Québec met sur pied un plan d’aide de 70 millions pour soutenir les fédérations, les clubs et les organismes sportifs dont la santé financière est mise à mal par la pandémie. Ce nouveau programme, qui exclut les gyms, réserve 12 millions au hockey junior majeur québécois.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Il faudra bouger autrement dans les prochaines semaines », a indiqué la ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, lors d’une mêlée de presse. Début octobre, toutes les organisations sportives qui sont situées en zone rouge, ce qui inclut les arénas, les piscines ou encore les gymnases, ont dû limiter la quantité de personnes qu’elles accueillent, voire cesser leurs activités.

L’ancienne athlète a du même coup annoncé une hausse de 60 % du financement pour les fédérations sportives. Celles-ci recevront une subvention « selon les mêmes règles et normes déjà établies », soit selon le nombre de membres. L’enveloppe totale atteint 23 millions pour les fédérations, cette année seulement. « C’est considérable », a dit la ministre, en rappelant que son budget était de 110 millions.

Une somme de 5 millions sera enfin réservée au programme Accès-Loisirs, qui soutient l’accès aux sports et aux loisirs des personnes à faible revenu. Mme Charest entend aussi « favoriser la présence des femmes et des filles dans le sport », mais aussi des personnes âgées. La ministre dit compter sur ses partenaires dans le réseau « pour que cette aide puisse avoir le maximum de retombées sur le terrain ».

On sait qu’il y a des pertes financières, mais on n’a pas d’indications selon lesquelles les organismes ne passeront pas au travers de la crise.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation

« Je partage la même impatience »

Plus tôt jeudi, le premier ministre François Legault avait avoué que l’interruption du sport en zone rouge l’inquiétait beaucoup. « Il y a une mesure que je n’aime vraiment pas et M. Arruda le sait. C’est le sport pour les jeunes », a dit le chef de la CAQ.

« C’est une question d’équilibre entre la santé publique et la santé mentale de nos jeunes. Je ne veux pas mettre trop de pression sur le DArruda », a ajouté M. Legault.

Interpellée sur cette question, Mme Charest a rappelé que les mesures en place étaient éphémères. « C’est une solution temporaire. C’est clair que ça ne peut pas être permanent. On travaille avec la Santé publique pour que les jeunes reprennent leurs activités le plus rapidement possible », a-t-elle promis.

« Ça fait du bien », dit Sports Québec

Chez Sports Québec, le directeur général Alain Deschamps accueille l’arrivée de ces nouveaux fonds avec enthousiasme. « Ça nous donne l’oxygène dont on avait besoin. Et ça fait du bien », lâche-t-il d’emblée.

Si l’annonce est un « bon départ », elle devra toutefois être accompagnée de soutien constant, au fur et à mesure que le milieu des sports « prépare sa relance et se renouvelle, dans le respect des normes sanitaires », dit M. Deschamps. « Il faut s’assurer d’anticiper les maux à venir, qu’on n’arrive pas à la dernière minute. […] À notre avis, c’est suffisant, mais il faut garder le cap », avance-t-il.

Ce n’est pas dit que les gens vont revenir d’un coup. Il faudra, comme ailleurs, regagner la confiance et démontrer que tout est sécuritaire.

Alain Deschamps, directeur général de Sports Québec

D’après les chiffres de l’organisme, chaque dollar investi dans le monde du sport québécois équivaut à environ 9,80 $ en retombées économiques.

12 millions pour le hockey

Véritable « moteur économique » pour plusieurs régions, la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) touchera 12 millions de ce nouveau plan d’aide. Chacune des 12 équipes québécoises du circuit Courteau recevra donc 1 million. « Ce dossier a été considéré séparément. On veut assurer la survie de cette ligue très importante au Québec », a mentionné la ministre Charest.

Mercredi, la LHJMQ avait annoncé la suspension des activités de toutes ses équipes québécoises jusqu’au 28 octobre, date fixée par le gouvernement pour la fin « théorique » des mesures actuelles.

« On a assisté à une baisse de cas positifs dans l’ensemble du Québec au cours des derniers jours. Je suis très confiant que la pandémie se résorbera et qu’on pourra reprendre la saison après le 28 octobre », a dit le commissaire Gilles Courteau, lors d’une conférence en ligne, reconnaissant toutefois que la situation serait réévaluée à la fin du mois.