(Silverstone) La pause forcée par la pandémie de coronavirus en Formule 1 pourrait prolonger l’illustre carrière de Lewis Hamilton.

Associated Press

« Le confinement, bien que négatif, a été revigorant, m’a permis de me concentrer sur d’autres choses, a dit Hamilton jeudi, et cette pause m’a permis de reprendre mon souffle, d’emmagasiner l’énergie nécessaire pour continuer encore quelque temps. »

Pendant encore combien de temps, a-t-on demandé au champion du monde âgé de 35 ans, qui dispute sa 14e saison en F1.

« En fin de compte, je veux continuer tant et aussi longtemps que je pourrai tenir au niveau actuel, mais parfois il arrive que l’aspect physique et psychologique (du sport) devienne trop lourd, a-t-il expliqué. Je ne suis pas éternel, je n’ai pas de laissez-passer. Mon objectif est de continuer aussi longtemps que je le pourrai. Je crois que je peux tenir à ce niveau-là encore au moins deux ou trois ans. »

L’entente actuelle du Britannique avec Mercedes arrivera à échéance dans cinq mois.

« Je veux mériter mon volant, a mentionné Hamilton, et j’ai l’impression que je dois le faire chaque saison, malgré le fait que j’ai de nombreux championnats du monde à mon actif. »

Il entamera le Grand Prix de Grande-Bretagne dimanche à Silverstone dans le rôle du favori pour l’emporter. Hamilton y convoitera une septième victoire en carrière, mais une première à huis clos : les partisans seront absents en raison de la pandémie de coronavirus. Ce sera la quatrième course au calendrier, qui devait se mettre en branle en mars.

Hamilton convoite également un septième championnat du monde – ce qui lui permettrait d’égaler le record qui appartient à Michael Schumacher –, mais cet enjeu a été relégué en toile de fond à sa lutte personnelle contre le racisme dans le sport automobile.

Après avoir dominé le Grand Prix de Hongrie plus tôt ce mois-ci, Hamilton a accusé le directeur de l’Association des pilotes de Grand Prix, Romain Grosjean, d’avoir été incapable de convaincre le reste du plateau de s’agenouiller avant la course.

Grosjean a discuté avec Hamilton pendant 45 minutes mardi, et il a indiqué qu’il s’était exprimé au nom de huit pilotes qui étaient opposés à la suggestion de Hamilton pour dénoncer le racisme. Il s’est aussi excusé auprès du Britannique pour avoir laissé entendre que cette suggestion n’était peut-être pas la bonne.

« Romain est entré en contact avec moi, et nous avons eu une très bonne discussion, a précisé Hamilton. Nous avons réalisé que nous nous rejoignons sur plusieurs points. Il prend à cœur le bien-être des autres. Ce n’est pas tout le monde qui est prêt à s’excuser. Et c’est déjà une première étape dans la bonne direction.

« Nous travaillons pour atteindre le même objectif, et c’est pour cette raison que j’apprécie Romain. C’est ce que ça prendra de chacun d’entre nous ; de l’ouverture d’esprit, moins de peur, une attitude moins bornée. La première étape, parfois, c’est de reconnaître l’existence d’un problème, et ensuite on peut commencer à travailler pour le régler. »

Hamilton a aussi discuté avec le président de la F1, Chase Carey, et le président de la FIA, Jean Todt, cette semaine. La ligne des puits ouvrira 10 minutes plus tôt qu’à l’habitude dimanche afin de permettre aux pilotes de dénoncer de manière plus organisée le racisme, avant la course.

Max Verstappen (Red Bull) et Charles Leclerc (Ferrari) font partie de ceux qui ont choisi de ne pas s’agenouiller.

« Chacun a sa façon de s’exprimer, a dit Verstappen. Nous sommes tous unis contre le racisme, et c’est ça l’essentiel. Ce n’est pas une question de s’agenouiller, ou de ne pas s’agenouiller, parce que ce n’est pas ça qui réglera le problème. »