Le pilote Lewis Hamilton s’est servi d’Instagram, lundi, pour soutenir des manifestants qui ont renversé une statue d’un marchand d’esclaves du XVIIe siècle dans la ville anglaise de Bristol lors d’une des nombreuses manifestations mondiales du mouvement Black Lives Matter.

Associated press

Privé de son travail en raison de la pandémie de coronavirus, le champion de Formule 1 Lewis Hamilton se démarque pendant cette période par sa campagne passionnée contre l’injustice raciale.

« Toutes les statues d’hommes racistes qui ont gagné de l’argent en vendant un être humain devraient être retirées ! a écrit Hamilton sur Instagram. Lequel est le prochain ? »

Au sujet de la statue, jetée par terre par les manifestants, Hamilton a ajouté à l'intetntion des autorités gouvernementales :

Je n'approuve pas la violence. Mais vous avez eu en masse de temps pour le faire vous même et n'avez rien fait. Le pouvoir au peuple !

Lewis Hamilton

« Edward Colson était un monstre qui achetait et vendait des Africains, qui faisait le commerce d'humains et qui les condamnait à l'esclavage jusqu'à ce qu'ils en meurent. Quiconque a fait ça ne mérite d'être honorée. C'était et ça demeure du terrorisme. Il n'aurait jamais dû avoir de statue. Je suis fier des militants de Bristol et du Royaume-Uni qui l'ont jetée par terre.

Jetez-les toutes par terre. Partout. Ça, j'approuve.

Lewis Hamilton

Dans un message ultérieur à ses 16,5 millions d’abonnés, le Britannique a lancé un défi aux gouvernements du monde entier « d’apporter ces changements et de mettre en œuvre la suppression pacifique de ces symboles racistes. »

Critique du silence de la F1

Hamilton avait été tout aussi direct la semaine dernière après la mort de George Floyd, un Afro-Américain qui est décédé après qu’un policier blanc de Minneapolis ait mis son genou sur son cou même si la victime se plaignait de ne pas pouvoir respirer.

Hamilton a mentionné qu’il « ressentait tellement de colère, de tristesse et d’incrédulité après ce que j’ai vu », ajoutant que « ceux d’entre nous qui sont noirs, bruns ou entre les deux le voient tous les jours et ne devraient pas avoir l’impression que nous sommes nés coupables, que nous n’avons pas notre place ou de craindre pour nos vies en fonction de la couleur de notre peau. »

Sur Instagram, Hamilton a critiqué les autres personnes dans le monde de la Formule 1 pour ne pas avoir pris la parole sur la question du racisme, affirmant qu’elles « restaient silencieuses » au « milieu de l’injustice ».

« Pas un signe de personne dans mon industrie qui est bien sûr un sport dominé par les blancs, a ajouté le sextuple champion du monde. Je suis l’une des seules personnes de couleur et pourtant je suis seul. »

Certains pilotes de F1 ont répondu à Hamilton, Charles Leclerc de Ferrari affirmant qu’il « se sentait mal et gênait de partager mes réflexions sur les réseaux sociaux » et qu’il avait « entièrement tort ».

Hamilton est le seul pilote noir à avoir couru en F1 et il a déjà parlé de l’adversité qu’il a surmontée pour atteindre le sommet d’un sport qu’il perçoit comme étant pour les blancs et les privilégiés.

La saison de Formule 1 n’a pas encore commencé sa saison 2020 en raison de la pandémie de coronavirus. La saison a été suspendue le matin du Grand Prix d’ouverture en Australie en mars.

La saison devrait maintenant commencer le 5 juillet en Autriche.

Avec La Presse