Avant d’aller plus loin, un aveu s’impose : je n’aime pas les sports motorisés.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

J’ai couvert le Grand Prix de Valcourt il y a de cela 12 ans et je ne suis encore jamais monté sur une motoneige à ce jour. J’ai assisté à la défunte épreuve de NASCAR de Montréal en ne comprenant pas ce que ces voitures faisaient sur un circuit routier. Et j’ai assez de doigts sur une main pour compter le nombre de Grand Prix de Formule 1 que j’ai regardés à la télé dans ma vie.

Pourtant, quand mon patron m’a demandé il y a quelques semaines si j’étais disposé à couvrir le GP du Canada, qui doit avoir lieu dans l’île Notre-Dame à la mi-juin (à moins d’annulation), j’ai accepté sans hésiter.

La raison : la série documentaire Formula One : Drive to Survive, offerte sur Netflix. La deuxième saison de cette production britannique a été mise en ligne il y a quelques semaines, et ses fervents – comme moi – ont tôt fait de la dévorer. On peut l’apprécier dans sa version originale anglaise ou avec surimpression en français.

La série, son nom l’indique, nous plonge dans l’univers très particulier de la Formule 1. L’un des circuits sportifs les plus en vue sur la planète, mais qui n’emploie pourtant que 20 athlètes. Un monde où les jeux de pouvoir et d’argent constituent la norme et non l’exception. Un microcosme où le fossé entre les plus riches et les plus pauvres – tout est relatif, on s’entend – est un reflet quasi exact du classement général des pilotes et des constructeurs.

Ne cherchez pas de scandale ici, vous n’en trouverez pas. La série est née d’une association entre Netflix et Formula One Group, entité chargée de diffuser la Formule 1 dans le monde et d’en faire la promotion. On n’est donc pas dans la remise en question du sport lui-même.

La présentation de ses acteurs est toutefois faite crûment, sans filtre. On découvre la personnalité des pilotes et des dirigeants des écuries, qu’on suit tant dans leur quotidien qu’en pleine course. Certains nous apparaissent étonnamment sympathiques, d’autres exécrables. Leurs émotions, dans la joie comme dans les moments difficiles, sont on ne peut plus réelles.

C’est pendant les Grands Prix mêmes que l’immersion est la plus complète. La réalisation à couper le souffle nous tient en haleine et les communications radio en temps réel entre chaque pilote et le personnel de son écurie nous ouvrent une fenêtre inégalée sur les stratégies employées, évidemment, mais aussi sur les rivalités qui existent entre adversaires… ou coéquipiers.

Tout le monde y trouve son compte. Les férus de F1 obtiennent l’un des rares accès qui leur manquaient sur leur sport préféré. Et les néophytes (salut !) découvrent avec ravissement pourquoi ces voitures qui roulent vite ont leur place dans les pages sportives de leur quotidien favori.

Elles sont bel et bien conduites par des athlètes, animés par un indéniable esprit tactique et membres d’une énorme équipe au sein de laquelle chaque acteur a un rôle primordial à jouer. Chaque millimètre, chaque milliseconde fait la différence entre la victoire et la défaite. Entre la gloire et la disgrâce.

En ces jours de confinement, Formula One : Drive to Survive se consomme aussi bien à petites doses que compulsivement. Des rires, des larmes, des conclusions sur fond de tension quasi intenable qui nous donnent déjà hâte au prochain rendez-vous : ça ressemble drôlement à du sport, non ?