Les saisons se suivent et se ressemblent pour Cynthia Phaneuf. Parfois brillante et sûre d'elle, comme aux Mondiaux de 2010, où elle est venue à un souffle du podium, elle peut aussi craquer sous la pression. Et c'est malheureusement souvent devant le public canadien qu'elle éprouve les plus grands ennuis à contrôler ses nerfs.

Michel Marois LA PRESSE

«J'ai parfois eu de la difficulté avec la pression, à Skate Canada notamment, a raconté la patineuse de 23 ans, en entrevue téléphonique il y a quelques jours. Évoluer à la maison, devant mon public, m'oblige à composer avec plusieurs obligations et c'est difficile de me concentrer sur ce que j'ai à faire sur la patinoire.

«Par le passé, à la moindre faute, je perdais complètement ma concentration. Je me suis appliquée à corriger mon approche mentale. J'ai envie d'avoir du plaisir sur la glace et d'arrêter de m'en faire avec tout ce qu'il y autour des compétitions. C'est de cette façon que j'ai obtenu mes meilleurs résultats.»

Cynthia avait été propulsée sur la scène internationale en 2004, à 16 ans, en remportant justement l'épreuve Skate Canada International. Elle n'a jamais pu répéter cette performance en Grand Prix.

L'an dernier, à Kingston en Ontario, elle dominait après le programme court, mais avait dû se contenter du quatrième rang, jurant dans sa déception de ne jamais plus disputer cette compétition. Phaneuf sera néanmoins l'une des têtes d'affiche de l'équipe canadienne, ce week-end, à Mississauga.

«Je suis une fille comme ça, ça m'arrive de changer d'idée!» a-t-elle expliqué. «Je voulais me donner une autre chance de bien faire à Skate Canada. J'y vais pour m'amuser, comme je l'ai dit, et j'ai confiance de bien faire.»

Cynthia sera effectivement parmi les favorites, ce week-end et dans deux semaines au Japon, avec des concurrentes qu'elle a déjà devancées en compétition. «Certaines filles ne font pas les Grands Prix cette saison et il y a une porte qui s'ouvre pour moi, a-t-elle expliqué. Je vais tenter de saisir la chance.

«Mon objectif principal, ce sont les Mondiaux (en mars, à Nice en France), mais je devrai auparavant mériter ma place lors des Championnats canadiens, à Moncton, à la mi-janvier. En fait, il va falloir tout simplement 'patiner' le bon programme au bon moment...»

Phaneuf se souvient justement qu'elle a obtenu son meilleur résultat aux Mondiaux de 2010 (5e), quelques semaines après une performance plus décevante aux Jeux de Vancouver. Elle entend bien retenir la leçon.

«Je pense déjà aux Jeux de 2014 et, cette fois, j'ai bien l'intention d'offrir ma meilleure performance à Sotchi, pas un mois plus tard...»

Lacoste y croit aussi

Encore une fois cette saison, Amélie Lacoste va disputer la suprématie canadienne à Cynthia Phaneuf. La Montréalaise de 22 ans est en pleine forme et amorce la saison avec de grandes ambitions.

«Nous avons vraiment eu une bonne préparation, a souligné l'entraîneuse Nathalie Martin. Nous avons eu l'aide de Shae-Lynn Bourne et de Julie Marcotte pour concevoir nos programmes et Amélie a reçu d'excellents commentaires lors du récent camp d'entraînement de l'équipe nationale.»

Troisième à Skate Canada l'an dernier, Amélie avait ensuite pris le 16e rang des Mondiaux de Moscou. «Amélie sera encore à Skate Canada, puis à la Coupe Rostelecom (25-27 novembre), en Russie, a noté Martin. Notre objectif est de monter sur le podium dans ces deux Grands Prix afin de bien affirmer nos ambitions.

«Ce sera ensuite les Championnats canadiens et c'est là que va se jouer la seule place disponible au sein de l'équipe canadienne des Championnats du monde.»

Opérée cet été à un genou, Myriane Samson a dû tirer un trait sur la saison des Grands Prix et elle ne reprendra la compétition au haut niveau qu'aux championnats nationaux. Elle y avait pris le deuxième rang l'an dernier.