(Strabane) Si certaines usines sont réduites au silence en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, le vacarme retentit à l’usine de vêtements de sport O’Neills en Irlande du Nord, où le personnel fabrique désormais des masques et des tenues pour le personnel soignant.

Paul FAITH
Agence France-Presse

« On est toujours fiers de son produit », assure à l’AFP Orla Ward, responsable du développement commercial de cette usine située à Strabane, dans le comté de Tyrone. « Mais là ça atteint un autre niveau parce que c’est destiné aux personnes qui en ont le plus besoin en ce moment vraiment critique ».

Environ 750 employés de l’usine, qui fabrique des vêtements principalement destinés à l’association d’athlétisme gaélique (Gaelic Athletic Association, GAA), s’étaient retrouvés temporairement au chômage en raison de la pandémie de COVID-19.

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Une couturière portant un masque fabrique des tenues médicales à l’usine de vêtements sport O’Neills, en Irlande du Nord, qui s’est convertie à la production de matériel sanitaire.

Les gouvernements britannique et irlandais avaient pris des mesures pour limiter les rassemblements. Les équipes pratiquant des sports locaux –hurling (sorte de hockey sur gazon d’origine irlandaise), camogie (variante du hurling pratiquée par les femmes) et football gaélique– commençaient à reporter des événements et des matchs.

« Notre marché était tout simplement en train de se tarir », constate Orla Ward. « En deux semaines, notre carnet de commandes était passé à pratiquement rien ».  

Mais en s’adaptant pour produire des masques et tenues médicales pour les unités locales du National Health Service (NHS), le service public de santé britannique, 150 employées et employés ont pu retourner au travail, un soulagement pour la ville de Strabane, où l’usine est le plus gros employeur.

Besoin « désespéré »

Cela a également eu un impact à l’échelle nationale, contribuant aux efforts du Royaume-Uni pour s’équiper au moment où le pays s’attend à une vague massive de nouveaux patients atteints de coronavirus.  

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Une boîte de masques en attente d’expédition à l’usine O’Neills

Les personnels de santé se sont récemment alarmés du manque d’équipement de protection pour le personnel le plus à risque de contracter la COVID-19.  

« Le directeur général avait discuté avec des gens, ici, à l’hôpital local et s’était rendu compte qu’ils avaient désespérément besoin de tenues », raconte Orla Ward.  

Des ouvrières qualifiées ont donc repris leurs postes de travail, mercredi, séparées les unes des autres en application des consignes de « distanciation sociale » destinées à ralentir la propagation du virus.  

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Une couturière portant un masque à l’usine de vêtements sport Oneills, en Irlande du Nord, qui s’est convertie à la production de matériel sanitaire.

Entourés de bobines de fil et portant sur le visage des masques fabriqués dans l’usine, ils cousent des pièces de tissu bleu ou prune qui seront bientôt portées par le personnel soignant en première ligne pour combattre le virus.  

Les tissus ont été teints, soumis à un traitement antibactérien et expédiés de Dublin, où la société a son siège social.  

L’usine de Strabane s’emploie actuellement à répondre à une commande de 5000 tenues comprenant chacune un pantalon, un haut et un masque pour le visage.  

« Il y a vraiment un grand sentiment de fierté d’être capables de faire cela », souligne Orla Ward. « Quand on est confrontés à un défi, regardez avec quelle vitesse et dans quelle mesure on peut s’attaquer à la situation et vraiment aider ».