Olympien des Jeux de Pékin en 2008 et de Londres en 2012, Sasha Mehmedovic possède un parcours unique et puise désormais dans ses dix années d’expérience en tant que membre de l’équipe canadienne de judo pour l’aider dans son rôle d’entraîneur.

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« Les Jeux olympiques sont les moments les plus forts de ma carrière ! J’ai mis beaucoup de temps et d’efforts pour atteindre cet objectif. La route qui m’a mené là a eu un impact sur mon rôle aujourd’hui », indique l’entraîneur d’origine serbe.

Inspiré et guidé par son père, un judoka dans l’âme, Mehmedovic a amorcé sa carrière d’athlète au Canada, plus précisément à Toronto, où il a immigré à l’âge de 8 ans en compagnie de sa famille.

De fil en aiguille, il a fait son chemin jusqu’à l’équipe nationale senior, remportant sept médailles en Coupe du monde, dont une en or à Apia, aux Samoa, en 2011. Puis, lorsque l’heure de la retraite a sonné deux ans plus tard, il n’a pas hésité une seconde à accepter un poste de Judo Canada. Il tente depuis de mener les athlètes vers les podiums internationaux.

Sa soif d’apprentissage et sa capacité à travailler en équipe lui ont permis de gravir les échelons rapidement dans l’organisation, le menant jusqu’à la tête de l’équipe nationale senior, un poste qu’il partage avec Nicolas Gill depuis 2019.

« J’ai une bonne base pour amener mes judokas à avoir du succès au niveau de la haute performance, affirme le Montréalais d’adoption. J’utilise souvent les leçons que j’ai apprises avec le temps et j’essaie de leur enseigner pour qu’ils s’améliorent le plus possible. Je pense que ça fait de moi un meilleur entraîneur. »

Toutes les qualités requises

Aux dires de Nicolas Gill, qui occupe aussi les fonctions de directeur général et de directeur de la haute performance chez Judo Canada, Sasha Mehmedovic possédait plusieurs atouts intéressants pour occuper un rôle d’entraîneur. Il a donc été tout à fait naturel de lui proposer un poste lorsque l’occasion s’est présentée.

« Son expérience sur la scène internationale et sa connaissance de la structure de Judo Canada faisaient de lui un excellent candidat. On savait que son intégration se ferait rapidement et qu’on pourrait se concentrer directement sur le côté coaching », indique Gill.

Son passage à l’Université Concordia s’est aussi avéré important. « Il avait un bon bagage académique et c’est définitivement quelque chose qui était important pour nous. Il a étudié en éducation, alors ça ajoute des cordes à son arc. Ça facilite la transition et le travail avec les athlètes », a-t-il poursuivi.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Mehmedovic fait l’unanimité dans le dojo. « Il aime collaborer avec tout le monde, que ce soit des athlètes ou des entraîneurs. Il veut travailler avec les autres et il a toujours ce désir d’apprendre. Je dirais que ça fait partie de ses plus belles qualités en tant qu’entraîneur », précise Gill.

Apprécié par ses athlètes

En sept ans de services à titre d’entraîneur, Sasha Mehmedovic a travaillé avec plusieurs athlètes provenant d’un peu partout au Canada. Parmi ceux-ci, on retrouve la Québécoise Catherine Beauchemin-Pinard, avec qui il connaît sa part de succès, dont la conquête de la médaille d’or des Jeux panaméricains de 2019 à Lima, au Pérou.

Celle qui occupe le 9e rang mondial dans la catégorie des moins de 63 kg affirme toutefois que leur collaboration a demandé plusieurs adaptations, laissant place à quelques moments cocasses. « Nous avons commencé à travailler ensemble un an avant Rio. C’était assez comique parce que nous parlions le franglais pour bien nous comprendre. C’était plus difficile au début, mais nous nous sommes rapidement compris », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, les deux priorisent le dialogue et l’ouverture d’esprit afin d’assurer une collaboration efficace. « Quand il y a du changement, on doit s’adapter et, ensemble, nous avons pu bâtir une bonne relation entraîneur-athlète pour améliorer mes performances. Nous avons notre petite routine et nous n’hésitons jamais à discuter pour voir ce qui est le mieux pour moi et j’aime ça ainsi », spécifie la Montréalaise de 26 ans, convaincue qu’elle pourra compter sur son entraîneur, peu importe la situation.

« Je sais qu’il sait exactement ce que je vis. Il est compréhensif. Il a déjà vécu ça et je peux m’ouvrir à lui. Il va me comprendre et il ne me laissera jamais tomber, même dans les défaites. »

Regard vers l’avenir

Âgé de 35 ans seulement, Sasha Mehmedovic déborde d’ambitions et voit grand pour le judo canadien. « Je veux amener le plus d’athlètes possible sur le podium. Je veux atteindre cet objectif pour moi, mais aussi pour eux, pour Judo Canada et pour le pays. Nous avons besoin de médailles, car ça peut ouvrir d’autres portes pour notre sport et aider les générations futures. C’est bon pour nous », explique celui qui a vécu une première expérience olympique à titre d’entraîneur à Rio, en 2016.

Mais au-delà des médailles, Mehmedovic souhaite d’abord et avant tout que ses athlètes réussissent à se dépasser. Tant sur le plan sportif que sur le plan humain.

« Je veux permettre à mes athlètes d’atteindre leur plein potentiel en tant qu’athlète et pour ça, il faut entraîner l’humain. C’est une de mes philosophies. Le sport est une belle façon d’apprendre des leçons et de les mettre en pratique dans la vraie vie. Que ce soit à l’école, avec la famille, au travail, peu importe. La vie et le sport, tout vient ensemble », conclut-il.