Avec la pandémie de COVID-19 qui a entraîné la fermeture de la frontière canado-américaine, de nombreux amateurs de surf ont troqué le surf traditionnel contre le surf de rivière.

daphnée malboeuf
COLLABORATION SPÉCIALE

Malgré l’augmentation de sa popularité, les surfeurs n’ont pas toujours été rois sur le Saint-Laurent. Les kayakistes ont d’abord pris le site d’assaut dans les années 90. Le surf de rivière est par la suite apparu en 2002, explique le président de KSF, Hugo Lavictoire.

La montée en popularité du sport a toutefois entraîné de nombreux défis auxquels la communauté a dû faire face au cours des derniers mois. L’augmentation de la fréquentation, entre autres, a donné du fil à retordre aux habitués, qui aimeraient que les nouveaux venus adhèrent aux normes déjà établies et s’informent sur les consignes de sécurité afin de préserver l’harmonie au sein du groupe.

La protection de l’environnement demeure également au cœur des préoccupations des utilisateurs et de l’entreprise KSF, qui tente de sensibiliser et de former sa clientèle au fonctionnement du zéro déchet et du respect de la faune environnante.

Du plaisir pour tous les âges

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Pierre Laporte a commencé à pratiquer le sport il y six ans.

Bien qu’elles semblent attirer davantage les jeunes adultes dans la vingtaine et la trentaine, les vagues du Saint-Laurent ont également conquis le cœur des moins jeunes. À 58 ans, Pierre Laporte prend encore le temps de venir se laisser bercer sur sa planche.

« C’est un de mes amis qui m’a initié, raconte Pierre, qui a goûté à ce sport pour la première fois il y a six ans, au cours d’un voyage à Hawaii. Je ne pensais pas aimer ça, mais j’ai tout de suite eu la piqûre. »

Le quinquagénaire a par la suite parcouru le globe en quête de vagues avant de se poser sur celles du Saint-Laurent, il y a deux ans. Adepte de voyages de surf, il croit toutefois que Montréal est une destination de choix pour exploiter sa passion.

Habituellement, j’en faisais deux fois par semaine, mais avec le confinement, ça me permet de travailler à des heures plus inhabituelles et on gagne aussi du temps avec le voyagement. Ce temps-là, je le passe dans l’eau. C’est un beau défi.

Pierre Laporte

Des femmes qui font leur place

PHOTO FOURNIE PAR CHLOÉ MOCOMBE

Chloé Mocombe avoue ne pas voir souvent de femmes en surf.

À son arrivée dans le monde du surf de rivière il y a sept ans, Chloé Mocombe avoue ne pas avoir vu beaucoup de visages féminins. Un peu intimidée au départ par ce milieu majoritairement masculin, elle a toutefois persévéré sans trop de problèmes.

Pour faciliter l’intégration des femmes dans la communauté de surfeurs, la jeune femme s’est mobilisée en octobre 2018 en organisant l’évènement Swell de filles avec Lydia Ricard, une autre surfeuse québécoise habitant à Tofino, dans l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique.

« C’était simplement dans le but de créer un lien, entre nous, pour qu’on se sente moins seules, parce que c’est notre réalité bien souvent », relate-t-elle.

Chloé n’en est pas à sa première lutte pour la diversité dans le paysage du surf montréalais.

« À Habitat 67, il n’y a aucun Noir qui surfe. Il y a trois personnes mixtes, comme moi, qui sont là, expose la Québécoise aux origines haïtiennes. Il y a quelques personnes issues d’autres origines ethniques qui sont là, mais ce sont majoritairement des personnes blanches. »

Après avoir visionné le court métrage Sea Us Now, de Bethany Mollenkof, qui brosse le portrait de quatre surfeuses noires, Chloé s’est rendu compte que les enjeux de diversité étaient souvent liés aux problèmes de représentativité.

« Si je vois quelqu’un qui me ressemble, ça va m’influencer. Pas besoin d’avoir 10 000 abonnés pour influencer positivement les gens, souligne-t-elle.

« Les filles aussi on est capables. Tasse tout le monde [rires] et montre que tu es bonne en surf, et que tu es capable de te pousser toi aussi. »