(Montréal) Lance Stroll a dressé un bilan provisoire mitigé de la première saison d’Aston Martin en Formule 1, en marge du Grand Prix du Brésil.

Alexandre Geoffrion-McInnis La Presse Canadienne

Le pilote québécois a admis que sa voiture n’était pas aussi compétitive que l’an dernier, alors qu’elle était peinte en rose et que l’écurie portait encore le nom de Racing Point.

Stroll n’a réussi que six top-10 jusqu’ici cette saison, et il pointe au 13e rang du championnat des pilotes avec une maigre récolte de 26 points — soit 16 de moins que son coéquipier, Sebastian Vettel, qui le devance au 12e échelon.

« Nous avons tout de même marqué de bons points cette année. C’est sûr que la voiture n’est pas aussi compétitive que celle de l’an dernier — j’ai déjà dit que les changements adoptés par la FIA l’an dernier nous avaient vraiment affectés, et c’est pour ça que nous ne sommes plus dans la position de nous battre pour des podiums », a résumé le pilote âgé de 23 ans.

Interrogé ensuite à savoir quels règlements avaient nui à Aston Martin cette saison, Stroll a pointé du doigt ceux relatifs aux composantes aérodynamiques et aux écopes de frein, qui se sont d’ailleurs retrouvées au cœur d’une controverse en 2020.

On se souviendra que la FIA avait déterminé que l’équipe qui appartient à l’homme d’affaires québécois Lawrence Stroll n’avait pas conçu le système de refroidissement des freins des voitures Racing Point, mais qu’elle avait plutôt copié celui de l’équipe Mercedes. Étrangement, la FIA avait tout de même permis à Racing Point de poursuivre la saison avec les pièces problématiques sur ses voitures.

Mais peu importe : Stroll assure que ce recul dans la hiérarchie en F1 n’atténue en rien sa motivation pour la course automobile.

« J’ai toujours une mentalité d’équipe, et quand c’est difficile, c’est difficile pour tout le monde. Et quand ça va bien, ça va bien pour tout le monde. Quand je saute dans la voiture, j’ai toujours la mentalité d’extraire le maximum de celle-ci, le maximum de moi-même et de continuer à pousser. […] C’est comme ça en F1 ; l’équipe est parfois compétitive, et parfois ça ne marche pas aussi bien », a-t-il évoqué.

L’athlète de Mont-Tremblant a tout de même apprécié un changement apporté par la série reine du sport automobile en 2021 : la « course sprint qualificative ». Ce nouveau format en sera à son troisième essai ce week-end, à Sao Paulo, après avoir été testé plus tôt cette saison à Silverstone et Monza.

« J’aime ça, même si je sais que ça ne fait pas l’unanimité. Ça rend les week-ends plus excitants, et les équipes ont moins de temps pour se préparer. Un vendredi classique est souvent plus lent, et ça donne trop d’opportunités aux équipes, aux ingénieurs et aux pilotes pour amasser des informations en vue des qualifications. J’espère donc que ce format sera étendu à plus de courses la saison prochaine », a-t-il confié.

« L’objectif sera d’être très compétitif dans trois, quatre ou cinq ans »

D’autre part, Stroll s’est dit optimiste en vue de la saison 2022, puisque de nombreux changements dans les règlements de la F1 entreront finalement en vigueur — après un report d’un an à cause de la pandémie de coronavirus — et risquent de venir chambarder la hiérarchie actuelle.

« Ce sera une histoire complètement différente l’année prochaine. Toutes les équipes vont devoir repartir à zéro. On compte sur de très bons ingénieurs, bourrés de talent, qui travaillent depuis longtemps déjà sur la voiture de l’année prochaine, alors j’espère qu’on pourra progresser (en 2022) », a-t-il mentionné.

Tout ne sera toutefois pas rose en 2022, selon lui. Il a notamment fait remarquer que la voiture de l’an prochain sera plus lourde que celle actuelle, et qu’à cause des modifications aérodynamiques elle sera beaucoup moins performante dans les virages à basse vitesse, donc plus lente.

« Il y a de toute évidence de mauvais côtés (à ces changements), mais aussi de très bons. L’écart entre les équipes sera rétréci, la parité entre les voitures sera plus grande, ce qui permettra d’améliorer le spectacle en piste — c’est ce que nous voulons tous, je crois », a-t-il relaté.

Il reste que le principal intéressé entrevoit un avenir radieux chez Aston Martin. Du moins, à moyen terme.

« On doit continuer de faire des pas vers l’avant, car tout n’arrivera pas d’un seul coup. Nous devons encore nous développer comme équipe, nous améliorer à certains niveaux, et l’objectif sera d’être très compétitif dans peut-être trois, quatre ou cinq années, de manière à avoir une voiture qui roulera à l’avant, qui pourra gagner des courses et qui sait, peut-être des championnats », a dit Stroll.

En attendant, il reste quatre courses au calendrier 2021 pour Stroll et ses collègues, et autant d’opportunités d’inscrire de précieux points de classement.