montréal -, sa bonne étoile n'a commencé à le quitter qu'à Silverstone, il y a deux semaines, lorsqu'il a terminé troisième, accusant un mauvais train de pneus pour justifier sa contre-performance lors de son deuxième relais.

Luc Domenjoz COLLABORATION SPéCIALE

Après avoir aligné plusieurs résultats extraordinaires - dont sa première victoire, décrochée à Montréal -, sa bonne étoile n'a commencé à le quitter qu'à Silverstone, il y a deux semaines, lorsqu'il a terminé troisième, accusant un mauvais train de pneus pour justifier sa contre-performance lors de son deuxième relais.

Mais tout s'est aggravé ce week-end, au Nürburgring. Le Britannique n'est pas responsable de sa sortie de route de samedi, au cours de la séance de qualification - due à une rupture du boulon tenant la roue -, mais il est bel et bien responsable de ses déboires en course. Lewis Hamilton, hier, a ainsi démontré qu'il manque encore d'expérience sur piste mouillée.

La pluie permet en effet de repérer les génies du pilotage. On a pu s'en rendre compte par exemple en 1997, à Spa, un jour où les averses avaient été épouvantables. Tout comme hier pour le deuxième départ, la course s'était élancée derrière la voiture de sécurité. Après trois tours neutralisés, Michael Schumacher s'était emparé de la tête au quatrième tour, réussissant alors à prendre 11 secondes au tour sur tous ses poursuivants, emmenés par Jacques Villeneuve. En huit tours, son avantage s'était monté à plus d'une minute et huit secondes. Du talent pur.

Hier, c'est Fernando Alonso qui s'est illustré sur le mouillé. Alors que le Grand Prix d'Europe semblait promis à Felipe Massa, la pluie tombée à huit tours de l'arrivée a permis à l'Espagnol de prendre la tête sans que le Brésilien puisse lui résister. Après la course, Felipe Massa a prétexté un train de pneus qui vibrait sur la fin pour justifier sa contre-performance, mais il semble plutôt que le pilote Ferrari n'était tout simplement pas à la hauteur du talent du champion du monde.

Ce qui fut également le cas de Lewis Hamilton. Auteur d'une course brouillonne, le jeune espoir britannique était parti à la faute au troisième tour, au plus fort de l'averse. Remis en piste par une grue, il se retrouva dernier, avant de passer trop vite en pneus secs, de sortir de piste une nouvelle fois et de terminer hors des points.

Sa splendide victoire permet ainsi à Fernando Alonso de revenir à deux petits points de son coéquipier au championnat. Les averses du Nürburgring, juges impitoyables, auront mis à jour les carences de Lewis Hamilton face au talent et l'expérience de l'Espagnol.