Épargné par les blessures durant une carrière internationale de 18 ans, Charles Hamelin doit observer une pause de près d’un mois à cause d’une bursite au genou gauche.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

« C’est la première fois que je vis ça », a confié le triple champion olympique de patinage de vitesse courte piste, mercredi. « J’ai eu des claquages, des entorses, mais ils ne m’ont pas gardé à l’extérieur du programme pendant plus d’une semaine, une semaine et demie. Je faisais quand même du vélo, des trucs comme ça. On ne m’a jamais mis à l’arrêt du patin. Là, pendant une semaine et demie, je n’ai pas le droit de faire quoi que ce soit. À la limite, je devrais rester dans mon lit à écouter Netflix ! »

Ironiquement, ce n’est pas sur la glace ou dans une salle de musculation que Hamelin s’est blessé l’été dernier. Il échangeait plutôt des balles sur un court de tennis avec sa copine quand il a senti un banal « clic » dans son genou gauche. Il n’y a d’abord pas prêté attention, mais il s’est mis à ressentir de la douleur la semaine suivante.

Au fil de la saison, le mal est constamment revenu, avec plus ou moins d’intensité. Pendant un temps, il a arrêté de pratiquer ses départs, ce qui a plombé son efficacité sur 500 mètres.

« Je me disais : je dois passer au travers. Je continuais à travailler [sur mon genou]. J’étirais les muscles autour pour essayer de les relâcher le plus possible [en espérant] que tout rentre dans l’ordre. Ce n’est jamais arrivé. Je ne me suis pas senti à 100 % durant toute la saison. » — Charles Hamelin

L’athlète de 35 ans pensait que quelques semaines de congé lui permettraient de laisser ce mauvais souvenir derrière lui. Or, dès la reprise, au début d’avril, la douleur est revenue, plus vive que jamais.

« On était dans une grosse phase de musculation. Des séances de plus de deux heures. Tous les mouvements qui demandent de me pencher comme en patin, les sauts latéraux, arrière, avant, chaque impact, me faisaient mal au genou. »

Deux options

Sur la recommandation de son médecin, Hamelin s’est donc soumis à un examen la semaine dernière à l’Hôpital général de Montréal. Il a obtenu le résultat quelques jours plus tard : bursite et microdéchirure du tendon rotulien.

Deux options s’offraient à lui : poursuivre l’entraînement, accompagné d’un suivi intensif de physiothérapie, ou recevoir une injection de cortisone pour combattre l’inflammation et s’arrêter pendant quatre semaines.

Après avoir consulté le personnel médical et son entraîneur, Éric Bédard, il a choisi l’injection, la mesure la plus prudente.

« C’était le moment ou jamais. La semaine prochaine, on tombe dans une semaine de congé. Dans quatre semaines, on en aura une autre. Au lieu de manquer quatre semaines pleines de patin, j’en manque deux et demie. »

Le patineur originaire de Sainte-Julie avait reçu l’injection de cortisone quelques heures plus tôt. Il n’a pas senti de douleur durant un mouvement que lui a demandé d’exécuter le médecin, ce qui laisse penser que la bursite est bel et bien à l’origine de ses maux. La microdéchirure au tendon n’y est pas reliée et pourrait n’être que bénigne.

Des Mondiaux difficiles

Sacré champion mondial à Montréal en mars 2018, Hamelin a connu une dernière saison très difficile. Limité à un seul podium individuel en cinq épreuves de Coupe du monde, il a vécu une rare déconvenue aux Mondiaux de Budapest, terminant 11e au 500 m, 16e au 1000 m et 14e au 1500 m.

Le quintuple médaillé olympique refuse d’attribuer ses insuccès à son genou délicat.

« J’essaie de m’enlever ça de la tête parce que j’étais quand même capable de bien patiner. Je réussissais à courir contre Sam [Girard], je faisais tous les entraînements à 100 % avec les boys, ce n’est pas quelque chose qui me limitait. » — Charles Hamelin

La nomination tardive de Bédard, arrivé au beau milieu de l’été, s’est cependant fait sentir durant la saison, analysait le vétéran avant de partir pour les Championnats du monde.

Très optimiste pour la suite des choses, Hamelin précise que sa blessure « n’a rien d’alarmant ». Il s’attend à pouvoir reprendre ses activités à fond de train dans moins d’un mois. « On verra ce qui va se passer, mais à mes yeux ce n’est que du positif depuis le début de la saison [d’entraînement]. On a patiné, mais pas encore dans un tracé. J’ai juste hâte d’embarquer dans un tracé et de vraiment me botter les fesses pour être un meilleur patineur. »

Les championnats canadiens auront lieu en septembre prochain. La prochaine saison sera déterminante pour Hamelin, qui décidera ensuite s’il se lance dans la course aux qualifications pour ses cinquièmes Jeux olympiques, à Pékin, en 2022.