Rémi Leroux ne sait pas trop comment il a obtenu son billet pour les Championnats du monde de course en sentier, samedi dernier, au Portugal. Peut-être grâce à sa deuxième place à l’épreuve de 65 km de l’Harricana (Charlevoix), réfléchit-il à haute voix. Quoi qu’il en soit, il n’a pas hésité une seconde quand la proposition est venue.

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

« J’étais super content. J’ai toujours rêvé de faire une course à l’étranger et de voir tous les meilleurs au monde. C’est sûr que j’ai accepté tout de suite. »

« Toujours », c’est en fait une petite poignée d’années. Leroux, âgé de 22 ans, est relativement novice dans le monde de la course en sentier. Le jeune homme a plutôt grandi avec une raquette de tennis à la main et joué à un niveau « assez compétitif » jusqu’à l’âge de 17 ans. Il avait même reçu des offres de bourses de la part d’écoles américaines avant de décider de rester au Québec.

PHOTO FOURNIE PAR RÉMI LEROUX

À 22 ans, Rémi Leroux est relativement novice dans le monde de la course en sentier. Ce qui ne l’empêche pas d’exceller, lui qui a notamment pris la deuxième place à l’épreuve de 65 km de l’Harricana.

« À ce moment-là, je voulais trouver un sport différent et, petit à petit, j’ai commencé la course à pied. Ça n’a pas été long avant que ça devienne une passion. » — Rémi Leroux, qui pratique la course en sentier

Il a d’abord fait des courses de 5 et de 10 km avant d’augmenter la distance pour de bon et d’obtenir des résultats probants. Il a, par exemple, pris le deuxième rang du marathon de Longueuil, en mai 2017. Son temps : 2 h 43 min

Quelques semaines plus tard, il a changé de décor et s’est transporté dans les sentiers lors de l’épreuve de 30 km au trail La Clinique du coureur.

« J’ai vraiment trouvé ça difficile. Je n’étais pas habitué, c’était ma première course en sentier et le parcours était très technique. Il y avait beaucoup de racines et de roches. Je m’étais entraîné pour les montées et les descentes, mais j’ai eu du mal à trouver mon rythme. Par contre, j’ai réalisé que c’était en sentier que j’aimais le plus courir », raconte le vainqueur du Xtrail Orford en 2017.

Dans les deux dernières années, il a obtenu sa part de podiums, que ce soit au trail La Clinique du coureur, sur l’Harricana ou, plus récemment, lors du Marin Ultra Challenge (80 km), à San Francisco. Celui qui est souvent parmi les plus jeunes participants apprécie le côté stratégique de la discipline.

« Lors d’une course sur route, la stratégie est d’avoir une allure et d’essayer de la garder tout au long de l’épreuve. En sentier, c’est vraiment important d’écouter son corps et de savoir à quel pourcentage se situe ton effort, surtout quand il s’agit d’une course de 80 km. Il faut aussi déterminer quand te laisser aller et accélérer. »

Le jeune homme, qui peut courir de 160 à 190 km par semaine, a subi une blessure à la hanche dans le dernier mois. Rien pour l’empêcher de se rendre au Portugal, mais suffisant toutefois pour perturber sa préparation. « Les attentes sont un petit peu moins élevées qu’il y a un mois. Dans tous les cas, ce sera une belle expérience. »

Courir en dehors du Québec

Un autre Québécois, Elliot Cardin, s’est également envolé pour le Portugal en début de semaine. Dans le volet féminin, Sarah Bergeron-Larouche est la seule Québécoise parmi le groupe de cinq coureuses.

La jeune trentenaire possède l’un des plus beaux palmarès au Québec : l’Harricana, la TransVallée, le Xtrail Mont Sutton, le trail La Clinique du coureur… Elle a également de l’expérience au niveau international puisqu’elle a, entre autres, fait partie de l’équipe canadienne de course en montagne lors de plusieurs championnats du monde. « C’est plus à pic. C’est comme grimper une montagne de ski alpin et la redescendre », résume-t-elle.

Cette épreuve de 44 km au Portugal, sa distance de prédilection, sera sa première course de l’année. Mais malgré des conditions météorologiques difficiles, elle pense avoir fait de bons gains ces derniers mois.

« J’ai fait plus de musculation, de vélo et de ski, parce que je trouvais ça difficile de courir dehors. J’en suis ressortie avec plus de force musculaire, plus de punch pour les montées et même avec plus d’endurance. » — Sarah Bergeron-Larouche, qui pratique la course en sentier

« Le vélo, c’est moins une charge mécanique et on peut en faire plus longtemps sans avoir les jambes complètement mortes. Ça m’a apporté une autre filière énergétique. »

Bergeron-Larouche a également dû gérer la transition de l’université vers le marché du travail, en chiropratique. Toutes ses habitudes ont été bouleversées. « Mon programme d’études était super lourd. On avait vraiment beaucoup de cours, de sept à dix par session. J’allais à mes cours, ma routine était faite avec des entraînements le matin ou entre deux cours. Maintenant, c’est moi qui fais mon horaire et je trouvais ça dur. J’avais trop de liberté et ça me semblait trop facile pour ce qui est de l’horaire. »

En tant que travailleuse autonome, elle a maintenant la flexibilité de participer à des épreuves dont elle rêve depuis un certain temps. À la fin du mois, elle sera ainsi au départ du Marathon du Mont-Blanc. « Cette année, je voulais courir à l’extérieur [du Québec] et je n’avais pas envie de refaire les mêmes courses que par le passé. »