Joannie Rochette est l'ambassadrice des Mondiaux de patinage artistique, cette semaine à London, et elle est vraiment radieuse. Un peu piégée par les médias anglophones, mardi, la médaillée olympique a évoqué avec insistance la possibilité d'un retour à la compétition la saison prochaine pour les Jeux de Sotchi.

Michel Marois LA PRESSE

Croisée dans les coulisses du Budweiser Garden, hier matin, la patineuse de 27 ans a nuancé sa pensée. Ceux qui espèrent son retour peuvent encore rêver, mais si elle est déjà assurée d'être à Sotchi, rien n'assure que ce sera sur la glace.

«C'est sûr que je m'ennuie un peu de la compétition amateur, avoue Rochette, même si le patinage artistique professionnel est beaucoup plus compétitif depuis quelques années.

«Auparavant, personne ne tentait des sauts complexes lors des galas de démonstration, mais ce n'est plus le cas. Je suis encore en bonne forme - probablement à 80% de mon meilleur niveau - et je peux encore réussir tous mes triples sauts», assure-t-elle.

La patineuse n'a pris part à aucune compétition depuis les Jeux de Vancouver, où elle avait obtenu la médaille de bronze dans le contexte dramatique que personne n'a oublié, mais elle est une régulière du circuit professionnel, presque toujours en déplacement d'un continent à l'autre.

Très populaire en Corée et au Japon, où le patinage artistique est pratiquement une religion, Joannie Rochette apprécie cette carrière qui lui permet de bien gagner sa vie et d'aller au bout de sa passion.

«Je suis avec la troupe Stars on Ice, avec Kurt Browning et d'autres patineurs canadiens, et nous avons beaucoup de plaisir ensemble. J'aimerais avoir la chance de faire comme Kim Yu-na, qui a son propre spectacle en Corée et qui est vraiment une grosse vedette là-bas. Ils m'ont d'ailleurs invitée, et j'irai patiner avec eux cet été.»

À la télé?

Rochette pourrait également imiter Browning et faire l'analyse des compétitions à la télévision. «Je ne veux surtout pas prendre la place de qui que ce soit, insiste-t-elle. Je connais bien le patinage, c'est évident, mais je ne suis pas certaine que je maîtrise assez bien le français pour aller en ondes à Radio-Canada.

«Si nous étions deux analystes, je pourrais demeurer dans ma zone de confort et éviter les erreurs de français. J'aimerais aussi participer à des petits reportages complémentaires, un peu comme Alexandre Despatie l'a fait par le passé. De toute façon, je suis déjà assurée d'être à Sotchi, un commanditaire m'ayant invitée à participer à différents événements. Je serai sur place... et disponible.»

Et le retour à la compétition?

«J'y réfléchis encore, avoue-t-elle. J'aurai 28 ans au moment des Jeux et je ne suis pas encore certaine que ce soit réaliste. C'est une chose de réussir des triples sauts à l'entraînement ou en spectacle, une autre d'en enfiler plusieurs dans une performance compliquée de près de cinq minutes...

«En fait, je reviendrais surtout pour la nouvelle compétition en équipe, avec des exigences différentes et la possibilité d'aider l'équipe canadienne. Cela dit, je ne suis pas la seule candidate...»

La Canadienne Kaetlyn Osmond défend les couleurs du Canada cette semaine et elle représente de toute évidence l'avenir du patinage canadien chez les femmes. Mais sera-t-elle prête pour Sotchi? On aura une partie de la réponse à London.

Si Osmond se classe parmi les dix premières, le Canada pourra déléguer deux patineuses aux Jeux, et la décision de Rochette sera sans doute plus facile. Si Osmond échoue, il n'y aura qu'une place.

«Je suis encore capable de me battre», assure Joannie, tout en précisant qu'elle se laissera encore quelques semaines avant de choisir parmi toutes les options qui s'offrent à elle.