(Paris) Un bateau qui glisse et transperce l’eau : c’est avec cette machine « volante » que les marins Franck Cammas et Charles Caudrelier vont s’attaquer dès l’automne au Trophée Jules Verne et tenter de devenir les premiers à faire le tour de la planète en moins de 40 jours.

Sabine COLPART
Agence France-Presse

Le tandem, accompagné de quatre équipiers, s’est offert un joli galop d’essai en remportant mardi la Drheam Cup, course de Cherbourg, en Normandie, à la Trinité-sur-Mer, en Bretagne, en passant par l’Angleterre et l’Irlande, en moins de 2 jours.

PHOTO DAMIEN MEYER, AFP

Les marins français Franck Cammas et Charles Caudrelier à bord du Gitana, dans la baie de Brest, sur la côte Atlantique de France, avant le départ de la régate Brest Atlantiques, le 5 novembre 2019.

« On a navigué à des moyennes de vitesse très fortes, au-dessus de 40 nœuds (74 km/h), on n’avait pas eu ça sur des longues périodes. Il y avait une sensation de facilité à aller vite, le bateau transperçait, une impression que ça glisse. On gagne en confiance », raconte à l’AFP Caudrelier.

Une bonne mise au point à trois mois de leur objectif. « Il y a des arrière-pensées, on pense au Trophée Jules Verne quand on est six à bord », confie Cammas.

Le marin de 47 ans connaît la saveur de tourner le plus rapidement possible autour du monde, et d’être le premier à passer sous une barre mythique.

En 2010, avec 9 équipiers (Groupama 3), il a conquis le Trophée Jules Verne en descendant sous les 50 jours (48 j 7 h). Cette fois, il a dans le viseur les 40 jours et 23 heures établis en 2017 par Francis Joyon et 5 autres marins.

-Sous les 40 jours

« Franck était le premier à passer en dessous des 50 jours, on gagne 10 jours, 1 jour par an, on va passer sous les 40 ! », s’amuse Cyril Dardashti, à la tête d'Équipe-Gitana, qui fait partie de l'écurie de course au large Edmond de Rothschild.

« Avoir ce Trophée c’est le rêve de toute équipe de course au large », ajoute-t-il alors qu’en 140 ans d’histoire avec la voile, l’armateur Edmond de Rothschild n’a jamais chassé ce record.

« On n’a jamais eu le bateau pour ça. Aujourd’hui on est prêt. C’est la chance qu’on a avec ce bateau », se félicite Dardashti.

Ce bateau appartient à la catégorie des Ultime, les plus grands multicoques de course au large. Ce sont des maxi-trimarans d’une trentaine de mètres de long, équipés de ’foils’, des appendices qui élèvent la coque centrale et les flotteurs au-dessus de l’eau pour filer à vive allure.

Le Gitana a été mis à l’eau en juillet 2017 et après des avaries sur la Transat Jacques Vabre en octobre 2017 et sur la Route du Rhum en novembre 2018,  il impressionne.

« À la base, ce sont des bateaux qui sont faits pour battre des records », rappelle Caudrelier, victorieux en 2018 de la course autour du monde en équipage avec escales (Volvo Ocean Race). « Il y a vraiment un challenge et en mode volant ce n’est jamais arrivé ».

Cammas et Caudrelier se mettront en attente dès le 1er novembre pour choisir la meilleure fenêtre météo pour chasser le record avec une équipe qui n’est pas encore complètement définie, mais qui n’excédera pas les 8 personnes à bord.

Leur conseil météo ne sera autre que Marcel van Triest, le Néerlandais qui avait guidé Joyon sur les 40 jours.

Et le tandem ne sera pas seul à attendre le feu vert pour partir. Thomas Coville à bord de son tout nouveau bateau « volant », le Sodebo Ultim 3, sera lui aussi au départ pour gagner le Trophée Jules Verne.