(Paris) À l’âge vénérable de 70 ans, la Formule 1 cherche à se réinventer : elle a ainsi adopté lundi « à l’unanimité » un format de « course sprint qualificative » de 100 km le samedi lors de trois Grands Prix cette saison.

Agence France-Presse

« Je suis ravi que toutes les écuries aient soutenu ce plan, et cela témoigne de nos efforts communs pour offrir des nouveautés à nos fans tout en veillant à respecter l’héritage et la méritocratie de notre sport », explique le président et directeur général de la Formule 1, Stefano Domenicali, dans un communiqué.

« La F1 se montre plus forte que jamais avec toutes les parties prenantes travaillant de manière unie, et beaucoup a été fait pour garantir que les aspects sportifs, techniques et financiers de ce format soient équitables », ajoute Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Concrètement, « le vendredi [après-midi], il y aura une séance de qualifications après la première séance d’essais libres [d’une heure, le matin] qui déterminera la grille de départ pour les qualifications sprint du samedi [après-midi] », est-il précisé.

Après une seconde séance d’essais libres d’une heure le matin, « les résultats de la qualification sprint du samedi détermineront la grille de départ de la course du dimanche », d’une distance normale d’environ 300 km.

« Les trois premiers de la qualification sprint du samedi recevront des points » au classement du championnat du monde : trois pour le premier, deux pour le deuxième et un pour le troisième.

Par ailleurs, à partir des qualifications le vendredi, les écuries ne seront plus en mesure de modifier librement leurs monoplaces.

Aucune précision n’a été donnée, par contre, sur les mesures financières entourant l’adoption de ce projet. En effet, certains craignaient que ces trois courses engendrent des coûts supplémentaires problématiques dans le cadre du plafond de dépenses imposé aux écuries à partir de cette année.

Rendez-vous à Silverstone, Monza et Interlagos ?

Les Grands Prix qui se dérouleront selon ce nouveau format n’ont pas encore été annoncés, la Formule 1 et la FIA se contentant de préciser qu’il s’agira de « deux en Europe et un hors Europe ».

La Grande-Bretagne à Silverstone, le 18 juillet, et l’Italie à Monza, le 12 septembre, tiennent la corde, ainsi que le Brésil à Interlagos, le 7 novembre, si la situation sanitaire permet la tenue de cette course.

Cet accord doit désormais être entériné par le Conseil mondial du sport automobile, dont la prochaine réunion est prévue le 9 juillet, ce qui devrait être une formalité.

Depuis son rachat par les Américains de Liberty Media en 2017, la Formule 1 discute de nouveaux formats censés rendre les Grands Prix moins monotones.

L’inversion des grilles de départ établies en qualifications (qui placent le plus rapide sur un tour aux avant-postes et ainsi de suite) a été rejetée car jugée trop artificielle et injuste, au profit donc de ces qualifications sprint qu’on espère plus spectaculaires.

« C’est vraiment du suspense sur trois jours, estimait avant la saison le directeur exécutif d’Alpine, Marcin Budkowski. Vous allez faire les qualifications le vendredi, courir le samedi et courir encore le dimanche. Pour les fans, ce sont trois jours pleins d’émotions. »

Certains puristes, à l’instar du quadruple champion du monde allemand Sebastian Vettel, craignent toutefois que ce genre de nouveauté dénature le sport.

« Pourquoi auriez-vous une préfinale avant une finale ? Quel est l’intérêt de cela ? Je ne comprends pas », s’interrogeait le pilote d’Aston Martin il y a quelques semaines.