Après l’engouement pour l’émission américaine Ninja Warrior, les parcours Ninja se taillent une place au Québec. Obstacles, épreuves d’équilibre et mur incurvé, La Presse s’est rendue au Maestrem Ninja Gym à Brossard pour en savoir plus.

Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

L’entraînement Ninja

« L’essence du parcours Ninja, c’est vraiment de retourner à l’enfance », résume Samuel Hébert, entraîneur-chef du Maestrem Ninja Gym, ouvert officiellement depuis le 3 juin. « Comme des modules de parc, mais adaptés aux adultes », compare-t-il.

Le kinésiologue et coureur à obstacles désigne derrière lui avec fierté le parcours en étapes qu’il a conçu. Le but ? Courir, sauter et s’agripper en utilisant les anneaux, sangles et autres éléments sur le chemin. Tout pour atteindre l’autre bout le plus rapidement et le plus efficacement possible.

Les tapis gris pâle remplacent les traditionnels bassins d’eau qu’on voit à la télévision, dans lesquels les Ninjas doivent éviter de tomber. Floor is lava [« Le plancher est de la lave »], dit rigolant Samuel Hébert. Entre les étapes, des zones permettent aux athlètes de toucher terre.

Le Maestrem Ninja Gym

  • Le but du parcours Ninja ? Courir, sauter et s’agripper en utilisant les anneaux, sangles et autres éléments sur le chemin.

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Le but du parcours Ninja ? Courir, sauter et s’agripper en utilisant les anneaux, sangles et autres éléments sur le chemin.

  • Marc-André Roy, propriétaire du Maestrem Ninja Gym

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Marc-André Roy, propriétaire du Maestrem Ninja Gym

  • Le champion de CrossFit Karim El Hlimi à l’entraînement au Maestrem Ninja Gym

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Le champion de CrossFit Karim El Hlimi à l’entraînement au Maestrem Ninja Gym

  • Il existe un parallèle entre les athlètes d’escalade et ceux de Ninja.

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Il existe un parallèle entre les athlètes d’escalade et ceux de Ninja.

  • Samuel Hébert, entraîneur-chef au Maestrem Ninja Gym

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

    Samuel Hébert, entraîneur-chef au Maestrem Ninja Gym

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L’un des avantages du parcours Ninja est qu’il permet de mieux bouger au quotidien, selon le professeur à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal Jonathan Tremblay. « Quand on sort faire de la randonnée, on a alors plus d’aisance parce qu’on a développé une agilité et une variété dans le mouvement plus grande qu’en faisant un exercice isolé », illustre-t-il.

Le parcours Ninja peut se faire aussi en nature, souligne Jonathan Tremblay. « En s’agrippant à des branches et en contournant des rochers », explique-t-il. Mais s’entraîner dans un gym permet d’être supervisé et d’accéder à une diversité d’exercices au même endroit.

Pour le propriétaire de Maestrem Ninja Gym, Marc-André Roy, la différence est aussi dans l’ambiance. La présence des légendaires murs incurvés qui marquent la fin du parcours dans l’émission Ninja Warrior y contribue. Une musique intense qui rappelle les moments les plus captivants de l’émission américaine résonne dans le gym. Ce n’est pas un hasard.

« Ici, on a voulu faire un hybride entre le feeling qu’il y a beaucoup de matériel, mais aussi le fait que durant tes 30 minutes d’entraînement, tu es une star », explique Marc-André Roy.

La mentalité Ninja

Dans un coin du gym, le champion de CrossFit Karim El Hlimi s’échauffe. « Avec le Ninja, on sort complètement de notre zone de confort », déclare-t-il. « J’ai réalisé que j’avais le vertige », raconte ce dernier au sujet de son premier saut en parcours.

L’aspect mental de la discipline réside dans le dépassement des limites, note Marc-André Roy. Il trace un parallèle entre les athlètes d’escalade et ceux de Ninja. « Ils sont toujours confrontés à l’échec. C’est le côté persévérance et entraînement qui permet des petites réussites au fur et à mesure », précise-t-il.

Dans sa forme actuelle, le parcours Ninja semble très loin des techniques japonaises traditionnelles de Ninjutsu. Y a-t-il un lien entre les arts martiaux et l’entraînement offert au Maestrem Ninja Gym ? Pour Marc-André Roy, les deux se rejoignent dans la recherche de contrôle et la maîtrise des mouvements.

« Ce qui distingue un bon Ninja d’un très bon Ninja est l’attention aux détails », souligne ce dernier. « Il faut aussi avoir une tête de cochon », admet Marc-André Roy.

La communauté Ninja

Peut-on s’improviser Ninja du jour au lendemain ? Quelqu’un de sédentaire devrait y aller progressivement, prévient le professeur Jonathan Tremblay. D’abord gagner en force et en endurance musculaire, puis franchir les étapes de plus en plus ardues. Donc pas besoin d’être un athlète de haut niveau pour grossir les rangs des Ninjas du Québec.

Marc-André Roy souligne l’importance de l’accessibilité à cette discipline. Avec son académie, il veut créer un sentiment d’appartenance autant pour les néophytes que pour les athlètes.

Il y a plusieurs communautés qui gravitent autour du Ninja comme le CrossFit, le parcours à obstacles, la gymnastique et l’escalade. On voulait être la réunion de toutes ces disciplines.

Marc-André Roy, propriétaire du Maestrem Ninja Gym

La collégialité qui se dégage de ce sport se prête bien à l’aspect communautaire, relève Alain Steve Comtois, professeur au département des sciences de l’activité physique de l’UQAM.

« Même dans l’émission Ninja Warrior, on voit que c’est compétitif, mais qu’il y a beaucoup de soutien entre les athlètes. Ils s’échangent des trucs pour franchir les stations. C’est une belle discipline qui développe la collaboration », commente-t-il.

La discipline est-elle là pour de bon ? Alain Steve Comtois l’espère. « Je suis favorable à tout ce qui motive les gens à bouger », lance-t-il.