De son propre aveu, le Québécois Bruno Spengler n'a pas connu une saison 2018 «satisfaisante» en prenant le douzième rang du championnat DTM (Deutsche Tourenwagen Masters). Mais le pilote BMW entrevoit la prochaine année avec enthousiasme, notamment en raison des nombreux changements qui surviendront sur les voitures.

Mis à jour le 17 janv. 2019
PASCAL MILANO
PASCAL MILANO LA PRESSE

«Tout le monde repart un petit peu de zéro», résume-t-il lors d'une rencontre dans le cadre de la journée des médias au Salon de l'Auto de Montréal.

300 km/h dans les droites

«C'est une nouvelle auto avec un quatre cylindres deux litres au lieu d'un huit cylindres quatre litres, comme on a depuis longtemps. Il y a tout un travail de développement à faire. [...] La voiture est plus puissante. Dans les lignes droites, on devrait atteindre les 300 km/h en fonction des circuits. Au tour, on devrait être de deux à trois secondes plus rapide.»

Les voitures seront aussi équipées d'un aileron plus large et composé d'un seul élément au lieu de deux. Le DRS, ou système de réduction de la traînée, pourra être utilisé plus longtemps et plus souvent.

Finalement, les véhicules bénéficieront du système push-to-pass offrant 30 chevaux supplémentaires à 12 reprises au cours d'une course. «Il y a pas mal de choses qui changent et qui vont amener de nouveaux paramètres. Mercedes est parti du DTM et c'est Aston Martin qui le remplace», ajoute Spengler.

La Presse

Bruno Spengler. Photo André Pichette, La Presse 

Spengler débutera sa 15e saison en DTM, le 4 mai, sur le circuit d'Hockenheim. Le champion de 2012 est l'un des témoins privilégiés du championnat qui sera composé de neuf courses de deux manches chacune. Cette année, le DTM proposera des courses en Allemagne évidemment, mais aussi en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas et en Angleterre.

«Le jour où Mercedes a annoncé qu'ils arrêtaient le DTM, ça a été un peu une position compliquée même si des solutions ont rapidement été trouvées avec Aston Martin. Le DTM est stable et solide. Il n'y a pas beaucoup de séries automobiles, aujourd'hui, qui attire des publics de 100 000 à 150 000 personnes sur une fin de semaine.»

Pilote de réserve en Formule E pour BMWi Andretti 

Spengler agit également à titre de pilote réserve au sein de l'écurie de Formule E, BMW i Andretti Motorsports. Avant d'arriver à Montréal, il a pu tester «avec beaucoup de plaisir» les voitures électriques de seconde génération au Maroc. Malgré un emploi du temps chargé, il se déplacera sur les courses de Santiago (Chili) ou de New York. 

«L'électrique, c'est bizarre lors des premiers tours parce que, d'habitude, il y a beaucoup de bruits différents qui sont couverts par celui du moteur. Là, on entend plein d'autres bruits et on s'imagine qu'il y a des roues qui se dévissent et des choses comme ça qui arrivent. Ce qui est impressionnant avec la nouvelle génération de véhicules, c'est qu'on va jusqu'à 250 kilowatts de puissance sur des circuits urbains qui sont étroits et bosselés. J'ai fait pas mal d'essais de développement et la voiture s'est avérée très rapide.»

Finalement, Spengler participera aux 1000 miles de Sebring le 15 mars dans le cadre du WEC, le championnat du monde d'endurance.

De retour après 3 ans

Le mois dernier, Spengler est revenu au Québec après trois ans d'absence. Depuis la mi-décembre, il a traversé l'océan Atlantique à trois reprises dont une visite dans le cadre du Salon de l'Auto. Lors de chacune de ses visites, il peut se rendre compte de sa notoriété au Québec.

«Ça m'arrive assez régulièrement de me faire reconnaitre au restaurant ou ailleurs. Le DTM a pris un peu d'ampleur depuis que j'y suis. C'est assez flatteur et agréable de voir qu'on me suit même si je pilote à 6000 kilomètres et que, malheureusement, il n'y a pas de retransmission en direct.».

AFP

Bruno Spengler avait été sacré champion du Deutsche Tourenwagen Masters au circuit de Hockenheim le 21 octobre 21 2012. Photo Agence Uwe Anspach, via AFP