(Québec) Le coureur de Québec Jean-Simon Desgagnés est passé bien près dimanche d’inscrire son nom tout en haut du livre des records de l’athlétisme québécois.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

L’athlète de 22 ans était à trois petites secondes de ravir le record provincial au 5 km sur route, qui appartient depuis 2005 au Montréalais Paul Morrison. La marque de 13 min 55 s tient depuis 15 ans… et tiendra encore.

« C’est passé proche ! », a lâché Desgagnés après la course de 5 km qui s’est déroulée sur le campus de l’Université Laval et qu’il a bouclée en 13 min 58 s.

L’olympien Charles Philibert-Thiboutot tentait lui aussi de réaliser ce défi. Le coureur de 29 ans menait jusqu’au dernier kilomètre, mais a manqué de cartouches dans la dernière ligne droite. Il a fini en 14 min 8 s.

« Au début, je voyais ça comme un record très ambitieux, très fort. Là, je vois que c’est quelque chose de possible », explique Desgagnés.

Si l’occasion se présente, je vais le ressayer. Si dans 10 ans je cours encore, ce record ne tiendra probablement plus !

Jean-Simon Desgagnés

Tout était en place dimanche pour une course serrée. La météo était parfaite, avec un temps frais. Les deux coureurs se sont élancés à 9 h. Quelque 1300 personnes ont suivi le départ en direct sur les réseaux sociaux.

À l’origine, leur défi devait avoir lieu dans le cadre du 10 km de l’Université Laval. La course a été annulée à cause de la pandémie. Le défi, lui, a été maintenu.

La stratégie établie par leur entraîneur Félix-Antoine Lapointe était relativement simple. Les trois premiers kilomètres devaient être franchis en 8 min 25 s.

« Ça nous mettait sur les bases du record. Et s’ils se sentaient bien, alors ils pourraient accélérer sur les deux derniers kilomètres », explique l’entraîneur.

Les deux coureurs ont pris le départ aux côtés de deux « lapins », des coureurs d’élite qui devaient leur donner le rythme sur les premiers kilomètres.

« On est partis un peu lents, et j’ai comme pris les commandes un peu, j’ai poussé le rythme jusqu’au 4e kilomètre, explique Charles Philibert-Thiboutot. Mais rendu là, il y a une partie montante. Jean-Simon m’a dépassé. Et c’est comme si ça m’avait taxé de pousser tout le long. C’est à partir de là que ç’a commencé à mal aller pour moi. »

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Charles Philibert-Thiboutot

Desgagnés se sentait encore bien. Au dernier kilomètre, il a « serré les dents ». « Ça nous prenait un dernier kilomètre en 2 min 40 s, quelque chose qui n’est pas du tout impossible. »

Mais à la ligne d’arrivée, il manquait ces trois petites secondes. Desgagnés vient toutefois prendre le deuxième rang des temps québécois dans cette épreuve, juste derrière Morrison, et devant son ami Philibert-Thiboutot, qui avait réussi 14 min 4 s en 2016.

Objectif Tokyo

« C’est sûr que les deux vont avoir envie de se reprendre. Jean-Simon est jeune, en progression, on peut penser que dans les prochaines années, ça va être logique », explique leur entraîneur.

« Charles, lui, était en retour à l’entraînement après une blessure. Ça fait plus ou moins un mois qu’il est capable d’être régulier. Il est capable d’aller chercher une forme bien meilleure que ça. »

Ce dernier est d’ailleurs motivé à retenter le défi. « C’est sûr que je vais refaire un 5 km sur route un jour, lance Philibert-Thiboutot. Ça fait trois fois que je cours entre 14 min et 14 min 10 s. Donc, la prochaine fois, j’espère que ce sera la bonne. »

Les deux coureurs vont maintenant se concentrer sur leur qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo. Repoussés à cause de la pandémie, ceux-ci doivent avoir lieu l’été prochain.

Desgagnés est un spécialiste du 3000 m steeple. Philibert-Thiboutot excelle quant à lui au 1500 m, distance sur laquelle il a couru aux Jeux de Rio, en 2016.

« Il leur faudra arriver en avril au meilleur niveau à vie pour se qualifier pour les Jeux », prévient leur entraîneur, Félix-Antoine Lapointe.