Vous croyiez être bon à l’aki à l’école secondaire ? Avec un adepte de sepak takraw dans le groupe, ç’aurait été l’humiliation assurée. En Asie du Sud-Est, la maîtrise de la balle est poussée à un autre niveau.

Frédérick Duchesneau Frédérick Duchesneau
La Presse

En Europe, on l’appelle parfois kick volleyball, mais vous le constaterez dans la vidéo, cette appellation est un peu réductrice.

Oui, parmi les sports plus occidentaux, on peut d’abord penser au volleyball en regardant du sepak takraw. Mais les aptitudes nécessaires pour y performer relèvent davantage du soccer – ne serait-ce que pour les spectaculaires « bicyclettes » – et de la gymnastique. Puis, le terrain et le filet correspondent à ce qu’on retrouve au badminton, également très prisé dans ce coin du monde.

Le takraw – on l’appelle souvent par cette forme abrégée – se joue essentiellement en Asie du Sud-Est. Il est particulièrement populaire en Indonésie, en Malaisie, au Laos et en Thaïlande.

Selon certaines sources, en Thaïlande, il est considéré comme un sport national, au même titre que la boxe muay-thaï.

« Je dirais que c’est moins populaire que le muay-thaï, estime toutefois Maxime Massé, journaliste à La Voix de l’Est. De la boxe thaïe, il y en a chaque jour à la télé. Mais le sepak takraw semble aussi très populaire. »

Marié à une Thaïlandaise habitant à Bangkok, il passe plusieurs semaines par an dans ce pays. Et, du takraw, il en voit régulièrement.

« Il y a souvent des démonstrations dans les évènements publics. J’en ai vu pas mal en action dans les parcs ou les marchés aussi », raconte-t-il.

Comme dans cette vidéo, tournée par Maxime, en mars dernier, dans une foire d’amusement du district de Bang Khun Thian, à Bangkok. Une variante de la discipline… avec un panier surélevé au centre des participants !

Sans les mains

Revenons au sepak takraw proprement dit. « Sepak » se traduit par « donner un coup de pied » en malais-indonésien, et « takraw », du thaï, signifie « balle ».

En gros, on y joue à trois contre trois et les opposants doivent retourner la balle de l’autre côté du filet avec les pieds, bien sûr, mais les genoux, les épaules et la tête sont également permis. En fait, tout sauf les mains et les bras. Vous avez là l’essentiel (voir les règles en bref pour plus de détails).

PHOTO MOHD RASFAN, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Transmise de génération en génération, la discipline s’est transformée au fil du temps pour prendre une forme plus élaborée à des fins compétitives.

On ne sait pas précisément quand est apparue la forme ancestrale du sepak takraw. Mais on sait, par contre, que les villageois y jouaient à l’origine en formant un cercle. Exactement comme nos séances d’aki.

La discipline s’est transmise de génération en génération, prenant une forme plus élaborée à des fins compétitives.

Il existe une Association canadienne de sepak takraw, établie en Saskatchewan. Mais la dernière entrée sur leur site web semble dater de 2018.

Les règles en bref

– Mains et bras interdits.

– Dans chaque équipe, deux joueurs appelés « pince gauche » et « pince droite » et un joueur de centre, le serveur.

– Ils peuvent se faire un maximum de trois passes entre eux ou à eux-mêmes.

– On marque un point de la même façon qu’au volleyball ou au badminton.

– Se joue généralement au meilleur de trois manches de 21 points.

– La balle fait environ 15 cm de diamètre.